Plus de 58 millions d’Américains ont déjà voté par anticipation et les bureaux de vote sont ouverts dans tout le pays. Il s’agit d’un record pour des élections de mi-mandat, qui pourraient cette fois-ci voir les démocrates prendre le contrôle de la Chambre des représentants, voire du Sénat, et compromettre la fin du mandat de Donald Trump.

Live animé par Pierre Bouvier, Luc Vinogradoff et Ramzy Bensaadi (service Photo)

Avant un rassemblement du Parti républicain, le 2 novembre 2026. - JON CHERRY/GETTY IMAGES VIA AFP
Avant un rassemblement du Parti républicain, le 2 novembre 2026. JON CHERRY/GETTY IMAGES VIA AFP

Posez votre question à la rédaction :

17:58

Le ministère de la justice américain déploie 1 000 observateurs électoraux dans les 50 États

Pour la première fois, le ministère américain de la Justice (DOJ) affirme déployer des observateurs électoraux dans les 50 États à l’occasion des élections de mi-mandat, afin de contrôler le respect des lois fédérales sur le droit de vote.

Selon le Wall Street Journal, quelque 1 000 observateurs sont mobilisés à travers le pays. Sur les 126 circonscriptions électorales ciblées, 93 avaient voté pour Kamala Harris en 2024, soit près des trois quarts, selon une analyse universitaire citée par CNN. Par ailleurs, 77 de ces circonscriptions ne figuraient pas sur les listes de surveillance des élections générales de 2022 ou 2024.

Le ministère de la justice explique privilégier les territoires soumis à des obligations d’assistance linguistique aux électeurs, ceux disposant de peu de données d’observation électorale ou faisant l’objet d’accords judiciaires liés à des irrégularités passées.

Ce déploiement suscite toutefois des inquiétudes. La NAACP, organisation de défense des droits civiques, a contesté en justice la participation d’agents issus notamment de la DEA, de l’administration pénitentiaire et de l’agence fédérale chargée des armes à feu (ATF), redoutant que la présence de policiers armés n’intimide les électeurs. Un juge a rejeté son recours, mais a exigé que le ministère de la justice précise les procédures permettant d’exclure les agents habilités à procéder à des arrestations. Les observateurs ont pour consigne de ne pas interférer avec le scrutin.

17:40 Vos questions

Bonjour Charlotte,

C’est en effet un des référendums locaux que nous avons suivi de plus près, et nous vous tiendrons bien sûr informés des résultats.

Voici ce qu’écrit, ce mardi, notre correspondant à San Francisco, Arnaud Leparmentier, à propos de ce référendum :

Les Californiens doivent se prononcer, mardi 3 novembre, sur un impôt sur la fortune exceptionnel de 5 % visant les milliardaires. Cette proposition, portée par un syndicat de santé et imaginée par les économistes franco-américains Gabriel Zucman et Emmanuel Saez, a, à en croire les sondages, perdu de sa dynamique initiale, en raison, notamment, d’une contre-offensive majeure du cofondateur de Google, Sergey Brin, et de ceux qui dénoncent des risques de délocalisation vers le Texas ou la Floride.

Selon le baromètre publié le 29 octobre par l’Institute of Governmental Studies de l’université de Berkeley, seuls 42 % des électeurs interrogés envisagent de voter pour cette proposition, alors que 50 % pensent s’y opposer et 8 % sont indécis. Le rapport de force est donc inversé par rapport à la mi-septembre (45 % pour, 42 % contre), à début août (48 % pour, 41 % contre) et surtout à mars (52 % pour, 33 % contre).

Lire aussi :

17:34

Inondations, pluies diluviennes et tornades perturbent les élections de mi-mandat

Les intempéries compliquent le déroulement du scrutin mardi dans plusieurs régions des Etats-Unis, où des inondations et des tornades ont contraint les autorités à déplacer des bureaux de vote et à adapter les modalités de participation, rapporte NBC News.

