Par Marion Prost

Publié le 29/10/2026 à 18h57, mis à jour le 29/10/2026 à 19h39

Donald Trump affirme que son soutien a «beaucoup» aidé Netanyahou aux législatives en Israël

Une enquête de Politico publiée ce jeudi 29 octobre révèle les divergences au sein du camp présidentiel américain sur l’avenir du pouvoir israélien, entre fidélité personnelle et ambitions diplomatiques au Moyen-Orient.

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Donald Trump n’a jamais caché qu’il voulait voir Benyamin Netanyahou reconduit à la tête du gouvernement israélien ; certains de ses proches, en revanche, espéraient que les électeurs l’en chasseraient. Après les législatives du mardi 27 octobre, d’anciens responsables de son administration ont confié à Politico  leur déception devant un scrutin qui place le parti du premier ministre en tête des suffrages. «Une certaine lassitude à l’égard de Netanyahou» s’est installée à Washington, confie un ancien membre de l’administration Trump, sous couvert d’anonymat.

Le vote n’a pourtant désigné aucun vainqueur capable de gouverner seul. Selon les résultats provisoires, le bloc de droite, conduit par Netanyahou, arrive en tête, mais perd sa majorité absolue à la Knesset, le Parlement israélien. Ni lui ni l’opposition menée par Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée, ne disposent d’une voie assurée vers les 61 députés nécessaires pour constituer une majorité sur 120 sièges. Il leur faut désormais négocier une coalition. En attendant, Netanyahou reste en fonctions ; faute d’accord, de nouvelles élections pourraient être nécessaires.

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Cette prolongation contrarie certains proches de Trump qui espéraient un interlocuteur plus accommodant. Ils souhaitent notamment que Washington puisse mettre fin à son engagement militaire contre l’Iran, alors que Netanyahou plaide pour poursuivre l’offensive. Une partie des partisans du président américain reproche d’ailleurs au dirigeant israélien d’avoir poussé les États-Unis à entrer dans cette guerre. Selon Politico, le vice-président JD Vance a même défendu un accord entre Washington et Téhéran auquel Israël s’opposait. Il s’est aussi abstenu de soutenir Netanyahou avant le scrutin, tout en précisant qu’il ne souhaitait pas intervenir dans une élection étrangère.

La majorité n’y est pas

À l’inverse, Trump avait apporté son soutien au premier ministre israélien sortant, dans un message publié le 18 octobre sur Truth Social, affirmant vouloir poursuivre avec lui l’action contre l’Iran. Selon un ancien responsable de la Maison-Blanche cité par Politico, Trump avait peu à perdre en soutenant Netanyahou : si celui-ci reste au pouvoir, il lui sera redevable ; si l’opposition lui succède, elle cherchera de toute façon à obtenir l’appui des États-Unis.

Certains républicains souhaiteraient donc que Netanyahou reste au pouvoir, mais gouverne avec des partis d’opposition plutôt qu’avec ses alliés d’extrême droite. Ils espèrent ainsi écarter les ministres Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, qui prônent le départ des Palestiniens de Gaza. Cette position complique les projets de Trump : pour faire appliquer son plan de paix à Gaza et obtenir un rapprochement entre Israël et les pays arabes, le président américain a besoin d’accords que ces derniers puissent accepter. Selon un ancien responsable cité par Politico, un gouvernement israélien sans ces deux ministres serait plus disposé à consentir les compromis nécessaires.

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Le départ de Netanyahou ne garantirait pourtant pas à Washington un gouvernement acquis à toutes ses vues. Son principal adversaire, Gadi Eisenkot, promet d’appliquer le plan américain pour Gaza, mais refuse lui aussi la création d’un État palestinien et veut mettre fin au pouvoir du Hamas. Les proches de Trump qui souhaitaient une alternance espéraient surtout un dirigeant plus disposé à négocier avec les États-Unis. Leur préférence n’a pas infléchi la position du président : mercredi 28 octobre, malgré l’absence de majorité au Parlement israélien, Trump se félicitait du résultat de Netanyahou et assurait que son soutien l’avait aidé dans les urnes.

Source: Le Figaro · Marion Prost

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