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Son œuvre, qui s’est étendue sur sept décennies, dépeignait la pauvreté, le désespoir, la joie et l’optimisme des gens ordinaires dans le Japon d’après-guerre. Il a eu une influence immense dans ce pays et dans le monde.

Tetsuya Chiba, à Tokyo, en 2025.

Tetsuya Chiba, mangaka japonais à l’immense postérité, est mort à l’âge de 87 ans, jeudi 22 octobre, ont annoncé, mardi, ses éditeurs, Kodansha et Shogakukan. Il est surtout connu pour sa série sur la boxe, Ashita no Joe, devenue un phénomène culturel au Japon et dans le monde.

Son œuvre, qui s’est étendue sur sept décennies, retraçait souvent l’apprentissage de jeunes athlètes dans divers sports (golf, boxe, art martial du kendo…), tout en dépeignant la pauvreté, le désespoir, la joie et l’optimisme des gens ordinaires dans le Japon d’après-guerre.

La série Ashita no Joe, parue dans les années 1960 et 1970 et publiée en français par Glénat, mettait en scène un jeune homme à problèmes, Joe, qui apprend la boxe dans un centre de détention pour mineurs et gravit les échelons professionnels jusqu’à livrer des combats d’anthologie. Tetsuya Chiba dessinait, Asaki Takamori (alias Asao Takamori ou Ikki Kajiwara) était à l’écriture.

Les fans plus âgés peuvent réciter spontanément des répliques du manga, dont l’influence a été immense au Japon, en marquant un réel changement par rapport aux codes des héros de l’époque. Joe est un nouveau type de héros adolescent, loubard impulsif et bagarreur, qui inspirera de nombreuses œuvres shonen – les mangas ciblant de jeunes lecteurs masculins.

« D’innombrables chefs-d’œuvre »

Ashita no Joe a généré des séries animées immensément populaires, des films, des jeux vidéo, des spots télévisés et des productions théâtrales. Après la mort du principal rival de Joe dans l’histoire, ses lecteurs avaient même organisé des funérailles symboliques au Japon.

Tetsuya Chiba a aussi enseigné à l’université, dirigé l’Association des dessinateurs du Japon et reçu de nombreuses distinctions culturelles nippones. Il s’est imposé comme une figure tutélaire pour les générations suivantes : le grand éditeur Kodansha a honoré son héritage avec la création du Prix Tetsuya Chiba, qui récompense depuis quarante-six ans de jeunes auteurs de manga.

« D’innombrables mangakas débutants ont pris à cœur les paroles de maître Chiba au moment de s’engager sur la voie du professionnalisme, et beaucoup d’entre eux sont encore actifs aujourd’hui », a réagi l’éditeur dans un communiqué.

Un autre éditeur, Shogakukan, lui attribue le mérite d’avoir contribué à façonner la culture du manga au Japon en conquérant plusieurs générations de fans : « Pendant soixante-dix ans, le maître Tetsuya Chiba a été à la pointe du manga. Il a créé d’innombrables chefs-d’œuvre », a-t-il déclaré.

Tetsuya Chiba accordait fréquemment des interviews aux médias pour parler de son engagement en faveur de la paix et évoquer ses souvenirs d’enfance en Chine pendant la seconde guerre mondiale, avant son retour au Japon après la défaite du pays.

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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