À 28 ans, le pilier droit du Stade Toulousain peut rêver à une participation à la Coupe du monde 2027, s’il s’en donne les moyens. Sa carrière peine néanmoins à retrouver de l’allant depuis deux saisons.
Principal chantier du XV de France en vue de la Coupe du monde en Australie (1er octobre-13 novembre 2027), le poste de pilier droit demeure plus incertain que jamais depuis la retraite anticipée de Uini Atonio (victime de problèmes cardiaques). Candidat désigné à sa succession, Georges-Henri Colombe (28 ans) honorait en 2024 sa première sélection au niveau international. Récompensé, alors, de ses prestations enthousiasmantes avec le Stade Rochelais. Sous le toit fermé du Principality Stadium de Cardiff, le massif numéro 3, aussi puissant que mobile malgré un physique hors normes (1,93 m pour 142 kg), avait participé au festival de la troupe de Fabien Galthié face aux Gallois (4e journée du Tournoi des six nations). Inscrivant, d’une charge en solitaire, le troisième essai tricolore.
Deux ans - et 10 nouvelles apparitions avec les Bleus - plus tard, le joueur formé à Nanterre voit son avenir s’obscurcir. Et les observateurs, unanimes quant au potentiel de l’intéressé, s’impatienter. Relégué dans la hiérarchie rochelaise par Ronan O’Gara puis transféré au Stade Toulousain à l’été 2025 (pour un contrat de quatre ans), Colombe, en proie aux doutes après une tournée décevante dans l’hémisphère sud, avait assuré vouloir se «concentrer sur (s)es performances en club et reprendre un rythme correct. L’équipe de France reste dans un coin de ma tête mais, à ce jour, je ne suis pas prêt à retourner en sélection d’aussitôt».
Seulement deux titularisations en plus d’un an
Depuis cette prise de parole, aussi lucide que respectable, en octobre 2025, la situation du pilier droit ne s’est guère améliorée. Opposé à une concurrence notable dans la Ville rose (Aldegheri et Merkler notamment) et au sein d’un club qui cultive mieux que quiconque l’exigence, l’ancien joueur du Racing 92 (2017-2022) n’a disputé que 13 matchs sous la tunique rouge et noir la saison dernière, pour deux minces titularisations. Soit moins de 450 minutes de temps de jeu.
Sa sortie sur civière après avoir été touché aux cervicales durant l’automne (un mois d’absence) n’a, certes, pas favorisé ses performances. Pas plus que sa blessure à la cheville au mois de mars. Interrogé en conférence de presse ce vendredi sur son manque de temps de jeu, l’intéressé n’a eu qu’un mot d’ordre : travailler. «Bonne question… Le travail. Continuer à travailler sur mes points faibles. Je sais qu’il y a du monde au poste, des joueurs performants. Il n’y a que le travail qui compte (…) Bien sûr, je sais que j’ai beaucoup de choses à prouver, c’est pour ça que je travaille tous les jours pour donner le meilleur de moi-même». Lors du dernier Tournoi des six nations, Fabien Galthié lui avait offert une place sur le banc contre l’Italie, signe que le sélectionneur conserve un œil sur lui.
Du mieux en ce début de saison ? Sur la pelouse de Marcel-Deflandre, le 6 septembre dernier, Colombe avait écopé d’un carton jaune, une quinzaine de minutes après son entrée, pour lancer l’exercice 2026-2027. Il semble toujours être le troisième, voire quatrième choix dans la rotation souhaitée par Ugo Mola.
Les occasions seront rares d’ici la Coupe du monde 2027
Le constat dressé, une question agite les esprits : se donne-t-il réellement les moyens de ses ambitions, celles de «faire taire les gens qui disent que je ne suis qu’un potentiel», comme il l’affirmait à nos confrères de Sud-Ouest en juillet 2025 ? Rien ne le prouve, pour un joueur capable, dans un grand jour, de renverser des montagnes et de produire des performances de haute volée. D’apporter une puissance qui manque cruellement au XV de France à droite de sa mêlée. Essentiel pour être champion du monde dans un an sur le sol australien. «Georges-Henri Colombe, il est rempli d’une génétique de qualité incroyable», admire Gaëtan Boissard, préparateur physique des Bleus, dans le podcast Rugby Confidential. Personne, pas même le quadruple champion de France en titre toulousain, ne semble pourtant être en mesure d’en tirer pleinement profit.
Logiquement absent de la liste des joueurs convoqués à Marcoussis pour préparer la deuxième phase du Championnat des nations - dans laquelle figurent à son poste le Bayonnais Tevita Tatafu, le Palois Thomas Laclayat et le Bordelais Sipili Falatea, trois joueurs qui n’ont pas prouvé davantage que lui -, Georges-Henri Colombe «ne s’attendait pas à être pris» et manque une occasion de marquer des points aux yeux de Fabien Galthié. D’autant plus qu’il ne lui en reste pas pléthore, s’il souhaite voir l’Australie en 2027. Un mal pour un bien, et le moment d’enchaîner pleinement en Top 14 ? Auprès de RMC Sport, il s’était montré clair, en fin d’année 2025 : «La Coupe du monde, c’est l’objectif. C’est pour ça que je travaille tous les jours.» Aux paroles devront suivre les actes, ou le Toulousain pourrait bien rester à quai.
Source: Le Figaro · Pablo Guillen
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira