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« Mon boss et moi ». Chaque semaine, un jeune raconte sa relation, parfois complexe, avec son supérieur hiérarchique et le monde du travail. A 30 ans, Jean-Baptiste, ex-doctorant dans un laboratoire scientifique dont le directeur fait rimer excellence et bienveillance, raconte comment cette première expérience professionnelle l’a inspiré.

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« Il y a plusieurs années, j’étais doctorant dans un laboratoire parisien. Ingénieur de formation, j’y préparais ma thèse en imagerie médicale. Le laboratoire, spécialisé dans la recherche d’ultrasons, avait une très bonne réputation sur les plans scientifique et humain. C’était ma première vraie expérience professionnelle, je ne savais pas à quoi m’attendre.

Dans ce labo, à côté des chercheurs et des personnels permanents, on était une trentaine de doctorants entre 23 et 28 ans – et une cinquantaine de personnes au total. Il y avait presque un esprit de promo d’école parmi les doctorants et les postdoctorants.

Le directeur de l’unité, âgé d’une cinquantaine d’années, était un chercheur extrêmement reconnu, une superstar dans son domaine, multiprimé. Il avait également lancé plusieurs entreprises à partir des résultats de sa recherche pour développer des dispositifs médicaux. Ce n’était pas mon manageur direct – j’avais deux directeurs de thèse –, mais c’est un des boss qui m’ont le plus marqué.

Un jour, en arrivant au laboratoire, nous le retrouvons allongé par terre, sous l’évier, les manches de sa chemise relevées. Il réparait une fuite ! Ce n’était pas son job, il était chef et aurait pu demander à un autre de le faire, mais il s’en est lui-même chargé. Depuis, je me dis tous les jours au travail que ce qui compte, ce n’est pas la mission, c’est l’objectif. Et si, pour faire tourner un laboratoire correctement, il faut mettre les mains dans la plomberie, alors ainsi soit-il !

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Source: Le Monde · Elisabeth Pineau

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