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Malgré la mobilisation des associations et une récente condamnation internationale, la justice péruvienne referme le dossier des stérilisations forcées, suscitant la colère des victimes et de leurs soutiens.
Le parquet péruvien a classé une affaire portant sur la stérilisation forcée de milliers de femmes indigènes sous la présidence d’Alberto Fujimori, jugeant que les faits étaient prescrits, selon une décision consultée par l’Agence France-Presse (AFP) mardi 27 octobre.
Le ministère public a déclaré la prescription en vertu d’une loi de 2024 qui empêche de traiter comme des crimes de guerre ou contre l’humanité des faits antérieurs à juillet 2002. Les défenseurs des droits l’appellent « loi de l’impunité ».
Les procureurs étudiaient les plaintes de 4 172 femmes qui affirment avoir subi de graves blessures consécutives à des opérations de stérilisation, qui ont coûté la vie à cinq autres. Le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, une agence de l’ONU, a estimé que cette pratique pouvait constituer un crime contre l’humanité. Ces stérilisations forcées remontent à la présidence de feu le dirigeant Alberto Fujimori (1990-2000), campagne que le gouvernement a toujours nié. La plupart des victimes sont des femmes indigènes pauvres de la campagne péruvienne.
Réactions des organisations féministes et des droits humains
« Nous sommes totalement indignées par cette résolution, nous allons déposer une plainte auprès du procureur supérieur pour que ce classement soit étudié », a déclaré à l’AFP Rocio Silva-Santisteban, directrice de l’organisation féministe Demus.
La décision profite à 52 suspects, dont trois furent ministres de la santé d’Alberto Fujimori, le père de l’actuelle présidente Keiko Fujimori.
La coordinatrice nationale des droits humains a elle aussi fustigé la prescription, appelant le parquet à revoir sa décision. Celle-ci est à mettre en perspective avec un rendu en mars de la Cour interaméricaine des droits humains, qui a « déclaré la responsabilité internationale de l’Etat péruvien » dans la mort en 1997 d’une femme soumise à une stérilisation forcée, dans le cadre de la même affaire.
Condamné pour crimes contre l’humanité, Alberto Fujimori est décédé en 2024. Il avait été gracié pour raison « humanitaire » en 2018 par l’ancien président Pedro Pablo Kuczynski.
Le Monde avec AFP
Source: Le Monde · Le Monde avec AFP
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