  • En Floride, au moins 21 bureaux de vote ont été déplacés dans huit comtés après des pluies torrentielles. Jusqu’à 560 millimètres de précipitations sont tombés en vingt-quatre heures dans certains secteurs. Le gouverneur Ron DeSantis a déclaré l’état d’urgence dans sept comtés.
  • Dans l’Oklahoma, une tornade accompagnée de vents atteignant 160 km/h a endommagé un centre communautaire utilisé comme bureau de vote, obligeant les autorités à le transférer.
  • Dans l’Utah et le Colorado, des inondations historiques ont conduit les autorités à autoriser exceptionnellement certains électeurs isolés par les eaux à voter par voie électronique.

De fortes pluies et des risques d’inondations concernent également l’Alabama, le Tennessee, l’Arkansas et le Mississippi. En Arizona, des précipitations record ont provoqué des inondations meurtrières et des coupures d’électricité. Selon NBC News, ces intempéries pourraient peser sur la participation électorale, même si le développement du vote anticipé et par correspondance tend à limiter leur influence.

17:34

Donald Trump prend la parole lors du jour de vote : « Nous sommes formidables aujourd’hui » et « l’inflation est résolue »

Alors que l’on pensait que son discours devant le Reflecting Pool de Washington, lundi, était sa dernière prise de parole de la campagne, le président américain s’est invité par téléphone, comme il a l’habitude de le faire, à l’émission matinale Fox and Friends, sur Fox News, avant l’ouverture des bureaux de vote.

Il a, une nouvelle fois, tenu un discours extrêmement optimiste, appelant les électeurs lors d’un appel téléphonique « à préserver la grandeur de l’Amérique ».

« Nous sommes formidables aujourd’hui. Il y a deux ans, nous étions dans une situation catastrophique. On était la risée du monde entier. Les leaders d’autres pays ne nous prenaient pas au sérieux. Ils nous prenaient pour des idiots. Maintenant, nous sommes cool ».

Ignorant le fait que l’inflation a augmenté de 3,4 % en août, puis de 3,6 % en septembre sur un an, selon le département du commerce, le président américain a pourtant assuré que « l’inflation est résolue ».

« Vous avez vu que le pétrole a baissé de 10 dollars, un record hier, il a chuté de 10 dollars. Et le détroit d’Ormuz : nous en avons le contrôle total avec le blocus ».

Malgré cette baisse récente, les prix à la pompe sont encore à un niveau jamais atteint aux Etats-Unis pour une élection de mi-mandat, selon CNN.

Le président américain a également insisté sur l’une de ses principales promesses de campagne : l’immigration. « Quand je suis arrivé, les frontières étaient ouvertes. Des millions et des millions de personnes affluaient, beaucoup de criminels et de meurtriers (…) Et nous en avons expulsé beaucoup », a-t-il affirmé. Comme le note notre correspondant à New York, Nicolas Chapuis, l’immigration est bien une des dernières préoccupations qui relie Donald Trump à une partie de sa base électorale de 2024.

« Je pense que les résultats seront meilleurs que ce vous pensez », a fini par dire Donald Trump lors de son intervention matinale, alors que les sondages sur son deuxième mandat dépassent à peine les 34 % d’approbation, selon un sondage de sondages de CNN.

Lire aussi :

17:14

Marjorie Taylor Greene estime qu’une défaite républicaine serait un désaveu de Donald Trump

L’ancienne élue républicaine Marjorie Taylor Greene, longtemps fidèle alliée de Donald Trump avant de rompre avec lui, a vivement critiqué le président américain à la veille des élections de mi-mandat. « Ce serait un référendum entièrement consacré à Donald Trump », a-t-elle déclaré lundi sur CNN, interrogée sur les conséquences d’une éventuelle défaite républicaine.

Elle lui reproche notamment d’avoir renié sa promesse de ne plus engager les États-Unis dans des guerres à l’étranger, sa gestion du dossier Epstein et son incapacité, selon elle, à répondre aux préoccupations des Américains confrontés à la hausse du coût de la vie, des assurances santé et des carburants. « Pendant ce temps, il ne cesse de se vanter de sa salle de bal, de ses grands donateurs et de ses dîners somptueux, comme s’il était incapable de comprendre les Américains ordinaires », a-t-elle dénoncé.

