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Les plaignantes vont saisir le parquet général des droits humains après la décision du ministère public, mardi 27 octobre, de classer l’affaire portant sur la stérilisation forcée de milliers de femmes autochtones sous la présidence d’Alberto Fujimori, père de l’actuelle présidente, Keiko Fujimori.
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« L’action pénale est éteinte par prescription. » C’est par ces mots que le procureur péruvien Jesus Davila a mis un terme, mardi 27 octobre, à vingt-quatre années d’enquête constituant sans conteste l’un des dossiers judiciaires les plus lourds, les plus complexes et les plus longs de l’histoire de la justice péruvienne. Six mille pages de dossier consignent les témoignages de plus de 4 000 plaignantes, victimes de stérilisations forcées entre 1996 et 2000, sous le gouvernement d’Alberto Fujimori (1990-2000) – père de l’actuelle présidente, Keiko Fujimori, élue en juin.
L’annonce a suscité une profonde indignation parmi les victimes, qui, malgré les années de procédure, continuent de s’accrocher à l’espoir de justice : « Nous avons souffert toute notre vie », s’est émue Dionicia Calderon, lors d’une conférence de presse organisée à Lima mercredi.
Femme quechua originaire d’Ayacucho, dans les Andes du Sud, cette « survivante », comme elle se présente, également victime de viol par les militaires lors du conflit armé interne opposant l’Etat à des insurgés maoïstes (1980-2000, 70 000 morts), n’a cessé toute sa vie de dénoncer les faits : « J’avais 24 ans quand j’ai été ligaturée et, avec mon mari, je n’ai plus jamais pu avoir d’enfant. On m’a ouvert le ventre sans anesthésie, abandonnée en criant de douleur, sans aucune aide ni suivi médical, raconte cette femme paysanne. J’ai dû vendre mes terres et mon bétail pour me faire soigner. » Rien que dans son village, rappelle-t-elle, 80 femmes ont été stérilisées de force.
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Source: Le Monde · Amanda Chaparro
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