Par Ar. C.
Publié le 06/11/2026 à 12h46, mis à jour le 06/11/2026 à 12h54
LE SCAN SPORT - Le pilier droit de Bordeaux-Bègles, qui débutera samedi face aux Fidji, a évoqué les épreuves familiales qu’il a traversées avec son épouse et qui ont fortement impacté sa carrière sportive, déjà perturbée par les blessures à répétition.
Passer la publicité Passer la publicitéLe bout du tunnel après de nombreuses galères. Sipili Falatea, qui sera titulaire avec le XV de France face aux Fidji samedi, pour le lancement de la deuxième partie du Championnat des nations, revient de loin. Très loin. Dans un long entretien accordé à nos confrères de Sud Ouest, le pilier droit de l’Union Bordeaux-Bègles, âgé de 29 ans, est revenu sur les terribles épreuves personnelles traversées depuis la naissance de sa fille, en mai 2023. «J’ai failli perdre ma femme lors de l’accouchement», confie le Futunien.
Victime de graves complications médicales, sa compagne a dû subir jusqu’à trois dialyses par semaine pendant un an et demi et le couple a pu compter sur le soutien indéfectible de leurs parents, venus de Strasbourg pour les accompagner. «On avait une vie beaucoup assistée. Il a fallu l’accepter», raconte l’international français aux 15 sélections.
Par fierté, j’ai voulu fermer les yeux : je devais être le papa responsable qui va en première ligne au front. Je n’ai pas su écouter mon corps. C’est ce qui a fait que j’ai chuté
Sipili Falatea
À cette situation familiale compliquée, s’est ajoutée sa rupture des ligaments croisés du genou droit en janvier 2024, puis à une rechute, ce qui a profondément impacté sa carrière. «J’étais dans une période où je ne savais plus où j’allais, je ne savais plus de quoi l’avenir serait fait», explique Falatea. Le droitier reconnaît avoir perdu confiance en lui et douté de sa capacité à revenir au plus haut niveau, s’interrogeant même sur la suite à donner à sa carrière que ce soit avec l’UBB ou avec l’équipe de France.
«Par fierté, j’ai voulu fermer les yeux : je devais être le papa responsable qui va en première ligne au front. Je n’ai pas su écouter mon corps. C’est ce qui a fait que j’ai chuté.» Pour se reconstruire et revenir à la compétition, le joueur de l’UBB - qui est l’oncle du centre des Bleus, Yoram Moefana (le père de Yoram est le frère aîné de Sipili) - a été suivi par un psychologue et a eu recours à l’hypnose, pour retrouver confiance et sérénité.
Un tournant est intervenu juste avant le premier sacre de l’UBB en Champions Cup, en 2025. Sa compagne, qui ne pouvait pas initialement être greffée, a finalement reçu un rein de son frère. «On est passé de la nuit au jour : ça a changé notre vie», témoigne Sipili Falatea. Changement immédiat pour le couple qui a pu retrouver une vie familiale plus apaisée, organisant pour la première fois des vacances sur l’île de Majorque (Espagne).
Le retour en équipe de France lors de la première partie du Championnat des nations, cet été dans l’hémisphère sud, a marqué une étape dans sa reconstruction. Il était remplaçant face au Japon (15-42), sa première apparition en Bleu depuis… le match contre l’Uruguay lors de la Coupe du monde 2023 (27-12). «Je me suis rendu compte que j’étais toujours autant passionné par ce sport», confie le pilier droit, qui avance toutefois qu’il n’est pas encore à 100 %. Face aux Fidji, Falatea sera attendu à un poste orphelin après la retraite forcée de Uini Atonio, en raison d’un problème cardiaque.
Source: Le Figaro · Ar. C.
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