Marjorie Taylor Greene a également mis en cause le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, et les élus républicains qui, selon elle, n’ont jamais osé s’opposer à Trump, par crainte de ses attaques sur Truth Social. Elle espère qu’une défaite électorale conduira certains républicains à prendre leurs distances avec le président, tout en estimant que beaucoup continueront à lui rester fidèles.

« Si les républicains subissent une lourde défaite, ce sera une leçon qu’ils auront bien méritée », a-t-elle conclu, ajoutant qu’il resterait alors aux démocrates à démontrer leur capacité à répondre aux attentes des Américains.

Sur Le Monde aujourd’hui

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17:00 Vos questions

Bonjour,

Le choix du mardi remonte à l’Amérique rurale du XIXe siècle : les électeurs devaient parfois voyager longtemps pour rejoindre leur bureau de vote. Le dimanche était consacré à l’église et le mercredi au marché ; le mardi constituait donc un compromis, fixé en 1845 pour la présidentielle.

Et oui, voter un jour travaillé peut constituer un frein, notamment pour les salariés qui disposent de peu de souplesse dans leurs horaires. Aucune loi fédérale n’oblige les employeurs à leur accorder du temps pour voter, même si plusieurs Etats le prévoient selon des règles variables.

Cette pratique est minoritaire : selon le Pew Research Center, les Etats-Unis font partie des 28 démocraties organisant habituellement leurs élections en semaine sans jour férié, contre 60 qui votent le week-end et 16 qui déclarent férié le jour du scrutin. Des élus proposent d’ailleurs de déplacer le vote au week-end ou d’en faire un jour férié fédéral.

Le vote anticipé, en personne ou par correspondance, permet toutefois de contourner cette difficulté. Au 1er novembre, plus de 53 millions d’Américains y avaient déjà eu recours, selon les données de l’université de Floride, dépassant le total enregistré lors des élections de mi-mandat de 2022.

16:48

Donald Trump annonce la fin de l’aide militaire américaine à Israël dès la fin de 2026

Le président américain a annoncé mardi avoir conclu un accord avec Benyamin Nétanyahou pour mettre fin, dès décembre 2026, à l’aide militaire américaine à Israël, d’un montant annuel de 3,8 milliards de dollars. « Israël est devenu un pays très prospère. Ils n’en ont plus besoin », a-t-il déclaré sur Fox News, en affirmant que le premier ministre israélien avait lui-même proposé cette mesure.

L’annonce survient le jour des élections américaines de mi-mandat. Selon Bloomberg, Donald Trump cherche à désamorcer les critiques des démocrates sur l’aide à Israël, notamment celles d’Abdul El-Sayed, candidat au Sénat dans le Michigan. Le soutien américain à Israël s’est nettement érodé dans l’opinion. Selon un sondage de l’université Quinnipiac qui date de juin, cité par Reuters, 48 % des électeurs américains, et 66 % des démocrates, estiment que Washington soutient trop Israël, contre respectivement 16 % et 20 % en 2017.

Cette décision mettrait fin, deux ans avant son échéance, à un accord de 38 milliards de dollars négocié sous Barack Obama en 2016. Toutefois, les modalités de son application restent floues : Reuters souligne qu’on ignore quels financements seraient supprimés et comment ils le seraient. Selon CNN, M. Nétanyahou envisageait jusqu’ici une suppression progressive sur dix ans. Donald Trump a aussi précisé qu’Israël pourrait continuer à acheter des armes américaines et bénéficier de nouveau d’une aide si nécessaire.

Le président américain a enfin plaisanté sur sa popularité en Israël, en affirmant, sans citer de sondage, y recueillir 99 % d’opinions favorables : « Si jamais les Américains se lassent de moi, je déménagerai en Israël et je deviendrai premier ministre. »

Lire aussi :

16:43 Vos questions

Bonjour à vous,

Comme c’est une question (très récurrente), nous avons eu la bonne idée d’en faire un article. Les réponses à vos questions sont ici.

Lire aussi :

16:38

Les bureaux de vote ouvrent dans le Colorado, le Montana, le Nebraska, le Nouveau-Mexique, l’Utah et le Wyoming.

