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Depuis treize ans, et grâce à un diplôme en pratique avancée, Hadrien Destrehem ausculte, suture, prélève, prescrit : il assure le suivi médical des Hœdicais et des vacanciers de passage. Une vocation qu’il embrasse avec plaisir et dévouement.
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Du haut du sémaphore, le continent morbihannais se dessine à peine. L’île d’Hœdic semble éloignée de tout, ramassée en un petit morceau de terre, que d’aucuns appellent « le caillou ». Compter une heure quinze pour rejoindre Quiberon en bateau, et deux allers-retours par jour entre octobre et mai, parfois aucun si une tempête se lève. Ce sentiment d’immensité et d’isolement, Hadrien Destrehem, 36 ans, l’a embrassé depuis qu’il a été embauché ici comme infirmier, après le départ à la retraite de sa prédécesseure. C’était il y a treize ans. « Les années passent à une vitesse folle. Ici, les semaines ne se ressemblent pas », jure-t-il. A l’époque, le jeune homme, originaire de Calais, a exercé quelques mois à Belle-île, la plus grande des îles bretonnes. Hœdic est l’une des plus petites (2 kilomètres carrés), des plus éloignées du littoral et des moins peuplées : 100 habitants à l’année, multipliés par 30 l’été. « Mon profil matchait avec le poste, qui m’a tout de suite plu », lance-t-il, soulignant les avantages de sa fonction : « Il y a ici une autonomie, une diversité dans les missions et un contact humain que je n’aurais pas en travaillant à Paris ou à Vannes. »
Dans le petit cabinet médical situé à côté de la boulangerie-tabac et de la supérette du village, l’homme menu à la chevelure épaisse et aux yeux clairs reçoit cinq jours par semaine, les deux autres étant pris en charge par sa remplaçante pour assurer la continuité des soins. Il ausculte, suture, plâtre, prélève le sang, suit les virus et maladies, délivre des médicaments, prescrit des examens biologiques, fait un peu de gynécologie et accompagne des patients en fin de vie avec le soutien d’équipes mobiles du continent. « Nous avons à cœur de permettre aux insulaires, qui sont aussi nos voisins et parfois des amis, de terminer leurs jours entourés de leurs proches, dans de bonnes conditions », souligne-t-il. Un large panel de soins, réalisés grâce à son diplôme d’infirmier en pratique avancée (IPA), et en coordination avec le médecin d’Houat, l’île voisine, qui n’intervient à Hœdic qu’un jour par semaine l’hiver, mais quotidiennement l’été. Se déplacent aussi un kinésithérapeute deux fois par semaine, et un podologue tous les deux mois.
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Source: Le Monde · Anaïs Coignac
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