L'histoire remonte à 2021, lorsque le leader du groupuscule identitaire L'Alvarium, désormais dissous, avait critiqué la couverture par "Ouest-France" des activités de son mouvement, citant nommément un journaliste d'origine guadeloupéenne.

France Télévisions

Publié le 27/10/2026 18:06 Mis à jour le 27/10/2026 18:42

Temps de lecture : 2min

La devanture de la rédaction locale de "Ouest-France" à Cholet (Maine-et-Loire), le 15 juillet 2024. (LEYLA VIDAL / BELPRESS / MAXPPP)

Le dirigeant d'un groupuscule d'ultradroite et deux responsables du site Breizh-Info ont été condamnés pour injure raciste contre un journaliste du quotidien Ouest-France, a fait savoir la cour d'appel de Rennes, mardi 27 octobre. Dans sa décision rendue lundi, la cour reconnaît les trois prévenus coupables d'injure publique raciale et condamne Jean-Eudes Gannat à 2 500 euros d'amende. Yann Vallerie, rédacteur et fondateur de Breizh-Info, et Philippe Le Grand, directeur de la publication du site d'extrême droite, écopent de 1 500 euros d'amende chacun.

Condamnés en première instance, les trois prévenus avaient été relaxés en septembre 2024 par la cour d'appel de Rennes, qui avait fait valoir leur liberté d'expression. La Cour de cassation avait ensuite annulé cette décision, estimant qu'elle n'avait pas été justifiée.

L'histoire remonte à 2021, lorsque Jean-Eudes Gannat, leader du groupuscule identitaire L'Alvarium implanté à Angers, désormais dissous, est interviewé sur Breizh-Info par Yann Vallerie. Il critique la couverture par Ouest-France des activités de son groupuscule et cite nommément un journaliste du quotidien, d'origine guadeloupéenne. "Sans doute se rêve-t-il en Sartre, qui 'prenait sa plume pour une épée' ; sauf qu'à force de relayer grossièrement la propagande de l'extrême gauche, notre plumitif guadeloupéen jette des sagaies vers son propre camp ; personne n'est dupe", peut-on lire dans cette interview.

La société Ouest-France et le journaliste Josué Jean-Bart avaient alors porté plainte contre les trois hommes. "Tant le terme plumitif (…) que le terme de sagaie, qui fait allusion aux armes utilisées par des peuples africains primitifs, sont outrageants et méprisants dès lors qu'ils sont associés à l'adjectif guadeloupéen et renvoient à des représentations marquées par des stéréotypes raciaux d'infériorité", souligne la cour dans son arrêt, transmis à l'AFP.

En 2024, elle avait considéré que ces propos avaient été prononcés "sur un mode satirique, dans un contexte polémique" et ne dépassaient pas "les limites admissibles de la liberté d'expression". "Je ne pouvais pas comprendre que cette phrase puisse être analysée comme une moquerie", a expliqué mardi Josué Jean-Bart à l'AFP, se disant "très satisfait que les magistrats aient pris la mesure de cette phrase". Il y a "un vrai enjeu démocratique dans le fait de reconnaître que des tentatives de disqualifier le travail de journalistes ne peuvent prospérer", a-t-il estimé. L'arrêt de la cour d'appel n'est pas définitif, les personnes condamnées pouvant se pourvoir en cassation.

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Source: Franceinfo · franceinfo avec AFP

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