Une électrice vote à Cumming, dans l’Iowa.
Une électrice vote à Cumming, dans l’Iowa.

Merci à Nicolas, pour ce tchat très intéressant, et bon courage à lui et à nos équipes aux Etats-Unis pour une journée qui commence et qui s’annonce, comme à chaque élection de mi-mandat, bien longue.

Pendant ce temps, les bureaux de vote ont ouvert à 15 heures, heure de Paris, dans les Etats du Colorado, du Montana, du Nebraska, du Nouveau-Mexique, de l’Utah et du Wyoming.

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16:35

Merci à toutes et à tous pour vos nombreuses questions et désolé de ne pas avoir pu répondre à tout. Ce direct se poursuit et nous continuerons de répondre à vos interrogations au fil de la journée, de la nuit et même du petit matin, avec mes collègues à Paris et ceux aux Etats-Unis. Bonne nuit électorale !

Nicolas Chapuis (New York, correspondant)

16:33 Tchat

Vos questions : « Le taux d’abstention sera-t-il déterminant pour un camp ou un autre ? »

Bonjour,

Je prends les deux questions parce qu’elles se recoupent. Les élections aux Etats-Unis se jouent principalement sur deux éléments : la mobilisation de chaque camp, et la bascule des indépendants.

Pour résumer, les démocrates ou les républicains changent assez peu d’avis : ils vont juste plus ou moins se mobiliser en fonction de leur mécontentement. Le risque pour Donald Trump n’est pas que les républicains aillent massivement voter pour un candidat démocrate, c’est qu’ils n’aillent tout simplement pas voter parce qu’ils n’approuvent pas sa façon de gouverner (ni la corruption, dont je n’ai pas parlé ici).

Les indépendants sont les électeurs qui ne sont ni démocrates ni républicains et peuvent changer d’avis. Et de ce point de vue, la forte impopularité de Donald Trump, qui se ressent particulièrement dans cet électorat, peut être l’élément déterminant.

Nicolas Chapuis (New York, correspondant)

16:28 Tchat

Bonjour Alan,

Les républicains que j’ai rencontrés sur le terrain mettent en avant plusieurs choses. Ils saluent globalement le bilan sur l’immigration et la fermeture de la frontière avec le Mexique. Le bilan économique fait débat, mais de nombreux électeurs ont gardé en mémoire la très forte inflation sous Joe Biden (plus de 9 % en 2022). Plusieurs d’entre eux m’ont dit qu’ils soutenaient Donald Trump parce qu’il défend les « valeurs chrétiennes conservatrices ». Ils sont très critiques du « wokisme » (que les démocrates ont d’ailleurs mis en sourdine), le concept recouvre par ailleurs souvent des choses très différentes à leurs yeux. Il ne faut pas minimiser le rejet dont les démocrates font l’objet dans certaines zones du pays.

Les milieux économiques ne sont pas tous mécontents non plus du trumpisme, la Bourse ayant battu tous les records ces deux dernières années (même si la Maison Blanche n’y est pas toujours pour quelque chose). Les soubresauts de la guerre commerciale ont déplu, mais la dérégulation globale et les baisses d’impôts sur les entreprises à travers le One Big Beautiful Bill Act (« le grand et beau projet de loi ») sont plébiscitées. Et le climat global « business first » est apprécié. Certains dans le milieu de la tech peuvent par exemple craindre qu’un retour des démocrates corresponde à une volonté plus grande de réguler le secteur, ou à une prudence plus marquée quant au développement tous azimuts des data centers.

Il n’y a pas grand monde en revanche pour défendre l’aventure en Iran, globalement considérée comme une erreur, même si plusieurs militants m’ont dit qu’ils faisaient confiance à Donald Trump « parce qu’il a eu raison sur tout le reste ».

Nicolas Chapuis (New York, correspondant)

16:17 Tchat

Vos questions : « Quelle est la situation dans l’Etat du Maine ? »

Bonjour,

Effectivement, Susan Collins est perçue comme une modérée. Elle avait voté en 2022 pour l’inculpation de Donald Trump à la suite des émeutes du Capitole. Elle se désolidarise parfois du bloc républicain au Sénat (où elle occupe le poste très important de présidente du comité d’appropriation des fonds fédéraux), même si une analyse du New York Times a montré qu’elle s’oppose rarement quand son vote peut faire la différence.

