Les conséquences des propos du vice-président J.D. Vance, qui attribue la défaite en grande partie à la guerre en Iran, se font sentir dans le Parti républicain. Dans l’Etat très conservateur du Mississippi, le démocrate Scott Colom pourrait devenir le premier sénateur noir depuis la Reconstruction.
Live animé par Christophe Sales (service photo), Luc Vinogradoff et Grégor Brandy
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14:19
14:17 Pour approfondir
Les Européens n’ont rien à attendre de la déroute de Donald Trump aux midterms
Les humiliations infligées par Donald Trump à ses alliés, notamment européens, depuis son retour à la Maison Blanche, font que personne n’a certainement été attristé par la déroute historique essuyée à l’occasion des élections de mi-mandat, le 3 novembre. Cette jubilation intérieure pourrait être de courte durée.
14:03 L’essentiel
Ce qu’il faut retenir, jeudi 5 novembre, à 14 heures
- La guerre en Iran divise le camp Trump. JD Vance lui attribue une grande partie de la défaite, tandis que Donald Trump affirme qu’il prendrait à nouveau la décision d’attaquer l’Iran. Le secrétaire à la défense, Pete Hegseth, est menacé d’une procédure de mise en accusation à l’initiative du républicain Thomas Massie.
- La bataille pour l’après-Trump est lancée. Ron DeSantis multiplie les critiques contre l’administration, tandis que Newt Gingrich estime la course à l’investiture républicaine de 2028 désormais ouverte. Marco Rubio apparaît comme un rival potentiel de JD Vance.
- Le soutien de Trump ne suffit plus à faire gagner. Selon un décompte du Guardian, 46 candidats soutenus par le président ont été battus à la Chambre et 11 au Sénat. Parmi ses candidats aux postes de gouverneur, neuf étaient élus, douze battus et deux scrutins restaient indécis mercredi soir.
- Deux élections au Sénat restent indécises. En Alaska, la démocrate Mary Peltola devance de 637 voix le républicain Dan Sullivan, selon le pointage cité par Le Monde. Dans le Mississippi, Scott Colom et Cindy Hyde-Smith sont également au coude-à-coude. Le dépouillement se poursuit.
- La victoire démocrate pourrait rebattre les cartes de la guerre en Ukraine. Volodymyr Zelensky espère une reprise de l’aide américaine. Dans la presse russe, plusieurs éditorialistes redoutent que Moscou ne dispose plus que de deux mois pour obtenir un accord avec Trump avant l’installation du nouveau Congrès, le 3 janvier 2027.
14:00 Vos questions
Musk, Soros et les autres : les milliardaires financent les deux camps, mais pas à parts égales
Bonjour, merci pour cette diversion. Les milliardaires financent les deux camps et leur influence mérite d’être examinée, sans exception.
Mais puisque vous évoquez George Soros, regardons les chiffres. Pour les élections américaines de 2026, parmi les grands donateurs républicains figurent Elon Musk (446 millions de dollars), les Uihlein (150 millions), les Yass (110 millions), Marc Andreessen et Ben Horowitz (92 millions) ou encore Miriam Adelson (68 millions).
Côté démocrate, on retrouve George Soros et ses structures (102 millions), Michael Bloomberg (84 millions) ainsi que Reid Hoffman et Michelle Yee (41 millions).
Selon le Washington Post, les 50 principaux donateurs et organisations ont versé 2,77 milliards de dollars pour les élections américaines de 2026, dont 1,67 milliard en faveur des républicains, contre 832 millions pour les démocrates, et 264 millions pour des intérêts particuliers ou bipartisans.
13:48
La victoire démocrate fait craindre aux républicains de perdre à terme leur majorité à la Cour suprême
La déroute républicaine aux élections de mi-mandat pourrait avoir des conséquences durables sur l’équilibre de la plus haute juridiction américaine. Avec la perte du Sénat, Donald Trump risque de ne plus pouvoir remplacer deux des juges conservateurs les plus âgés, Clarence Thomas, 78 ans, et Samuel Alito, 76 ans.
La Cour suprême compte actuellement six juges conservateurs contre trois progressistes. Mais à partir du 3 janvier 2027, la nouvelle majorité démocrate au Sénat pourra bloquer les nominations proposées par Donald Trump. Les républicains pourraient ainsi devoir attendre plusieurs années avant de pouvoir renouveler les sièges de Thomas et Alito.
Selon CNN, les deux magistrats n’envisagent pas de prendre leur retraite, malgré les résultats électoraux. Une décision qui alimente les inquiétudes des conservateurs, souligne également Reuters.
Le spectre de Ruth Bader Ginsburg ressurgit. La juge progressiste avait refusé de quitter la Cour lorsque Barack Obama était président. Sa mort en 2020 avait permis à Trump de nommer Amy Coney Barrett, consolidant la majorité conservatrice.
Comme le relève également le Washington Post, les républicains ne disposent plus que d’une courte fenêtre, avant l’installation du nouveau Sénat, pour espérer faire confirmer un éventuel successeur, à condition qu’un siège se libère.
Sur Le Monde aujourd’hui
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13:41
Mississippi : 150 ans après la Reconstruction, Scott Colom pourrait écrire l’histoire
Le dépouillement se poursuit dans le Mississippi, bastion républicain où le démocrate Scott Colom devançait jeudi matin la sénatrice sortante Cindy Hyde-Smith de 1 138 voix (49 % contre 48,9 %), avec 96 % des suffrages dépouillés, selon l’Associated Press.
L’issue pourrait dépendre de 15 000 bulletins provisoires, notamment déposés par des électeurs sans pièce d’identité avec photo ou absents des listes électorales. Certains auraient été classés à tort comme inactifs, selon CNN. Les électeurs devant fournir une pièce d’identité ont jusqu’au 10 novembre pour régulariser leur situation. Le résultat définitif pourrait ne pas être connu avant la semaine prochaine.
Une victoire démocrate constituerait un séisme politique et historique dans cet Etat remporté par Donald Trump avec près de 23 points d’avance en 2024. Scott Colom deviendrait le premier sénateur noir du Mississippi depuis la Reconstruction, qui a suivi la guerre de Sécession.
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13:03
« Téhéran nous déchire » : le « New York Post » ironise sur les divergences entre Donald Trump et J.D. Vance après la défaite républicaine
« TEHRAN US APART » (« Téhéran nous déchire »). C’est le titre choisi jeudi par le New York Post pour sa une, montrant un JD Vance les bras croisés, l’air contrarié, aux côtés de Donald Trump. Un jeu de mots sur les tensions au sommet de l’exécutif américain, au lendemain de la déroute républicaine aux élections de mi-mandat. L’ironie est que ce tabloïd conservateur new-yorkais avait autrefois été présenté par Trump lui-même comme son journal préféré, dans une publication sur Truth Social.
« La raison pour laquelle nous avons perdu, c’est la guerre », a écrit mercredi JD Vance sur X, attribuant la déroute républicaine aux élections de mi-mandat au conflit avec l’Iran. Le vice-président évoque aussi la hausse du coût de la vie et les relations avec Israël pour expliquer la désaffection d’une partie des électeurs de Trump. Donald Trump a reconnu que la guerre a pesé sur le scrutin, mais ne regrette rien. Il avait toutefois été informé du message de Vance avant sa publication et l’avait approuvé, selon le New York Post.
Derrière ces divergences se profile déjà la présidentielle de 2028. Interrogé sur une éventuelle candidature de son vice-président, Trump a surpris en répondant : « Peut-être qu’il ne se présentera pas ». JD Vance conserve néanmoins un allié de poids : Donald Trump Jr., qui a publiquement approuvé son analyse, déclarant en soutenir « chaque mot ».
12:51
JD Vance attribue la défaite républicaine à la guerre en Iran : Téhéran le raille et le défie de le dire directement à Trump
Téhéran n’en finit plus de savourer le revers électoral de Donald Trump. Mercredi, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a présenté la défaite des républicains aux élections de mi-mandat comme un rejet de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran. « Les Américains ont dit NON À LA GUERRE, et nous approuvons ce message », a-t-il écrit sur X.
