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Le ministre de l’éducation a défendu dans la matinée les mesures proposées par le gouvernement afin de tenter d’éteindre la contestation lycéenne lancée il y a plus d’un mois et qui a conduit au blocage de nombreux établissements.
« Ma conviction profonde, c’est que nos jeunes ont besoin d’aller en cours », a déclaré jeudi 29 octobre le ministre de l’éducation, Edouard Geffray, sur LCI avant la rentrée, lundi, des vacances de la Toussaint, qui ont interrompu plus d’un mois de blocages d’établissements.
« Il y a beaucoup de personnalités extérieures qui invitent aux blocages mais nos lycéens ont besoin de réussir leur année scolaire », a-t-il ajouté, mentionnant les « 800 000 lycéens qui passent le bac à la fin de l’année, 800 000 autres qui passent le bac de français, le bac de mathématiques ou des épreuves de voie professionnelle et près de 700 000 qui sont en seconde ». « Il faut absolument que les cours puissent reprendre (…) en présentiel », a aussi jugé le ministre de l’enseignement supérieur Philippe Baptiste sur Franceinfo.
Les étudiants en première année de licence, « c’est un public très fragile. C’est à peu près un sur deux qui va abandonner ses études. (…) Aujourd’hui, ils ont eu entre trois et quatre semaines de cours depuis la rentrée. Donc on risque d’avoir simplement une hécatombe », a-t-il alerté. « Ça ne veut pas dire que je demande aux étudiants d’abandonner » leurs revendications, « on a posé des éléments pour commencer à travailler, (…) la porte est encore ouverte, les choses peuvent encore évoluer, mais par contre il faut arrêter les blocages, il faut arrêter les violences », a-t-il plaidé.
« On aurait certainement dû être plus rapides »
Dans la matinée, le coordinateur de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, a estimé que les lycéens avaient « raison » de vouloir poursuivre leur mobilisation car les réponses apportées par le gouvernement sont « très largement insuffisantes ». Le gouvernement a annoncé cette semaine plusieurs mesures pour tenter de mettre fin à la contestation lycéenne, lancée il y a plus d’un mois. Parmi elles, le remplacement progressif de Parcoursup d’ici à 2028, la création de centaines de postes d’enseignants, de milliers de places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, ou l’indexation sur l’inflation des bourses étudiantes.
Des annonces que le ministre de l’éducation a défendu sur LCI. « Un groupe de réflexion sur Parcoursup travaille pour voir tout ce qui peut être modifié dès cette année. Il y a la question de la lettre de motivation, la question de l’explication systématique de refus, la transparence des algorithmes locaux… », explique Edouard Geffray. « Après, pour remplacer Parcoursup, il faut passer par la loi », rappelle-t-il. « On sait promettre des transformations très profondes en 2027 et qu’on engage le remplacement de Parcoursup pour 2028. Après, si les gens qui arrivent en mai 2027 veulent tout jeter, ils pourront toujours tout jeter », glisse le ministre.
« On aurait certainement dû être plus rapides », a néanmoins reconnu le ministre de l’éducation. « Quand vous êtes en responsabilité, vous prenez vraiment les décisions qui vous semblent justes et vous vous dites a posteriori “j’aurais peut-être dû faire différemment” », a-t-il ajouté en écho aux propos du président de la République, mercredi : « Je vais être honnête avec vous, moi, je pense qu’on aurait dû aller plus vite, moi le premier », a concédé Emmanuel Macron dans un entretien diffusé par la chaîne YouTube HugoDécrypte.
Alors qu’une rencontre entre les représentants des organisations de lycéens et Laurent Nuñez, le ministre de l’intérieur, à 15 heures avait été annoncée, le ministre de l’éducation assure également lors de cet entretien, qu’au cours de la journée les régions, les associations lycéennes et les lycéens vont être réunis au sujet de la rénovation du bâti scolaire. « Au cours des deux dernières années, il y a eu 1,5 milliard de prêts qui ont été utilisés par les régions. Là, on met 4 milliards, c’est-à-dire quasiment trois fois plus », a précisé Edouard Geffray. « Je ne suis pas sûr que les gens réalisent ce que ça signifie. »
Le Monde avec AFP
Source: Le Monde · Le Monde avec AFP
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