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Chronique

Isabelle Chaperon

Chroniqueuse au service Economie

Le gouvernement prévoit de porter entre 25 000 et 30 000 euros le plafond du livret préféré des Français en février 2027, au lieu de 22 950 euros actuellement. Une annonce qui vise à financer des mesures d’urgence, mais qui risque, en définitive, d’aggraver l’endettement public, constate Isabelle Chaperon, chroniqueuse au service Economie du « Monde »

Publié aujourd’hui à 11h00 Temps de Lecture 1 min.

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Gus Portokalos, le père de famille dans la comédie Mariage à la grecque (2002), est convaincu que le produit de nettoyage pour les vitres est le remède magique à tous les maux. Bouton sur le nez ou égratignure, il brandit son vaporisateur face au moindre bobo. Le gouvernement français partage une obsession similaire avec le Livret A, censé incarner le « pschitt » miracle pour financer les projets publics.

A Paris, en juin 2012.

Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a dévoilé, mardi 3 novembre, son intention de porter entre 25 000 et 30 000 euros le plafond du livret préféré des Français en février 2027, au lieu de 22 950 euros actuellement. Le taux de rémunération (1,7 %) sera relevé, logique vu l’inflation à 3,1 %.

Cette annonce précipitée n’est évidemment pas une mesure destinée à donner un coup de pouce au pouvoir d’achat, seuls les ménages les plus aisés ayant saturé les Livret A de toute la famille. Elle vise à trouver de l’argent notamment pour faire face à une autre revendication de la jeunesse en colère : rénover lycées et collèges.

L’épargne réglementée (Livret A, surtout mais aussi Livret d’épargne populaire et Livret de développement durable et solidaire) alimente un circuit parallèle, unique au monde. Il permet à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) de piocher dans les 950 milliards d’euros d’encours, à fin décembre 2025, afin de prêter, à l’origine, aux organismes de logement social et aux collectivités locales et, depuis peu, à EDF pour construire ses nouveaux réacteurs nucléaires.

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Source: Le Monde · Isabelle Chaperon

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