Mercredi soir, des manifestants ont incendié une grande affiche représentant Donald Trump, JD Vance, l’émissaire américain Steve Witkoff et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, sur la place Enghelab, à Téhéran. Le même jour, JD Vance avait attribué la défaite républicaine à la guerre en Iran, tandis que Donald Trump reconnaissait l’impact du conflit sur le scrutin, tout en assurant qu’il prendrait à nouveau la même décision : « Je le referais ».
Jeudi, Mohammad Bagher Ghalibaf a directement répliqué au vice-président américain. « Votre patron prépare la prochaine phase de la guerre alors que l’Amérique vacille au bord du précipice du "Israël d’abord" », a-t-il écrit sur X. Il a ensuite raillé les longues explications de JD Vance, les comparant à une conférence TED, ces présentations publiques destinées à exposer des idées : « Epargnez-nous votre conférence TED. Pourquoi ne dites-vous pas cela à votre patron ? »
12:37 Vu ailleurs
Après la défaite de Trump, la presse russe s’inquiète d’une fenêtre diplomatique qui se referme
« Donald Trump est probablement soulagé de ne pas parler russe. » D’entrée de jeu, Steve Rosenberg, correspondant de la BBC à Moscou, donne le ton de sa revue de presse de jeudi : les journaux russes étrillent le président américain après la déroute républicaine aux élections de mi-mandat. Entre critiques acerbes et inquiétudes pour l’avenir des relations entre Washington et Moscou, sa vidéo offre un aperçu du regard porté par la presse russe sur la défaite de Trump, sans pour autant refléter la position officielle du Kremlin.
Le quotidien gouvernemental Rossiïskaïa Gazeta estime que le soutien de Trump aux candidats républicains leur a davantage nui que profité. Il évoque une défaite catastrophique et la perspective d’enquêtes parlementaires visant le président, sa famille et son entourage, notamment sur des soupçons de corruption et ses liens avec Jeffrey Epstein.
Mais c’est surtout l’avenir des relations entre Washington et Moscou qui préoccupe la presse russe. Selon Steve Rosenberg, les journaux retiennent trois enseignements du scrutin : un désastre politique pour Trump, le risque d’un coup d’arrêt au rapprochement russo-américain et une fenêtre d’opportunité qui pourrait se refermer dans deux mois.
Plusieurs éditorialistes considèrent en effet que Moscou n’a plus que jusqu’au 3 janvier 2027, date d’entrée en fonction du nouveau Congrès dominé par les démocrates, pour obtenir de Donald Trump un accord sur l’Ukraine. Ils redoutent que les élus démocrates ne réclament une reprise de l’aide militaire à Kiev, de nouvelles sanctions contre la Russie et un contrôle renforcé des négociations menées par Steve Witkoff et Jared Kushner. Le quotidien russe Kommersant appelle Moscou à profiter au maximum des deux mois qui restent avant l’entrée en fonction du nouveau Congrès américain pour tenter de parvenir à un accord sur l’Ukraine.
Steve Rosenberg souligne toutefois le paradoxe de la situation : le Kremlin a bénéficié de plusieurs décisions de Trump, notamment du gel de certaines sanctions et de l’achat de diesel russe. Mais il n’a toujours pas obtenu l’essentiel : que Washington fasse pression sur Kiev et les Européens pour leur imposer une paix aux conditions de Moscou.
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12:22 Vos questions
Les républicains cherchent des responsables et se déchirent déjà sur l’après-Trump
A qui la faute ? Au lendemain de leur défaite historique aux élections de mi-mandat, les républicains se livrent à un véritable « blame game », entre critiques de la guerre en Iran, accusations contre le Pentagone et luttes de pouvoir au sein du parti.
JD Vance désigne un responsable : la guerre en Iran. « La raison pour laquelle nous avons perdu, c’est la guerre », a écrit mercredi le vice-président sur X. Il souligne que des électeurs de Trump en 2024 ont voté démocrate deux ans plus tard, réclamant la fin du conflit, une baisse des prix et une révision des relations avec Israël. Selon le New York Times, J.D. Vance avait soumis son message à Trump avant sa publication.
