Le directeur de l’Ifop était l’invité de Yann Barthès sur TMC ce jeudi 5 novembre. L’occasion de revenir sur le récent sondage concernant les prénoms des personnes arrêtées lors des récentes manifestations.
Passer la publicité Passer la publicitéD’après une récente étude menée par Jérôme Fourquet pour l’Ifop, 75% des personnes interpellées en marge des manifestations du mois d’octobre seraient porteuses d’un prénom arabo-musulman. Mais depuis sa parution, le sondage est remis en question. Beaucoup pointent du doigt les limites méthodologiques des chiffres avancés par le politologue. Certains lui reprochent notamment une méthode de travail incomplète puisque basée exclusivement sur une soixantaine de noms donnés dans des articles de presse.
Le directeur de l’Ifop était l’invité de Yann Barthès dans «Quotidien» sur TMC ce jeudi 5 novembre afin d’expliquer cette étude. «On a utilisé cette méthode des prénoms, qui est utilisée depuis un moment déjà en sociologie, quand SOS Racisme ou d’autres font des opérations de testing», a d’abord tenté d’expliquer Jérôme Fourquet.
Mais force est de constater que les explications du politologue n’ont pas fait mouche puisque le débat s’est ensuite enflammé sur le plateau. «Sur la méthode, vous pouvez convenir quand même qu’il y a des failles, est intervenue Salhia Brakhlia. Juste, je donne quelques indices. Vous commencez votre méthode en partant d’articles de presser. On a envie de vous demander quelle presse vous avez lue. Il y a de la presse d’opinion. Vous ciblez, on a dit, les prénoms arabo-musulmans ou africains. Là aussi, j’ai envie de vous dire, c’est quoi un prénom arabo-musulman ? C’est quoi un prénom africain ? Sarah, Jasmine. Sarah, vous le mettez dans quelle catégorie ? Autre chose encore, et ça, c’est peut-être le plus grave, vous vous basez sur les prénoms de 70 personnes sur 917 comparutions immédiates, soit 8 %. On ne sait même pas si ces personnes-là que vous évoquez, ces personnes qui ont un prénom arabo-musulman ou africain, on ne sait même pas pourquoi elles comparaissent et surtout si elles ont été condamnées», a ajouté la chroniqueuse.
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La séquence devenue virale, certaines personnalités n’ont pas tardé à prendre la défense de Jérôme Fourquet sur les réseaux sociaux. «France Inter en revanche est une chaîne publique, elle n’est pas libre de dérouler sa propagande. (Mon soutien à Jérôme Fourquet)», défend Florence Bergeaud-Blackler, anthropologue et chercheuse du CNRS, sur X.
«Scène ubuesque où des journalistes procureurs dressent un tribunal médiatique contre un politologue coupable d’avoir fait son métier : essayer d’analyser et objectiver un phénomène sociopolitique Les faits, c’est emmerdant, ça empêche de croire ce qu’on veut», affirme Claude Weill sur X. «Les critiques sur le manque de fiabilité montrent surtout le manque de culture statistique des journalistes : l’intervalle de confiance à 95% est [65 % ; 85 %], ou 75 % ± 9,8 points. L’étude est donc robuste», explique Mac Lesggy.
«Cette séquence est hallucinante d’une haine qui ne se cache même plus…
Ces regards fixés et agressifs. Se sont-ils revus ? Ils font peur. Retour en 1793», déclare même le journaliste Joseph Macé-Scaron. Éric Zemmour n’a pas non plus tardé à réagir, estimant lui aussi que «Quotidien» est devenu un «tribunal politique». «Un tribunal de la pensée où de petits procureurs jugent tous ceux qui osent dire le réel. Ce réel, que tous les Français voient et que les chiffres confirment, n’a le droit d’exister que s’il donne raison à leur idéologie. Sinon, il est condamné avec les anathèmes habituels de la gauche : “raciste”, “facho”, “extrême droite”, etc. Hier, il y avait les procès de Moscou. Aujourd’hui, il y a le plateau de “Quotidien”», clame-t-il sur X également.
Source: Le Figaro · Marine Cassan
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