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A Bedous, dans le Béarn, des associations environnementales s’inquiètent des effets d’un projet hydroélectrique sur le desman des Pyrénées, une espèce endémique menacée d’extinction. Saisie, la cour administrative d’appel de Bordeaux devrait se prononcer sur le projet mardi 3 novembre.

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Un desman des Pyrénées sur un rocher, en Occitanie, le 19 septembre 2011.

Haut dans le ciel, les vautours tourbillonnent au-dessus du Gabarret. Hormis un moulin sur son cours en aval, ce torrent est l’un des derniers à avoir conservé un caractère sauvage dans les Pyrénées. « Les gens de passage s’exclament à chaque fois : “Ah ! qu’est-ce que c’est vert !” », raconte le pêcheur Jean-Claude Bourdelas, en montrant la végétation qui entoure le cours d’eau. Il s’écoule d’Aydius à Bedous sur une dizaine de kilomètres avant de se déverser dans l’Aspe, la principale rivière de cette vallée du Haut-Béarn, dans les Pyrénées-Atlantiques.

Depuis 2005, les deux villages portent un projet contesté de microcentrale hydroélectrique sur le Gabarret. A la clé, une production d’énergie décarbonée qui devrait alimenter 3 000 foyers en électricité, mais les effets sur la biodiversité inquiètent des associations environnementales, qui ont porté l’affaire devant la justice.

Dans ce site Natura 2000 (un réseau européen de zones de conservation de la nature), l’enjeu de préservation est considéré comme « fort » pour le desman des Pyrénées, un mammifère semi-aquatique de la famille des talpidés (apparentés aux taupes). « Il est inféodé aux cours d’eau turbulents, caractérisés par de la pente, avec la présence de blocs qui créent des anfractuosités où il se réfugie pour capturer ses proies, qui sont des invertébrés aquatiques », décrit Loan Arguel, docteur en biologie de la conservation, qui a consacré une thèse à l’animal endémique.

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Source: Le Monde · Zoltan Bach

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