Pete Hegseth pourrait servir de bouc émissaire. Comme le signale CNN, plusieurs élus accusent le secrétaire à la défense Pete Hegseth d’avoir poussé à une guerre sans stratégie de sortie. Le républicain Thomas Massie veut provoquer un vote de mise en accusation dès la semaine prochaine. Ted Cruz a parlé d’un « tsunami bleu », mettant en cause les droits de douane, la guerre et la hausse des prix qui pèse sur les ménages américains.
La crise gagne également la direction du parti. Selon Axios, la défaite a déclenché une lutte pour les postes de responsabilité à la Chambre des représentants, notamment autour de Steve Scalise et Jim Jordan. Les républicains doivent désigner leurs nouveaux dirigeants la semaine prochaine.
En toile de fond se dessine déjà la bataille pour 2028. Selon CNN, Ron DeSantis, qui qualifie le revers républicain d’« événement de nature à provoquer l’extinction » du parti, multiplie les critiques contre l’administration Trump. L’ancien président de la Chambre Newt Gingrich estime désormais que la course à l’investiture républicaine est « complètement ouverte », remettant en question le statut de favori de JD Vance.
Dans The Atlantic, le chroniqueur Jonathan Chait estime qu’en imputant la défaite à la guerre en Iran, le vice-président cherche non seulement à prendre ses distances avec Trump sans rompre avec lui, mais aussi à fragiliser un rival potentiel : Marco Rubio. Le secrétaire d’Etat, partisan d’une politique étrangère plus interventionniste, s’est montré l’un des principaux défenseurs de l’offensive contre l’Iran.
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11:46
Après avoir misé sur Trump, les milliardaires de la tech dans le viseur des démocrates
Elon Musk, Jeff Bezos, Mark Zuckerberg : les géants de la Silicon Valley, qui s’étaient rapprochés de Donald Trump, pourraient désormais subir les conséquences de la victoire démocrate aux élections de mi-mandat. Avec le contrôle des deux chambres du Congrès, les démocrates disposent de nouveaux moyens pour enquêter sur les grandes entreprises technologiques, souligne The Guardian.
La menace d’enquêtes parlementaires se précise. Les démocrates pourraient examiner les contrats publics des géants de la tech, leurs relations avec l’administration Trump et leurs pratiques commerciales. Ces investigations, menées par des commissions du Congrès, ne constituent pas des procédures judiciaires : elles permettent notamment de convoquer des dirigeants, d’exiger des documents et d’organiser des auditions, sans pouvoir prononcer elles-mêmes de condamnations pénales.
Elon Musk apparaît particulièrement exposé. Selon le Washington Post, le milliardaire a consacré plus de 400 millions de dollars au soutien des républicains, notamment à Ken Paxton, battu au Texas. Son rôle dans l’administration Trump, ses contrats publics et ses activités dans l’intelligence artificielle pourraient désormais faire l’objet d’investigations parlementaires.
Autre menace pour la Silicon Valley : les restrictions sur la construction de centres de données nécessaires au développement de l’IA, dont la consommation d’électricité et d’eau suscite une opposition croissante. Selon Reuters et le Financial Times, les nouveaux gouverneurs démocrates du Texas, de l’Ohio et de la Géorgie ont promis de suspendre ou de limiter leur construction.
Les entreprises anticipent déjà un contrôle accru du Congrès. Selon Bloomberg, plusieurs cabinets d’avocats préparaient leurs clients à une vague d’enquêtes parlementaires. Amazon, Apple, Microsoft, Nvidia et Meta figuraient parmi les entreprises susceptibles d’être interrogées sur leurs pratiques commerciales, leurs contrats ou leurs relations avec la Maison Blanche. Nvidia et Amazon ont déjà reçu des demandes de conservation de documents en vue d’éventuelles investigations, confirme The Guardian. « Ils vont devoir planter de nouvelles forêts pour toutes les convocations que nous allons imprimer », a ironisé le sénateur démocrate Ed Markey.
