Au moins 25 personnes ont été tuées et 22 autres blessées vendredi 30 octobre 2026 dans des affrontements intercommunautaires dans le sud-ouest du Tchad. Le pays est fréquemment affecté par ce type de violences dans certaines zones rurales, où les conflits liés à l'accès aux ressources peuvent prendre une tournure meurtrière.

Publié le : 02/11/2026 - 05:08

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À l'origine du conflit, un étang où un éleveur de la communauté Kreda est venu faire abreuver son bétail, dans la zone de Koula. S'en est suivie une dispute entre cet éleveur et un agriculteur de la région, membre des Kouka.

La dispute prend alors une tournure sérieuse lorsque l'éleveur sort son arme et tire sur le pied de l'agriculteur, ce qui déclenche alors une fusillade entre les deux communautés. 25 personnes sont tuées et 22 sont blessées puis transportées à l'hôpital de Ngoura.

Ces conflits ne sont pas récents, mais de plus en plus meurtriers. En cause, la circulation des armes, explique le Dr. Yamingué Betinbaye, politologue spécialiste des conflits au Tchad : « Le fait que des personnes civiles détiennent des armes de guerre, parfois ça leur donne déjà un certain ascendant dans les conflits. Et cela les met en confiance lorsque des affrontements éclatent. Donc, chacun va mobiliser les armes qui sont à sa disposition, ce qui amplifie très rapidement les conflits et ce qui aggrave aussi les bilans. »

Selon Bourdjolbo Tchoubida, docteur en sciences politiques, spécialiste du Tchad, la circulation des armes s'explique aussi par les connexions entre certains éleveurs et les milieux militaires : « Il y a un type d'élevage au Tchad où les autorités administratives et militaires qui sont envoyées dans les zones reculées se mettent à faire de l'élevage. Donc, ils acquièrent des quantités énormes de bétail et ils donnent ça à disposition des bouviers. Et ces bouviers sont armés. »

L'utilisation du téléphone portable accélère la mobilisation des communautés : des proches peuvent converger à moto depuis des localités situées jusqu'à 100 kilomètres pour prendre part aux affrontements.

Besoin d'une solution pérenne pour enrayer ces violences

Pour l'heure, la situation est maîtrisée grâce à l'intervention des forces de sécurité. Selon le ministère de l'Administration du territoire, 39 personnes ont été interpelées et transférées à N'Djamena pour la suite de la procédure judiciaire. Une délégation gouvernementale conduite par plusieurs ministres s'était déplacée samedi 31 octobre sur place.

Pour les deux experts, les interventions ponctuelles de l'État ne permettent pas d'enrayer durablement ces violences. Seule une stratégie nationale peut être efficace. Le Dr. Yamingue Betinbaye rappelle que des solutions sont possibles : « Au Tchad, il y a une institution comme la Médiature de la République et peut-être qu'une responsabilisation de la médiature avec un accompagnement du ministère en charge de l'administration du territoire permettrait de définir et de dérouler un plan d'ensemble qui pourrait permettre d'adresser les causes profondes de ce phénomène et d'anticiper. »

Un enjeu d'autant plus important que les ressources naturelles se raréfient. Cette année, le déficit de précipitations a notamment réduit les réserves d'eau disponibles, accentuant la concurrence entre éleveurs et agriculteurs.

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Source: RFI

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