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L’ancien premier ministre a jugé, la semaine dernière, « patente » la « surreprésentation » de jeunes issus de l’immigration lors des pillages du 17 octobre. Pour Maud Bregeon, il a « dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas ».
Après les propos d’Edouard Philippe liant les pillages du 17 octobre à l’immigration, la gauche a accusé, lundi 2 novembre, le camp du candidat d’Horizons à la présidentielle, notamment Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, qui soutient le maire du Havre, de flirter avec les idées de l’extrême droite.
« Je crois qu’Edouard Philippe a dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas, à savoir qu’on a un problème d’intégration qui est réel en France », a jugé la porte-parole du gouvernement, dans la matinée sur Franceinfo, alors que son candidat est en concurrence avec plusieurs rivaux, au centre et à droite, de Gabriel Attal à David Lisnard, pour le scrutin de 2027.
« La porte-parole du gouvernement a repris à son compte du Jean-Marie Le Pen en matinale », et « la question de sa démission ne se pose même pas », s’est indignée la candidate écologiste, Marine Tondelier, sur X. « Maud Bregeon trouve donc ce matin que concernant l’immigration Edouard Philippe, qu’elle soutient, “dit tout haut ce que les Français pensent tout bas”. Mot pour mot ce que le FN disait de Jean-Marie Le Pen en 2002 », a-t-elle ajouté.
Même son de cloche chez le communiste Ian Brossat, pour qui le fondateur du parti d’extrême droite « utilisait » les mêmes termes « à chaque fois qu’il dégainait ses sorties racistes ».
Dans un entretien accordé au Point, l’ancien premier ministre avait jugé, la semaine dernière, « patente » la « surreprésentation » de jeunes issus de l’immigration lors des pillages de magasins le week-end du 17 octobre, citant l’écrivain Charles Péguy pour inviter à « voir ce que l’on voit ». Des propos confirmés en substance, dimanche soir, dans un entretien accordé au journal de 20 heures de TF1.
Lundi, le maire du Havre s’est à nouveau exprimé sur le sujet, sur X, arguant qu’une « France diverse et rassemblée, c’est une France qui réapprend à faire vivre ensemble des femmes et des hommes de toutes origines ». Il dit avoir « conscience que ce n’est pas toujours le cas aujourd’hui », tout en mettant en garde contre « le rejet de l’autre ».
« Les eaux noires des préjugés racistes »
Le candidat à la présidentielle affirme que la « solution » vers la « cohésion nationale » réside « dans la rénovation de notre modèle d’intégration », mais aussi dans « un combat déterminé contre toutes les discriminations dont font l’objet tant de Français issus de l’immigration et d’étrangers pleinement intégrés dans notre société ».
Edouard Philippe répondait ainsi au chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui l’accuse de « ne pas croire » à ce qu’il dit, mais de parler ainsi « par clientélisme racialiste ».
En perte de vitesse dans les sondages, le premier chef de gouvernement d’Emmanuel Macron reste néanmoins le candidat du centre et de la droite le mieux placé à moins de six mois de l’élection présidentielle dans une campagne pour l’instant dominée par le Rassemblement national et La France insoumise.
Lundi sur Franceinfo, Maud Bregeon a défendu Edouard Philippe, jugeant que « désormais, tout ce qui se situe à droite d’Olivier Faure », le premier secrétaire du Parti socialiste, est « mis dans le même sac » et « qualifié de raciste » par Jean-Luc Mélenchon.
Seule voix extérieure à la gauche à tirer à boulets rouges sur Edouard Philippe, l’ancien premier ministre Dominique de Villepin s’est fendu d’un texte pour déplorer le « basculement politique » que représentent selon lui les propos du maire du Havre. « Voir ce que l’on voit, c’est accepter que la démocratie soit désormais captive des écrans » et revient à « essentialiser les positions des uns et des autres en fonction des signes visibles » tels que la « religion » ou la « couleur de peau », a-t-il cinglé. Une indignation partagée par Olivier Faure, pour qui Edouard Philippe « dérive dans les eaux noires des préjugés racistes ».
Le Monde avec AFP
Source: Le Monde · Le Monde avec AFP
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