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Comme un contre-pied au petit séisme provoqué dans le monde littéraire par l’affaire Thélyson Orélien, trois entrepreneurs fans de technologie ont annoncé la création, mi-octobre, du prix Pascal. Il récompensera une œuvre rédigée à l’aide de l’intelligence artificielle. Cette initiative va à rebours des positions de la plupart des éditeurs et des auteurs, vent debout contre l’avènement d’une écriture hybridée avec la machine.

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Certains ont peut-être cru à un prank, comme on appelle ces canulars nés sur les réseaux sociaux. L’annonce, le 16 octobre, de la création d’un nouveau prix littéraire, le prix Pascal, récompensant une œuvre écrite en collaboration avec l’intelligence artificielle, a de quoi surprendre. Cette initiative prend le contre-pied de semaines de discours terrifiés autour du péril que représenterait la prise de pouvoir des machines sur l’écriture, provoquées par l’affaire Thélyson Orélien. Cet auteur ­canado-haïtien est conspué pour avoir sans le dire recouru à l’IA pour écrire son roman C’était ça ou mourir (Grasset). Malgré ses dénégations répétées, l’auteur a vu son livre retiré des listes des prix Goncourt, Femina et Décembre, et a été lâché mercredi 21 octobre par son éditeur canadien, Boréal.

C’est en assumant, eux, leur usage de Claude, Gemini ou ChatGPT que les postulants au premier prix Pascal pourront, jusqu’à la fin du mois de novembre, soumettre un texte en français de 300 000 signes à un jury présidé par l’essayiste Jacques Attali. En plus de leur manuscrit, les candidats doivent fournir un dossier technique précisant le LLM (Large Language Model, « grand modèle de langage ») ou les agents (nouveaux assistants autonomes) qu’ils ont utilisés, accompagné de deux pages pour définir ce qu’ils appellent « la graine », à savoir « un mot, une phrase, un nombre », à l’origine du projet. Le prix est ouvert aux écrivains qui n’ont jamais publié, et les postulants doivent s’engager à soumettre une œuvre inédite.

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Source: Le Monde · Gaspard Dhellemmes

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