Le Maine est un Etat modéré, un peu à part, de par sa position géographique (à l’extrémité nord-est des Etats-Unis). Le positionnement de Susan Collins et sa capacité à attirer des fonds fédéraux pour l’Etat sont donc plutôt appréciés localement. Les démocrates, en face, ont eu une campagne difficile : ils ont dû remplacer leur candidat, Graham Platner, accusé de viol, après de multiples autres scandales.

Susan Collins pâtit dans le même temps de plusieurs choses. A 73 ans, elle est élue depuis trente ans au Sénat, et il y a une forme de lassitude. Même si elle s’oppose parfois à Donald Trump, elle ne peut se détacher complètement du bilan républicain, et dans cet Etat frontalier du Canada la guerre commerciale a par exemple été mal vécue. Les nombreux touristes canadiens se sont raréfiés.

Comme je l’ai dit avant, le Maine est également frappé par l’augmentation du coût de la vie. Et enfin, dans cet Etat parmi les plus blancs des Etats-Unis, les opérations de l’ICE ont fait des dégâts : un père de famille colombien, avec des documents de travail en règle, a été tué au volant de sa voiture en juillet par des agents fédéraux de l’immigration. Tout cela pèse lourdement sur la campagne de Susan Collins.

Nicolas Chapuis (New York, correspondant)

16:05 Tchat

Vos questions : « Assiste-t-on à une nouvelle dynamique chez les jeunes démocrates ? »

Bonjour Houssem,

C’est l’un des enjeux majeurs de cette élection, même si nous n’aurons pas de réponse définitive non plus. Les Socialistes démocrates d’Amérique (Democratic Socialists of America, abrégé en DSA) devraient engranger des succès ce soir. Plusieurs de leurs candidats se présentent pour le Congrès dans des circonscriptions de New York, après avoir remporté leurs primaires avec l’appui de Zohran Mamdani, face à des candidats plus centristes. Ils devraient gagner facilement ce soir, dans cette ville majoritairement démocrate. Ils formeront donc un petit groupe à la Chambre des représentants. En cas de victoire serrée des démocrates, ils y auront beaucoup de poids. Si la majorité est large, leur influence sera moins importante.

Par ailleurs, les DSA ont soutenu plusieurs candidats (qui ne sont pas nécessairement membres de leur parti). C’est le cas d’Abdul El-Sayed, qui se revendique capitaliste, pas socialiste, mais qui incarne une ligne assez à gauche, et qui défend également des positions propalestiniennes marquées, qui rejoignent celles des DSA. Troy Jackson, le candidat au Sénat dans le Maine, est également sur cette ligne.

Des victoires montreraient qu’une ligne plus à gauche peut l’emporter face à certains républicains, en dehors des grandes agglomérations, mais le dilemme stratégique ne serait pas tranché pour autant. Les candidats qui pourraient gagner dans le Texas ou dans le Kansas ont des profils plus modérés, par exemple. Et dans le cadre d’une présidentielle, il faut pouvoir parler à l’Amérique des Côtes et à celle du Midwest.

Nicolas Chapuis (New York, correspondant)

15:54 Tchat

Bonjour autremonde,

Non, il n’y a pas vraiment d’avancée et l’enquête risque de prendre du temps. Elle prendra une importance majeure si le sort du Sénat tient à un siège… Dans ce cas-là, tous les yeux seront tournés vers l’Alaska, qui est l’Etat qui dépouille en dernier (ils ont une heure de décalage avec la Côte ouest américaine), avec un système de vote préférentiel particulier (on classe les candidats sur son bulletin de vote).

Nicolas Chapuis (New York, correspondant)

15:51 Tchat

Vos questions : « Peut-on encore croire aux sondages ? »

Bonjour Cha,

Il y a plusieurs questions sur la fiabilité des sondages. Le travail des sondeurs aux Etats-Unis est complexe, car il ne s’agit pas d’un pays avec un mode de scrutin, mais de 50 Etats différents avec des règles propres et des dynamiques locales.