Pour The Guardian, le pari des milliardaires de la Silicon Valley sur Donald Trump pourrait ainsi se retourner contre eux, alors que la colère contre les grandes fortunes, l’IA et le coût de la vie a contribué à la victoire démocrate.
11:25 Vu ailleurs
Un « tsunami démocrate » sans précédent depuis cinquante ans, selon le « New York Times »
« Il n’existe aucun précédent moderne à un tel tsunami démocrate. » Pour Nate Cohn, principal analyste politique du New York Times, les élections de mi-mandat du 3 novembre marquent un effondrement historique de la coalition républicaine et la plus large victoire électorale d’un parti depuis cinquante ans.
Selon les estimations du quotidien, les démocrates devraient remporter le vote populaire national pour la Chambre des représentants avec 13 points d’avance, soit leur plus forte marge depuis les élections de 1974 et 1976, dans le sillage du scandale du Watergate.
Au Sénat, la performance est encore plus spectaculaire : les démocrates ont déjà remporté au moins cinq sièges dans des Etats qui penchaient de plus de dix points vers les républicains lors de la précédente présidentielle. Ils pourraient en gagner sept, un résultat inédit depuis un demi-siècle. Le Texas et le Kansas, bastions républicains depuis des décennies, ont notamment basculé.
Le bouleversement est particulièrement marqué chez les jeunes et les électeurs hispaniques. Selon les premières estimations du New York Times, les démocrates ont recueilli 70 % des voix des jeunes électeurs, contre 28 % aux républicains, alors que Kamala Harris n’avait obtenu que 53 % de leurs suffrages en 2024. Chez les Hispaniques, ils atteignent 69 %, contre 54 % pour Harris deux ans plus tôt. Les démocrates auraient également remporté le vote masculin et obtenu 48 % des suffrages des électeurs blancs, tout en progressant parmi les Blancs non diplômés de l’université.
Pour Nate Cohn, Donald Trump a progressivement défait la coalition qui lui avait permis de revenir au pouvoir en 2024. Les droits de douane, la hausse des prix des carburants, la guerre en Iran, les excès de sa politique migratoire et sa gestion du dossier Epstein auraient détourné de lui une partie des jeunes, des classes populaires et des électeurs hispaniques. Mais le phénomène dépasse les seuls électeurs traditionnellement démocrates : dans plusieurs territoires conservateurs, une partie de l’électorat républicain a cette fois choisi de voter démocrate.
11:15
Lauren Boebert, figure du mouvement MAGA, menacée de perdre son siège dans le Colorado
Bonjour, les deux situations sont assez différentes.
Lauren Boebert, figure très médiatique du mouvement MAGA, est en difficulté dans la 4e circonscription du Colorado. Selon les résultats de l’Associated Press, actualisés jeudi, la démocrate Eileen Laubacher arrive en tête avec 176 162 voix (48,7 %), contre 173 649 voix (48 %) pour Lauren Boebert, députée républicaine sortante. Le libertarien Douglas Mangeris recueille 11 669 voix (3,2 %). L’écart n’est que de 2 513 voix, alors que 93 % des suffrages estimés ont été dépouillés. La course reste donc très serrée et aucun vainqueur n’est encore officiellement désigné.
La géographie du vote révèle de fortes disparités. Lauren Boebert domine largement plusieurs comtés ruraux, notamment Kiowa (+ 70,9 points), Cheyenne (+ 65,1 points) et Baca (+ 56 points). Mais Laubacher bénéficie d’une avance importante dans le comté de Larimer (+ 18,6 points), où plus de 51 000 voix ont été comptabilisées, ainsi que dans celui d’Arapahoe (+ 25,7 points), où le dépouillement n’est achevé qu’à 75 %.
Marjorie Taylor Greene, en revanche, n’était pas candidate. Après sa rupture avec Donald Trump, elle a démissionné du Congrès en janvier 2026. Son ancien siège, dans la 14e circonscription de Géorgie, a été remporté lors d’une élection partielle en avril par le républicain Clay Fuller, soutenu par Trump. Ce dernier a également remporté le scrutin du 3 novembre.
