Le groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale a accusé la police d'avoir tenté d'interpeller l'élu du Vaucluse à la descente d'un train à la gare de Lyon. Les agents cherchaient en fait à lui remettre une convocation en vue d'une audition.

France Télévisions

Publié le 21/10/2026 16:58

Temps de lecture : 4min

Raphaël Arnault, député La France insoumise du Vaucluse, siège à l'Assemblée nationale, le 21 juillet 2026. (QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / AFP)

Un imbroglio politico-judiciaire. Le groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale a affirmé, mardi 20 octobre, que Raphaël Arnault, député LFI du Vaucluse, "aurait été la cible d'une tentative d'interpellation policière" à l'arrivée de son train à la gare de Lyon, à Paris. Alors que de nombreux élus ont dénoncé une "dérive autoritaire", le parquet de Lyon a formellement démenti avoir demandé l'arrestation de l'élu. Son avocate dénonce auprès de franceinfo "une grave violation du secret de l'instruction" et assure que son client ne s'est aucunement soustrait aux autorités. Franceinfo résume ce que l'on sait de cette affaire.

Des élus LFI dénoncent "une tentative d'interpellation" et un "un coup monté" visant Raphaël Arnault

Dans un communiqué publié mardi sur son compte X, le groupe LFI à l'Assemblée nationale affirme avoir appris le matin même que Raphaël Arnault, "en route depuis sa circonscription vers l'Assemblée nationale (…), aurait été la cible d'une tentative d'interpellation policière planifiée sur les quais de la gare de Lyon [à Paris], à la descente de son train".

Toujours au conditionnel, le groupe raconte que la tentative "n'aurait échoué qu'en raison d'une erreur de la police quant à la rame dans laquelle voyageait le député insoumis, totalement ignorant de ce projet". Le groupe accuse "le pouvoir" d'avoir voulu mener "un nouveau projet de mise en scène grossière d'arrestation par surprise d'un parlementaire insoumis", et affirme que l'eurodéputée Rima Hassan a été "visée par une même tentative il y a quelques semaines dans un aéroport".

🔴📄 Tentative de mise en scène d'une arrestation du député Raphaël Arnault : la bascule autoritaire du pouvoir Nous assurons @ArnaultRaphael de notre plein soutien. https://t.co/UXKoHhQz8f

— La France insoumise à l'Assemblée nationale (@FiAssemblee) October 20, 2026

Raphaël Arnault "n'a rien à cacher et se tient comme toujours à disposition de la justice", écrivent les auteurs du communiqué, qui dénoncent un "coup monté". Ils accusent également le gouvernement d'une "tentative d'instrumentalisation (…) des services de renseignement pour atteindre" LFI, en faisant référence à des informations publiées par Mediapart lundi.

De nombreux élus de La France insoumise ont partagé cette publication sur X. "Le macronisme est tellement aux abois qu'il se vautre dans l'autoritarisme et la criminalisation des opposants politiques", a attaqué le coordinateur national du parti, Manuel Bompard. "Incapable de répondre aux revendications populaires et d'assurer la paix publique, la macronie choisit de criminaliser l'opposition pour assurer sa survie politique", critique de son côté la présidente du groupe LFI à l'Assemblée, Mathilde Panot. Elle accompagne son message d'un visuel affirmant que "la macronie veut arrêter ses opposants".

Le député LFI de Seine-Saint-Denis Thomas Portes a lui dénoncé une "dérive fascisante", tout comme la député de Paris Danièle Obono qui pointe une "dérive autoritaire en instrumentalisant la police et la justice pour persécuter son opposition politique insoumise".

Le parquet de Lyon dément avoir demandé l'interpellation du député

Au lendemain de ces accusations, l'institution judicaire a démenti. "Le parquet de Lyon dément l'information diffusée le 20 octobre 2026 portant sur une tentative d'interpellation du député Raphaël Arnault", écrit le procureur Thierry Dran dans un communiqué, mercredi. "Ni le parquet ni les juges d'instruction du tribunal judiciaire de Lyon n'ont donné pour instruction aux forces de sécurité intérieure de procéder à l'interpellation de ce député dans le cadre des procédures dont ces magistrats sont actuellement saisis", précise-t-il.

Trois juges d'instruction lyonnais dirigent l'enquête judiciaire ouverte notamment pour "meurtre" et "violences aggravées" après la mort de Quentin Deranque, dans le cadre de laquelle 14 suspects sont mis en examen pour l'heure, dont des proches de Raphaël Arnault.

L'avocate de Raphaël Arnault évoque une "remise de convocation"

Dans un communiqué diffusé mercredi, l'avocate de Raphaël Arnault, Chirinne Ardakani, n'évoque pas de tentative d'arrestation. Sur la foi d'informations diffusées par Le Parisien, dont elle affirme avoir appris l'existence en lisant l'article en question, elle fait état d'"une procédure judiciaire dont [le député LFI] ignore tout et dans laquelle il n'est nullement impliqué". "Il a appris hier [mardi], par un tiers, dans le courant de la journée que des policiers étaient à sa recherche, sans plus de précision", précise l'avocate à franceinfo.

"Force est de constater que c'est par voie de presse que [Raphaël] Arnault a appris qu'il allait être convoqué pour être entendu prochainement dans le cadre d'une affaire judiciaire d'importance sans qu'il ne soit en mesure de savoir, à ce stade, en quelle qualité."

Chirinne Ardakani, avocate de Raphaël Arnault

dans un communiqué

Selon une source proche de l'enquête citée par Le Parisien, les enquêteurs cherchaient en réalité à remettre en main propre une convocation au député, dans le cadre de l'enquête sur la mort de Quentin Deranque. "Faute de pouvoir entrer en contact avec lui par les voies habituelles, ils ont tenté de lui remettre sa convocation à sa descente du train, avec le concours de la SNCF", en vain, écrit le quotidien.

"C'est un procédé inhabituel, d'autant qu'à aucun moment mon client n'a reçu par quelque canal que ce soit la moindre convocation. Cela nous interroge", pointe son avocate, qui souligne que le même jour, l'eurodéputée LFI Rima Hassan a fait l'objet d'une convocation à personne dans une autre affaire. "On a le sentiment que le droit commun, le Code de procédure pénale, ne s'appliquent pas aux parlementaires LFI".

Le député du Vaucluse "n'a rien à se reprocher" et "se tient à la disposition de la justice", assure Chirinne Ardakani. L'avocate dénonce par ailleurs des informations publiées dans des médias d'extrême droite, dans lesquels il est "insinué avec malignité" que son client "aurait tenté de se soustraire aux autorités, ce qui est parfaitement mensonger". Elle déplore également "une violation grave du secret de l'instruction dont il conviendra de déterminer si elle émane, ou non, des services enquêteurs", et menace d'un dépôt de plainte pour le même chef.

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Source: Franceinfo · franceinfo

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