Les sondages ont souvent été critiqués par le passé, à juste titre, mais les lecteurs des sondages ont aussi leur part de responsabilité : ils n’entendent souvent pas toutes les réserves qu’émettent les sondeurs.

Si je prends l’exemple de cette élection, les sondeurs disent deux choses. Ils disent que les démocrates ont une forte chance d’emporter la Chambre des représentants, et si ce n’est pas le cas, on pourra parler de raté. Côté Sénat, ils répètent depuis plusieurs semaines que c’est extrêmement serré. La dynamique est en faveur des démocrates dans le dernier sondage du New York Times et de Siena, mais avec beaucoup de réserves. Si les républicains conservent le Sénat, je ne considérerai pas que les sondeurs se sont trompés. Cette possibilité (comme celle d’une victoire large des démocrates) existe clairement dans leurs projections.

Nicolas Chapuis (New York, correspondant)

15:44 Tchat

Vos questions : « L’inflation se ressent-elle sur le mode de vie à New York ? »

Bonjour Snoop et Jack-78,

Oui, l’inflation se ressent fortement à New York. Je n’y suis arrivé qu’il y a quinze mois, mais mon confrère avant moi avait vraiment vu l’explosion des prix, entre la période précédant et celle suivant le Covid-19.

Tout est très cher à New York. Un touriste français qui reviendrait aujourd’hui, dix ans après un voyage dans les années 2010 par exemple, serait choqué du niveau des prix.

La victoire du socialiste Zohran Mamdani à la mairie de la ville s’explique en partie ainsi. Il a fait campagne quasi exclusivement sur le coût de la vie, en particulier sur le coût du logement, de la nourriture, des transports et de la garde d’enfants. (Vous pouvez lire cet article sur les coûts démentiels pour les parents d’enfants en bas âge).

Dans le même temps, les salaires ont également explosé. Le salaire médian annuel est à 133 000 dollars à New York. C’est une ville de services (notamment financiers), où il y a beaucoup de gens extrêmement riches, dans des proportions qu’on ne connaît pas en Europe, et beaucoup de gens très pauvres, écrasés par le rouleau compresseur de l’inflation.

Nicolas Chapuis (New York, correspondant)

15:35 Tchat

Vos questions : « Quels sont les Etats à suivre ? »

Bonjour,

Les sondages donnent de fortes chances aux démocrates de conquérir la Chambre des représentants, dont l’intégralité des sièges est renouvelée, avec des victoires un peu partout à travers le pays.

La situation est plus complexe en ce qui concerne le Sénat, où les républicains ont une majorité de 53 sièges contre 47. Il y a quelques mois, il était jugé imprenable pour les démocrates, car le tiers des circonscriptions qui est renouvelé cette fois-ci ne leur était pas favorable, mais l’impopularité grandissante de Donald Trump leur a peu à peu ouvert la voie.

La première mission des démocrates est de conserver tous leurs sièges. Le seul particulièrement à risque est celui du Michigan. Cela explique le fort intérêt pour la campagne d’Abdul El-Sayed (outre le fait qu’il serait le premier sénateur musulman et qu’il incarne une ligne assez à gauche).

Il faut ensuite en conquérir au moins quatre (en cas d’égalité, c’est la voix du vice-président, J. D. Vance, qui ferait la différence). Les démocrates visaient la Caroline du Nord, le Maine, l’Ohio, l’Iowa et l’Alaska. Au fur et à mesure de la campagne, d’autres possibilités se sont ouvertes, sur des terres traditionnellement plus rouges : le Texas, le Kansas, la Caroline du Sud…

J’ajoute qu’il y a dans le même temps des élections moins suivies mais très importantes dans le fonctionnement de la démocratie américaine : celles de certains gouverneurs. Les démocrates visent là aussi quelques conquêtes.

