Par Le Figaro avec AFP
Publié le 30/10/2026 à 17h56
Un mois après l’échec de son exécution par injection létale dans le Tennessee, aux États-Unis, Christa Pike, 50 ans, décrit les séquelles physiques et psychologiques de cette tentative. Toujours incarcérée, elle dénonce ses conditions d’isolement et les douleurs persistantes.
Passer la publicité Passer la publicitéChrista Pike, une condamnée à mort américaine qui a survécu à deux injections létales, témoigne de sa douleur physique et de son isolement derrière les barreaux, un mois après son exécution ratée dans l'État du Tennessee (sud). La quinquagénaire a repris connaissance à l'hôpital le 6 octobre, six jours après l'échec inédit de son exécution. Elle a été ramenée en prison quelques jours plus tard. «Il y a un mois, le 30 septembre, je suis entrée dans la salle d'exécution prête à mourir», témoigne-t-elle dans un communiqué dicté à ses avocats.
Depuis son réveil à l'hôpital, «il n'y a pas eu un moment où je n'ai pas ressenti de douleur. Mon corps me fait mal, mes bras me font mal, mes mains me font mal, ma gorge me fait mal. J'ai du mal à parler», énumère-t-elle, soulignant que la souffrance est également psychologique. «Depuis cette nuit je suis essentiellement à l'isolement dans le service médical de la prison», précise Christa Pike, rappelant avoir déjà «passé 28 ans à l'isolement» en attendant son exécution.
L’administration pénitentiaire affirme avoir suivi le protocole
Christa Pike devait être la première femme exécutée depuis plus de 200 ans dans le Tennessee pour avoir torturé et assassiné en 1995 une femme de 19 ans, âgée d'un an de plus qu'elle à l'époque. Mais elle a survécu à deux doses de pentobarbital, un puissant barbiturique, avant d'être hospitalisée en urgence dans un état critique. Cet échec sans précédent a rallumé le débat sur les modes d'exécution et plus généralement sur la peine capitale aux États-Unis.
Le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, a ordonné la suspension des exécutions dans l'État et une enquête indépendante, puis a accepté la démission du chef de l'administration pénitentiaire. Mais il ne s'est pas prononcé sur la demande des avocats de Christa Pike de commuer sa peine en prison à perpétuité. L'administration pénitentiaire affirme avoir suivi à la lettre le protocole adopté depuis la reprise des exécutions dans le Tennessee en mai 2025, après un moratoire de trois ans.
Au total, 32 exécutions ont été réalisées depuis le début de l'année dans six États du Sud, toutes par injection létale. La peine de mort a été abolie dans 23 des 50 États américains. Trois autres, la Californie, l'Oregon et la Pennsylvanie, observent un moratoire des exécutions.
Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira