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Quel sera le choix des femmes lors des élections de mi-mandat aux États-Unis ? Donald Trump ne cesse de détricoter les droits des femmes : en s’attaquant à l'avortement, puis en soutenant des mesures qui pourraient limiter le nombre d'électrices. Le documentariste Brice Lambert, auteur du film "Sexe faible : l’Amérique en guerre contre ses femmes", qui a reçu le prix Albert-Londres, et l'historienne Emilie Q. Mitran racontent la place des femmes dans cette Amérique de plus en plus misogyne.
Ça a été l’une des priorités de Donald Trump lors de son arrivée au pouvoir, en 2016 : s’attaquer au droit à l’avortement. En nommant les bons juges à la Cour suprême, il a pu faire basculer la loi en 2022 et obtenir le renversement de l’arrêt Roe contre Wade, qui protégeait le droit à l’IVG au niveau fédéral. Désormais, les États-Unis comptent 13 États où l’avortement est totalement interdit, y compris en cas de viol et d’inceste.
Outre-Atlantique, le nombre de morts maternelles et infantiles a explosé et plusieurs sondages ont montré que 60 % de la population américaine était favorable au droit à l’avortement – dans certaines circonstances.
Offensives sur les droits des femmes
Depuis, le républicain poursuit son offensive contre les droits des femmes et soutient des lois comme le SAVE America Act, qui exigerait, s’il est adopté, que les personnes qui s’inscrivent sur les listes électorales présentent des documents d’identité avec le même nom que celui indiqué sur l’acte de naissance. Ce texte compliquerait beaucoup la tâche pour les femmes qui ont pris le nom de leur mari. Dans la frange la plus radicale des conservateurs, certain·es prônent même le "household vote", l’idée qu’une seule personne vote pour l’ensemble de la famille. Et cette personne, dans leur acceptation, c’est bien sûr le mari.
Le droit de vote des Américaines est-il menacé pour autant ? "Non, pas dans l’immédiat", rassure l’historienne et américaniste Emilie Mitran. "Le XIXe amendement garantit le droit de vote des femmes et comme c’est inscrit dans la Constitution, ce serait très difficile pour Trump de le supprimer".
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Si le milliardaire aux propos volontiers misogynes veut limiter la capacité des femmes à voter, c’est parce qu’elles soutiennent en majorité le camp démocrate. En les maintenant éloignées des bureaux de vote, il pense pouvoir maintenir les Républicains au pouvoir "pour les 100 prochaines années", déclarait-il en juillet 2026.
Le président des États-Unis multiplie d’ailleurs les mesures pour assurer la victoire de son camp à ces élections de mi-mandat, alors que sa côte de popularité n’a jamais été aussi basse, à seulement 36 % d’opinions favorables.
Certaines électrices conservatrices se détournent de Donald Trump
Ces attaques contre les droits des femmes n’entraînent pas pour autant une fronde politique contre Trump. Dans la population, de nombreuses femmes continuent de le soutenir et les électrices républicaines votent d’ailleurs en plus grand nombre que les femmes démocrates. Mais même dans le camp conservateur, certaines républicaines ont pris leurs distances avec celui qui fut leur héraut à cause de ce retour en arrière sur le droit à l’avortement.
Elles ont parfois expérimenté dans leur chair ce que les politiques de Trump signifient vraiment pour les femmes. C’est le cas de Paige, qui témoigne dans le documentaire "Sexe faible, l’Amérique en guerre contre ses femmes" du réalisateur Brice Lambert, prix Albert-Londres 2026. La jeune femme a dû poursuivre jusqu’au bout la grossesse qui a découlé d’un viol commis par son ex-compagnon. Elle, qui a été élevée dans une famille républicaine et a voté pour Donald Trump, a désormais changé d’opinion politique.
Source: France 24 · Laure MANENT, Stéphanie CHEVAL, Jennifer BEN BRAHIM, Valentine ERBA, Ellen GAINSFORD
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