Publié le 27/10/2026 23:15 Mis à jour le 27/10/2026 23:44

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Article rédigé par France 2 - A. Forget, A. Dupuis, J. Samuel - Édité par l'agence 6Medias

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C’est le combat d’une vie, celui d’un homme face à la montée des eaux. En Inde, Jadav Payeng a consacré plus de 40 ans à planter des arbres pour protéger son île, menacée par l’érosion. Aujourd’hui, une forêt qui porte son nom s’étend sur plus de 500 hectares. Elle abrite une faune sauvage exceptionnelle. Surnommé "Forest Man", l’homme a transformé un territoire menacé en un refuge pour la biodiversité.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Les Indiens l'ont surnommé "l'homme de la forêt". Tous les jours, Jadav Payeng rend visite à ses arbres. "Ça fait du bien. Cet arbre est devenu si grand, il est beau à voir. C'est agréable de l'enlacer. Cet arbre, comme tous ceux qui sont autour, ce sont pour moi comme mes enfants", confie le défenseur de l'environnement. "Ils sont essentiels à ma vie et pas seulement parce qu'ils apportent de l'oxygène", assure-t-il. Jadav Payeng aime autant ces arbres parce qu'il les a lui-même plantés un à un, et à mains nues. Il a donné naissance à une forêt dans le nord de l'Inde, l'œuvre de sa vie. Elle fait aujourd'hui près de deux fois la taille de Central Park aux États-Unis.

Pour cette tâche titanesque, Jadav Payeng est connu dans l'Inde tout entière. Il a été reçu par des chefs d'État du monde entier et a même été décoré de l'une des plus hautes distinctions indiennes. Ces arbres, Jadav Payeng a commencé à les planter quand il n'avait que 16 ans. Le site qu'il a reboisé se trouve sur Majuli, qui a longtemps été la plus grande île fluviale au monde. Mais grignotée par la montée des eaux et l'érosion, Majuli a perdu au siècle dernier plus de la moitié de sa superficie. Les arbres de Jadav Payeng ont permis de ralentir le phénomène : "Les racines des arbres permettent au sol de se maintenir. Ça permet à l'eau de continuer à s'écouler. Et donc, à la fin, cela réduit l'érosion", explique-t-il.

On a peine à y croire. Mais ici, avant qu'il ne plante des arbres, il n'y avait rien. Cette terre n'était qu'une étendue de sable. "Ça là, c'est un gomari. Et un nedjar. Tous les gros arbres que vous voyez ici, c'est moi qui les ai plantés. Les plus petits, eux, ont poussé ensuite naturellement grâce aux animaux qui, en venant se nourrir ici, ont réparti les graines un peu partout", détaille fièrement Jadav.

L'idée de se lancer, Jadav Payeng l'a eue à l'été 1979, après avoir vu des centaines de reptiles morts de la chaleur sur l'île. Pour apporter un peu d'ombre à la vie sauvage, il a décidé de planter des arbres. Aujourd'hui encore, à partir de graines ou de boutures qu'il prend lui-même dans la nature, il continue de garnir sa forêt. D'après lui, il a planté au cours de sa vie des centaines de milliers d'arbres. "Nous vivons dans un monde très peuplé, industrialisé, et il n'y a pas assez d'arbres et de verdure pour maintenir l'équilibre. C'est pourquoi je pense que partout où c'est possible, il faut planter des arbres pour réduire la pollution", souligne-t-il.

Dans son petit village de 250 habitants, dans lequel il est né et qu'il n'a jamais quitté, Jadav Payeng force l'admiration. "L'homme de la forêt, Jadav Payeng, notre proche voisin, me rend heureux. Avant, dans le village, certains habitants avaient l'habitude de couper des arbres pour les revendre. Mais maintenant que Jadav est pour nous une figure inspirante, cela a beaucoup diminué", témoigne Horeswar Bora, agriculteur.

L'engagement de Jadav Payeng est bénévole. Ses seuls revenus sont ceux de son activité d'agriculteur : 150 euros par mois. Mais sa plus grande fierté est d'avoir essaimé au-delà de sa forêt. Depuis quatre ans, une association rémunère des villageois de la région pour qu'ils plantent eux-mêmes des arbres, eux aussi, sur l'île de Majuli. "Mon souhait, c'est d'étendre la forêt qu'il a créée. Cette zone est sujette aux inondations et à l'érosion. Notre seule solution, c'est de planter autant d'arbres que possible", indique Luhit Misong, agriculteur.

L'homme de la forêt espère que son histoire continuera d'être transmise et que personne ici n'arrêtera jamais de planter des arbres.

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Source: Franceinfo · France 2

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