11:03
Pete Hegseth menacé de destitution après la défaite républicaine, malgré le soutien de Trump
Pete Hegseth, le secrétaire à la défense américain pourrait faire l’objet d’un vote de mise en accusation dès la semaine prochaine à la Chambre des représentants, rapporte CNN. Au lendemain de la déroute républicaine aux élections de mi-mandat, plusieurs élus du parti cherchent à lui faire porter une partie de la responsabilité de la guerre en Iran et de ses conséquences électorales.
Le républicain Thomas Massie, élu du Kentucky et critique de Donald Trump, a annoncé son intention de provoquer un vote dès la reprise des travaux du Congrès. Selon plusieurs sources républicaines citées par CNN, cette initiative pourrait recueillir suffisamment de voix pour être adoptée.
Pete Hegseth est notamment accusé, au sein de son propre camp, d’avoir convaincu Donald Trump d’attaquer l’Iran sans stratégie de sortie, en surestimant les chances d’une victoire rapide. La prolongation du conflit et la flambée des prix de l’énergie auraient contribué au rejet des républicains dans les urnes.
Donald Trump lui a toutefois renouvelé son soutien mercredi. Interrogé sur l’avenir de son ministre, le président américain a assuré qu’il faisait « du très bon travail » et exclu, à ce stade, de le limoger. Il a également défendu sa décision d’entrer en guerre contre l’Iran : « Si c’était à refaire, je serais obligé de le refaire ».
Pete Hegseth, de son côté, entend rester en poste et combattre toute procédure de destitution. Son porte-parole a assuré qu’il était « pleinement déterminé » à diriger le Pentagone jusqu’à la fin du mandat de Donald Trump.
Une mise en accusation par la Chambre ne provoquerait pas automatiquement son départ : sa destitution nécessiterait ensuite une condamnation par le Sénat à la majorité des deux tiers.
10:58
Volodymyr Zelensky espère un soutien accru des Etats-Unis à l’Ukraine après la victoire des démocrates aux midterms
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué la large victoire des démocrates aux élections américaines de mi-mandat, espérant que le nouveau rapport de force au Congrès permettra à Kiev de bénéficier d’une aide financière et militaire renforcée.
« Je suis également reconnaissant envers les républicains, mais les démocrates parlent très clairement de soutenir l’Ukraine, de lui apporter de l’aide. Ils parlent aussi de renouer les liens entre les Etats-Unis et l’Europe », a-t-il déclaré dans un entretien accordé à la chaîne publique allemande ZDF, dont la diffusion à la télévision est prévue vendredi. « Il y a donc l’espoir qu’un équilibre des pouvoirs s’installe et que nous recevions davantage de soutien », a poursuivi le président ukrainien.
M. Zelensky estime qu’un engagement plus fort du Congrès américain pourrait également peser sur Moscou. « Si le Congrès se prononce maintenant en faveur d’un soutien financier important ou d’une aide militaire, comme l’Europe le fait aujourd’hui, ce sera une évolution positive qui aura une influence sur Poutine », a-t-il affirmé.
Les démocrates qui ont remporté le contrôle des deux chambres du Congrès lors du scrutin du 3 novembre prendront leurs fonctions en janvier 2027, ce qui pourrait leur permettre de relancer les initiatives d’aide à l’Ukraine, malgré les désaccords avec l’administration Trump.
10:40
« Un tsunami bleu, une véritable raclée » : le sénateur républicain Ted Cruz étrille son camp après la défaite aux midterms
Bonjour,
en effet, il s’est présenté à la primaire républicaine et a perdu. Hier, au lendemain de la défaite de son parti, le sénateur républicain du Texas n’a pas mâché ses mots : « Ce n’était pas simplement une vague bleue, c’était un tsunami bleu. Une véritable raclée ».
