Cet article vous est offert

Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous.

Se connecter

Vous n’êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement

Travaillant sur le changement climatique dès les années 1970, William Nordhaus construit un modèle publié en 1992, où il s’efforce de mesurer les coûts futurs des effets des émissions de gaz à effet de serre pour déterminer le prix présent des activités émettrices.

William Nordhaus, à New Haven (Connecticut), en 2018.

William Nordhaus, colauréat du prix Nobel d’économie 2018 pour ses travaux avec Paul Romer sur l’intégration du changement climatique dans l’analyse macroéconomique à long terme, est mort vendredi 30 novembre des suites d’un glioblastome, un cancer du cerveau, à 85 ans, a annoncé Yale News, média de la prestigieuse université américaine Yale. L’économiste, professeur, puis devenu membre de l’administration, était « une figure centrale du campus pendant plus de cinquante ans », selon cette source.

Connu pour être le premier économiste à avoir travaillé sur le changement climatique dès les années 1970, William Nordhaus construit le modèle DICE – pour Dynamics Integrated Climate Economy Model –, publié en 1992, année du sommet de Rio (Brésil), où il s’efforce de mesurer les coûts futurs des effets des émissions de gaz à effet de serre pour déterminer le prix présent des activités émettrices, devenant ainsi pionnier de la notion de prix du carbone par tonne de CO2 comme incitation à la transition énergétique, aujourd’hui à la base de tous les calculs économiques sur les politiques climatiques.

Mais ses premières conclusions, qui fixaient alors le « prix de la tonne » à 4 dollars ou 5 dollars, le classent parmi les économistes conservateurs, qui minimisent la nécessité d’une politique forte. Une polémique l’oppose au Britannique Nicholas Stern, dont le rapport, publié en 2006, est beaucoup plus alarmiste. M. Nordhaus critique notamment la méthode d’actualisation et le calcul du « coût d’irréversibilité » – c’est-à-dire l’actualisation spécifique aux effets irréversibles du changement climatique tels que la déforestation – utilisé par M. Stern.

William Nordhaus fera toutefois évoluer ses modèles au gré de la progression des connaissances sur les effets du réchauffement, intégrant ainsi des coûts de plus en plus élevés. Il a fini par défendre la nécessité d’une taxation mondiale du carbone, là où ses collègues plus « classiques » défendent la possibilité d’établir un prix mondial unique du carbone par la seule force du marché libre.

Le Monde

Source: Le Monde

At a glance

Topic
Climate
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira