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Analyse
Laurence David
Les taux séduisants, mais temporaires, masquent la rémunération réelle de ce placement. Ces rendements dopés, souvent réservés aux gros versements ou conditionnés à l’achat d’unités de compte risquées, creusent les inégalités entre les épargnants.
Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 2 min.
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Pratiquées de longue date, les stratégies commerciales qui consistent à doper le taux de rendement plancher des fonds en euros des contrats d’assurance-vie ont pris un tour nouveau avec la généralisation de ce que l’on appelle les « boosters ». « Il s’agit de promotions temporaires qui ont pour objectif de capter des liquidités afin de permettre aux opérateurs d’acheter des obligations à taux élevés pour rehausser le rendement moyen de leurs actifs », explique Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du site Goodvalueformoney.eu.
En soi, ce principe est plutôt vertueux, puisque, en plus de profiter immédiatement aux épargnants concernés, il contribue à consolider le rendement futur des fonds en euros. Le problème tient plutôt aux inégalités que ces derniers creusent entre assurés et aux erreurs d’appréciation qu’induit bien souvent une lecture trop rapide du rendement promotionnel affiché. Rares sont les bonus équitables mis en place par des enseignes mutualistes comme Matmut (taux bonifié de 5 % sur les versements réalisés du 1er avril au 30 juin), Carac (+ 1 % supplémentaire pour tous les versements effectués en 2026, susceptible de grimper à 1,5 % si le montant investi excède 250 000 euros) ou encore la MIF (1,05 % de bonus pour tous versements de 500 euros à 500 000 euros enregistrés entre le 1er avril et le 31 juillet). Dans la plupart des cas, les taux promus sont soumis à des conditions restrictives.
Pour y voir clair, quelques repères s’imposent. Le premier, c’est de garder en tête le caractère ponctuel de ces bonus. Même si, dans nombre d’annonces, ils sont présentés comme valables deux ans durant (en 2026 et 2027), cette période de validité ne recoupe pas celle d’application du taux promotionnel : la majoration s’effectuera prorata temporis sur le seul périmètre des versements concernés, enregistrés durant une période donnée (trois, quatre, six mois…).
Montants planchers importants
Une fois cette règle identifiée, il convient ensuite de scruter les conditions d’accès à ces promotions : des montants planchers de plusieurs milliers ou dizaines de milliers d’euros sont parfois requis, des plafonds de versement sont également fréquents et la détention d’une quote-part minimale d’unité de compte (UC, des placements risqués) est souvent imposée pour profiter du taux bonifié du support en euros.
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Source: Le Monde · Laurence David
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