Climat Environnement

La ministre française de la Transition écologique estime néanmoins que l'accord trouvé "n'est pas à la hauteur des enjeux"

France Télévisions

Publié le 31/10/2026 08:14

Temps de lecture : 2min

Session plénière à la COP 17 sur la biodiversité à Erevan en Arménie le 30 octobre 2026 (KAREN MINASYAN / AFP)
Session plénière à la COP 17 sur la biodiversité à Erevan en Arménie le 30 octobre 2026 (KAREN MINASYAN / AFP)

Un débouché final mais les interrogations subsistent. Le monde s'est accordé dans la nuit de vendredi 30 octobre à samedi 31 octobre sur des textes clés pour protéger la nature à la COP17 sur la biodiversité en Arménie, à l'issue de deux semaines d'âpres négociations qui ont aussi mis en lumière des divergences persistantes sur certains sujets épineux.

Des applaudissements ont retenti peu après l'ouverture nocturne de la session finale quand le ministre arménien de l'Environnement, Hambardzum Matevosyan, a annoncé l'adoption de deux textes importants ayant fait l'objet de compromis. "Et voilà. Parfait", a-t-il déclaré, visiblement soulagé.

Le premier texte adopté est censé représenter un "examen mondial" de l'accord sur la biodiversité de Kunming-Montréal de 2022, considéré comme l'équivalent de l'Accord de Paris sur le climat. Cet accord fixe 23 objectifs à respecter d'ici 2030 tels que la protection de 30 % des terres et des océans, la lutte contre la pollution et la restauration des écosystèmes dégradés. Mais quasiment tous sont en retard. Le texte adopté à la COP17 vise à remettre les États sur les rails.

"Bien que le texte ne soit ni particulièrement exaltant ni détaillé, le simple fait que les pays ont pu trouver un accord est une bonne nouvelle", a estimé Catherine Weller, de l'ONG Fauna et Flora. Dans un document de travail, les pays étaient appelés à "accélérer" leurs efforts. Il était également souligné qu'un "renforcement des mesures" visant à s'attaquer aux causes profondes de la perte de la biodiversité était nécessaire, mais sous plusieurs formulations.

Pendant les négociations, la question des subventions et autres incitations aux activités nuisibles à la nature, comme l'exploitation pétrolière, a été vivement discutée. "Même si la décision finale le dit en des termes assez faibles, on a senti un élan politique important sur le sujet des incitations financières néfastes, y compris sur les subventions", a estimé An Lambrechts, de Greenpeace International à l'AFP.

Le deuxième texte adopté concerne l'argent, la question étant de savoir qui doit payer pour atteindre les objectifs financiers fixés pour 2030. Un chiffon rouge à l'heure où les finances publiques sont dégradées partout dans le monde. L'Union européenne a tenté pendant la COP de convaincre les grands pays émergents, notamment la Chine, d'entrer sur la liste officielle des donateurs, non actualisée depuis 2006.

Dans un document de travail, il était proposé que des Etats puissent volontairement se manifester s'ils souhaitent être inclus dans cette liste. "Les discussions sur l'élargissement de la base des pays contributeurs progressent et devront se poursuivre", a relevé la ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, dans une déclaration transmise à l'AFP. Mais pour elle, le bilan de la COP17 dans son ensemble n'est "pas à la hauteur des enjeux". "Les avancées que nous n'avons pas réussi à obtenir ici sont autant d'occasions manquées d'accélérer notre réponse à la disparition de la biodiversité".

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Source: Franceinfo · franceinfo avec AFP

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