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L’attaque d’un bar de supporters de foot et l’agression de jeunes catholiques dans une fête foraine lors de la soirée du 31 octobre ont suscité l’émoi dans l’agglomération normande. Sur fond d’activisme identitaire et de supposées ripostes, élus et riverains s’inquiètent d’un engrenage.
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Ce devrait être la liesse au Corner, le bar historique des supporters du FC Rouen, à Sotteville-lès-Rouen, dans le sud de l’agglomération rouennaise. Leur équipe de football est deuxième de Ligue 3, à un point seulement du leader. Mais c’est plutôt la consternation et la fébrilité qui règne dans le bar-PMU-FDJ annoncé par une enseigne en forme de ballon de football. Comment se passera le prochain match, samedi 7 novembre contre le SC Bastia ? Les spectateurs seront-ils au rendez-vous ? Est-ce dangereux d’y venir avec des enfants ?
Ces questions agitent Le Corner depuis l’attaque, samedi 31 octobre en fin d’après-midi, des clients de l’établissement par un groupe non identifié. Le patron, Matthieu Gasull, barbe courte et front soucieux, est tout à la fois effondré, révolté et inquiet. Il est furieux contre la presse qui, pêle-mêle, déforme ses propos, tire des conclusions hâtives ou minimise les faits. Une réaction normale tant les incidents ont placé cet homme de 38 ans et sa famille dans la tourmente. Il reçoit sur son téléphone des menaces anonymes, des appels masqués : « C’est vous le bar raciste ? » Il est écœuré. « Comment peut-on croire que je suis raciste ? Mon associé est portugais, je suis à moitié espagnol et ma femme est marocaine. »
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Source: Le Monde · Christophe Ayad
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