Dans son podcast Verdict with Ted Cruz et dans une longue publication sur les réseaux sociaux, il a comparé le revers électoral des républicains à un « désaveu comparable à celui du Watergate », après la perte du contrôle des deux chambres du Congrès et le basculement du Texas dans le camp démocrate. « L’histoire s’est écrite hier soir. Malheureusement, ce n’est pas une histoire à célébrer », a-t-il écrit. « Le Texas est bleu. C’est une phrase difficile à prononcer. Mais aujourd’hui, au moins, le Texas est bleu », a-t-il reconnu.
Ted Cruz un allié de Donald Trump, dont il avait soutenu le candidat au Sénat, Ken Paxton, a directement mis en cause deux politiques majeures de Donald Trump : les droits de douane et la guerre en Iran. « Les droits de douane ont rendu tout trop cher et la guerre en Iran dure depuis trop longtemps », a-t-il déclaré, avant d’énumérer les difficultés économiques des Américains : « La nourriture est trop chère, l’essence est trop chère, le diesel est trop cher, les assurances sont trop chères, la vie est trop chère ».
Le sénateur dit avoir téléphoné au démocrate James Talarico, vainqueur de Ken Paxton dans la course au Sénat au Texas, pour le féliciter. Il s’est dit prêt à travailler avec lui sur les dossiers concernant leur Etat.
10:28
L’accord de Donald Trump avec la Russie sur le diesel tourne court
C’était l’une des initiatives de la Maison Blanche pour tenter d’enrayer la flambée des prix des carburants à l’approche des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Mais l’accord conclu entre Donald Trump et Vladimir Poutine pour importer du diesel russe semble aujourd’hui compromis, rapporte le Financial Times. Selon les données de suivi maritime de MarineTraffic, deux des trois premiers pétroliers chargés de diesel russe ont modifié leur destination déclarée.
Le Talisman (IMO : 9292060), un navire russe sous sanctions américaines, britanniques et européennes, a gagné la Méditerranée, au large de l’Algérie, et signale désormais « For Orders », ce qui signifie qu’aucun port de déchargement n’est confirmé. Le Leruo (IMO : 9385831), battant pavillon sierra-léonais et également visé par des sanctions occidentales, a indiqué le Brésil comme nouvelle destination. Le troisième pétrolier, Agioi Fanendes (IMO : 9798375), semble toujours faire route vers les Etats-Unis, mais son port de déchargement reste à confirmer. Selon Kpler, cité par l’AFP, les trois cargaisons représentaient environ 924 000 barils de diesel russe.
Ces changements de destination déclarée ne signifient pas nécessairement que les livraisons ont été définitivement annulées. Mais les acheteurs américains hésitent à réceptionner ces cargaisons, notamment en raison des sanctions et des risques juridiques. La gouverneure démocrate du New Jersey, Mikie Sherrill, a averti les opérateurs portuaires qu’ils s’exposeraient à de lourdes pénalités s’ils accueillaient du diesel russe.
Ce revers intervient alors que les stocks américains de diesel sont tombés sous les 100 millions de barils, une première depuis plus de vingt ans, selon le Financial Times.
10:07 Vos questions
Bonjour,
Non, tous les sièges n’ont pas basculé dans le même sens. Si la vague démocrate a largement dominé ces élections de mi-mandat, les républicains ont également remporté au moins un siège précédemment détenu par les démocrates.
C’est notamment le cas de la 32e circonscription du Texas, où le républicain Jace Yarbrough a battu le démocrate Dan Barrios. Ce siège était jusqu’ici détenu par la démocrate Julie Johnson, qui s’est présentée dans une autre circonscription après le redécoupage électoral. Les nouvelles limites de la 32e circonscription avaient été dessinées pour favoriser les républicains.
Mais les résultats encore incomplets ne permettent pas d’établir un bilan définitif des basculements dans l’autre sens.
09:59
Comment les démocrates ont fait basculer le Texas, bastion républicain depuis trente ans
Le Texas a basculé dans le camp démocrate à tous les échelons du pouvoir, une première depuis plus de trente ans. James Talarico a remporté un siège au Sénat américain, Gina Hinojosa a battu le gouverneur républicain Greg Abbott et les démocrates ont également repris le contrôle de la Chambre des représentants de l’Etat. Cette victoire, également documentée par le Texas Tribune, dépasse les seules grandes villes traditionnellement démocrates.
