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« Ici, à Radio France, on est payé par exemple 100 euros pour un reportage de guerre » et « on n’est pas assurés, on doit payer nous-mêmes nos gilets pare-balles », a souligné le journaliste de 26 ans sur le réseau social X.
Le journaliste Arthur Sarradin, qui vient de recevoir le prix Albert Londres pour son livre sur la Syrie, s’est inquiété, lundi 2 novembre, de la « précarité intenable » du métier de reporter à l’étranger, qui menace selon lui « l’information de demain ».
« Cela fait des années que l’on alerte » sur le fait « que le paiement à la pige [à l’article ou au son envoyé] est indigne et finira par tuer le reportage et l’enquête au profit du commentaire et du “débat”, moins onéreux et plus simple à produire », a écrit sur le réseau social X Arthur Sarradin, correspondant au Proche-Orient pour Radio France, Libération et LCI.
Avec cette prise de position, il développe des propos qu’il avait déjà tenus jeudi sur France Inter, au surlendemain de la remise de son prix. « Si on laisse mourir le reportage, on va laisser des journaux sans mots et une radio sans voix », avait-il affirmé.
« 100 euros pour un reportage de guerre »
« Ici, à Radio France, on est payé par exemple 100 euros pour un reportage de guerre » et « on n’est pas assurés, on doit payer nous-mêmes nos gilets pare-balles », avait souligné le journaliste de 26 ans, relevant que « de plus en plus de personnes quittent ce métier ».
Les nombreuses réactions à cette intervention ont conduit Arthur Sarradin à réinsister sur X : « Je pense qu’il est sain de parler publiquement de ces montants, car dans la crise de confiance envers les médias, la condition économique des reporters est aussi à démystifier ».
« Aux employeurs du public et d’ailleurs, il faut imaginer des idées ambitieuses pour lutter contre la précarité : revalorisation substantielle du feuillet et du prix du reportage, prime de risque et/ou de précarité pour reporters à l’étranger » et encore « création d’un fonds de solidarité interrédactions pour les journalistes indépendants », énumère-t-il. « C’est une cause qui concerne chaque journaliste, chaque auditeur, tant elle conditionne la couleur que l’on souhaite donner à l’information de demain », insiste Arthur Sarradin.
Le vingtenaire a reçu le 10e prix du livre Albert Londres pour Le Nom des ombres. Sortir de l’enfer concentrationnaire syrien (Ed. du Seuil). Il a été l’un des premiers à assister à l’ouverture des prisons syriennes après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024.
Le Monde avec AFP
Source: Le Monde · Le Monde avec AFP
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