Nicolas Chapuis (New York, correspondant)

15:25 Tchat

Vos questions : « Faut-il vraiment plaindre les Américains de l’inflation qu’ils subissent, vu leur mode de consommation ? »

Bonjour,

Il ne s’agit pas vraiment de les plaindre, mais plutôt de comprendre les effets de l’inflation sur le quotidien des personnes. La consommation reste très élevée aux Etats-Unis, et continue de soutenir la forte croissance. L’une des hypothèses des économistes est que de nombreuses personnes avec des portefeuilles boursiers se sont fortement enrichies ces derniers mois, voire années, tandis que les principaux indices américains ont battu record sur record. De l’autre côté du spectre, il y a toute une classe populaire qui a pris de plein fouet cette hausse des prix depuis la pandémie de Covid-19.

C’est l’objet du reportage que j’ai fait en Caroline du Nord auprès de travailleuses du soin à domicile. A la fois, c’est le secteur qui progresse le plus en nombre d’emplois aux Etats-Unis (le soin et la santé portent les statistiques du travail depuis plus de deux ans). Et en même temps, ce sont des emplois à faible rémunération, qui nécessitent souvent d’avoir un deuxième job. Ces femmes (essentiellement noires et/ou immigrées) sont la nouvelle classe laborieuse américaine, qui souffre de cette hausse des prix.

Nicolas Chapuis (New York, correspondant)

15:18 Tchat

Vos questions : « Les démocrates ont-ils un vrai projet économique face aux “trumponomics” ? » 

Bonjour,

Les démocrates font campagne essentiellement sur le coût de la vie, ce qui est un amusant retour des choses : ils ont perdu la campagne de 2024 sur le thème de l’inflation, bien exploité par Donald Trump.

La thématique est adaptée à chaque Etat. Dans le Michigan, où je me suis rendu en août, Abdul El-Sayed centre son message sur « Medicare for all », ce qu’on pourrait traduire grossièrement comme « la mise en place d’une couverture santé universelle ». Dans cet Etat industriel, qui a pris de plein fouet la disparition des usines, la question de la santé est majeure.

Dans d’autres Etats, comme le Maine, l’accent est beaucoup mis sur la crise du logement et le fait qu’avec des prix et des taux d’emprunt aussi élevés qu’actuellement il est désormais très difficile de devenir propriétaire aux Etats-Unis (ce qui fait partie de la promesse initiale de Trump).

La campagne des démocrates consiste donc essentiellement à dire que sans les mauvais choix de Trump (la guerre commerciale, la guerre avec l’Iran et les baisses de taxe pour les plus riches), la situation serait beaucoup plus favorable aux Etats-Unis, qui bénéficient par ailleurs d’un formidable influx de croissance lié aux investissements faramineux dans l’IA.

Quant aux divisions internes dans le Michigan, il est difficile de mesurer leur impact. Les démocrates ont globalement fait bloc pour dénoncer la défection de Haley Stevens, la représentante au Congrès, qui soutient désormais le candidat républicain. L’origine de ce coup de théâtre est davantage à chercher dans le débat autour de la question israélo-palestinienne, qui divise le parti, que dans les questions économiques, sur lesquelles les démocrates sont globalement alignés (avec des nuances bien sûr).

Nicolas Chapuis (New York, correspondant)

Le contexte

    Ce live a également été animé par Grégor Brandy et Emile Drousie (service Photo).

    Le Monde tient un direct consacré aux midterms, les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, alors que de nombreux sondages annoncent « une vague bleue » et la reprise en main du Congrès par le Parti démocrate.

    Les dernières informations. Vous y trouverez toute l’actualité liée au vote du 3 novembre : ambiance, résultats, déclarations politiques ou encore décryptages de polémiques, mais aussi des graphiques et des infographies.

    Un espace d’échanges. Nous sommes aussi ici pour répondre (dans la mesure du possible) à vos questions sur le fonctionnement des différents scrutins, sur leurs enjeux, etc. N’hésitez pas à envoyer des messages, et même à partager avec nous des informations que vous jugez utiles.

    Vu des Etats-Unis. Retrouvez les reportages, les analyses et les décryptages de tous nos correspondants sur place, qui répondent à vos questions lors de tchats.

    Notre live de la semaine précédente est accessible grâce à ce lien.

Source: Le Monde · Pierre Bouvier, Luc Vinogradoff et Ramzy Bensaadi (service Photo)

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