Le basculement est spectaculaire : les 254 comtés du Texas ont évolué en faveur des démocrates par rapport à la présidentielle de 2024, selon une analyse du New York Times. Dans la course au Sénat, 28 comtés remportés par Donald Trump il y a deux ans ont voté démocrate, notamment dans les banlieues de Dallas et de Houston, les zones rurales et le long de la frontière mexicaine.
Le retournement de l’électorat hispanique a été décisif. Alors que Trump avait réalisé d’importantes percées auprès de ces électeurs en 2024, les démocrates les ont remportés avec 42 points d’avance en 2026, selon les estimations préliminaires du New York Times. Treize comtés ruraux sont passés du rouge au bleu, dont douze à majorité hispanique. Le Washington Post souligne également l’importance du basculement des électorats hispanique et jeune. Chez les 18-29 ans, les démocrates ont obtenu une avance de 44 points, selon les données du New York Times.
Autre revers pour les républicains : leur redécoupage électoral, destiné à consolider leur domination à la Chambre des représentants, s’est retourné contre eux. Les démocrates ont remporté quatre des cinq circonscriptions redessinées à l’avantage des républicains.
Cette victoire marque une rupture majeure avec les élections précédentes, sans garantir pour autant que le Texas restera durablement démocrate.
Lire aussi :
09:49 Ce que nous lisons
Donald Trump victime des ressorts politiques qui ont fait son succès, selon « Politico »
La colère et le ressentiment qui ont porté Donald Trump au pouvoir se retournent désormais contre lui. C’est l’analyse de John F. Harris, cofondateur de Politico, au lendemain de la vague démocrate qui a fait perdre aux républicains le contrôle des deux chambres du Congrès.
Selon l’éditorialiste, Donald Trump a provoqué deux grands mouvements politiques : celui qui l’a porté à la Maison Blanche en 2016, puis en 2024, et celui qui vient de mobiliser les électeurs contre lui. Dans les deux cas, le président américain a été au centre de la campagne.
Le rejet de la guerre en Iran, la hausse du coût de la vie, les expulsions massives de migrants et les attaques contre ses adversaires politiques ont contribué, selon Harris, à fédérer un électorat démocrate bien au-delà de sa base traditionnelle.
Une analyse du New York Times citée par Politico fait état d’un basculement de 15 points en faveur des démocrates par rapport à 2024, atteignant 28 points parmi les électeurs hispaniques.
Trump a également pesé directement sur certaines défaites républicaines, notamment en imposant Ken Paxton au Texas et Darline Graham en Caroline du Sud.
Contrairement à Bill Clinton après 1994 ou Barack Obama après 2010, qui avaient tenté de réorienter leur présidence après une défaite aux élections de mi-mandat, Donald Trump ne semble pas disposé à changer de cap, estime l’éditorialiste.
Le président a affirmé que les résultats auraient été différents s’il avait personnellement figuré sur le bulletin de vote. Mais, rappelle l’éditorialiste, Donald Trump avait lui-même demandé à plusieurs reprises aux électeurs de faire de ces midterms un référendum sur sa personne. « Il a demandé aux électeurs de faire de cette élection un référendum sur sa personne. Et ils l’ont pris au mot », conclut l’éditorialiste.
Le contexte
Ce live a également été animé par Pierre Bouvier, Jacky Goldberg, Nadir Chougar, ainsi que Aude Guerrucci et Emile Drousie (service Photo).
Le Monde tient un direct consacré aux midterms, les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, où les démocrates ont signé une victoire sans appel mardi 3 novembre avec une majorité acquise aux deux chambres du Congrès américain.
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Notre précédent live sur ces élections de mi-mandat est accessible grâce à ce lien.
Source: Le Monde · Christophe Sales (service photo), Luc Vinogradoff et Grégor Brandy
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