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PORTRAIT - Avec La Dislocation, l’anthropologue prévient qu’il a « débordé ». Accusé d’être poutinien, islamo-gauchiste et antiaméricain, il se décrit comme un Occidental à l’ancienne, fidèle aux idéaux de son enfance. Rencontre avec un provocateur qui jure ne pas l’être.
Disons-le d’emblée : Emmanuel Todd est l’un des intellectuels les plus détestés de France. Et pourtant, c’est un personnage immensément sympathique. Dans une République des lettres qui se prend très au sérieux, il détonne par sa décontraction. On sonne chez lui avec trois quarts d’heure de retard. « Cela m’a laissé le temps de faire le ménage », glisse-t-il, rigolard. La conversation démarre aussitôt sur les chapeaux de roues. On pose une question, il répond par trois digressions, une anecdote familiale et une blague à la limite du mauvais goût. Puis il revient au sujet par des chemins que lui seul connaît. Les fulgurances côtoient les approximations. Et l’on ne sait jamais si la phrase suivante sera géniale ou indéfendable. Lui rit de ses propres audaces. Flegme britannique, humour ashkénaze, autodérision : difficile de ne pas être séduit par un tel cocktail !
Mais l’enjeu est de comprendre une pensée que d’aucuns jugent sulfureuse. Pestiféré à l’université, banni des…
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Source: Le Figaro · Alexandre Devecchio
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