Les enfants et adolescents victimes de cyberharcèlement se tournent vers l'intelligence artificielle pour chercher de l'aide. Une enquête de l'association e-Enfance met en lumière ce rôle de soutien, qui reste cependant limité.

Radio France

Publié le 29/10/2026 18:48

Temps de lecture : 2min

Un enfant regarde ChatGPT sur son téléphone (photo d'illustration) (SEBASTIEN BOZON / AFP)
Un enfant regarde ChatGPT sur son téléphone (photo d'illustration) (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Trois quarts des collégiens et lycéens utilisent l'intelligence artificielle au quotidien. C'est dix points de plus qu'il y a un an, selon une étude menée par l'association e-Enfance, en partenariat avec la Caisse d'Épargne. L'association gère notamment le numéro national 3018 contre les violences numériques. Le mois dernier, 1 612 binômes parent/enfant de la même famille ont été interrogés.

Si l'intelligence artificielle prend une place de plus en plus importante dans la vie des enfants et des adolescents, l’enquête nous apprend qu’elle joue notamment le rôle de soutien pour les victimes de harcèlement. C'est alors un outil pour le meilleur comme pour le pire.

Elle devient une arme entre les mains des cyber harceleurs. Une victime sur trois dit avoir été visée par des contenus humiliants générés par l'IA. Mais elle est aussi un recours pour les enfants et les adolescents cyberharcelés. D'après le baromètre e-Enfance, un quart d'entre eux se tourne vers ChatGPT, Claude ou Gemini.

Selon Samuel Comblez, directeur général adjoint de l'association, c'est parce qu'ils ont le sentiment de maîtriser la conversation. "L'avantage quand on s'adresse à l'IA, c'est qu'il n'y a pas la réaction, voire la sur-réaction d'un adulte qui peut être très en colère, très inquiet ou apeuré de la révélation de son enfant. On peut aussi maîtriser le rythme de l'échange, on peut faire des pauses, on peut revenir et on a aussi, je dirais, la maîtrise de ce qui va se passer après la révélation des faits”, explique-t-il.

Au contraire, lorsqu’on s’adresse à des parents, la réaction n’est pas la même. “Évidemment, on va tout de suite agir. Et ce que disent souvent les victimes, c'est qu’elles ont l'impression d'avoir été dépossédées de leurs propos. L'avantage de l'IA, c'est qu'elle n'ira pas plus loin que quelques conseils", poursuit Samuel Comblez. Les victimes de harcèlement disent que dans 80 % des cas, l'IA les a aidés à réduire ou résoudre leurs problèmes.

Quelle réponse l'IA apporte-t-elle à ces jeunes ? Cela peut être une aide pour savoir comment réagir face à la personne qui les harcèle, pour trouver un numéro d'aide ou encore pour obtenir du réconfort. Plusieurs études, notamment aux États-Unis, ont pourtant montré que les agents conversationnels ne sont pas toujours de bons conseils. 

Surtout, Samuel Comblez rappelle qu'ils ne sont pas capables de repérer tous les signaux de détresse. "L'intelligence artificielle, elle, n'entend pas les silences. Elle ne voit pas les mimiques de visage quand on ne va pas bien. Donc il lui échappe beaucoup d'informations importantes pour pouvoir venir en aide de manière adaptée à la victime", souligne-t-il. 

S'il s'intéresse aux jeunes, le baromètre d'e-Enfance est aussi un miroir tendu aux adultes. Seule la moitié des jeunes harcelés qui se sont tournés vers l'IA se sont également confiés à leurs parents. Cela doit nous inviter, dit Samuel Comblez, à mieux les écouter.

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