La fièvre s'empare des écrans, à quelques mois de l’élection présidentielle en France. Fièvre qui touche d'abord les chaînes d'information...
C'est d'abord CNews qui est attaquée. Depuis 2019, la chaîne de Vincent Bolloré a déjà reçu une vingtaine de sanctions et de mises en demeure de la part de l'Arcom, le gendarme des médias. Elle est désormais visée par une pétition signée par près d'un million de personnes demandant sa suppression sur le site de l'Assemblée nationale. La chaîne est mise en cause pour sa diffusion d'idées d'extrême droite et pour le racisme qui s'exprimerait sur ses antennes, à la fois par la gauche, une partie du bloc central et par des pancartes de manifestants dans la rue.
Mais la nouveauté, c'est que sa rivale BFMTV est également de plus en plus ouvertement contestée, en particulier depuis l'arrivée à l'antenne de Sonia Mabrouk, venue de CNews, et l'assassinat raciste de Trappes qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi. Le maire de la ville, Ali Rabeh, a appelé à fermer les antennes aux racistes condamnés comme Éric Zemmour, dont les propos stigmatisants ont été entendus à la fois sur CNews, BFMTV et LCI depuis le 17 octobre, ce qui a incité l'Arcom à saisir la justice. Ces trois chaînes sont aujourd'hui vilipendées lors des rassemblements populaires, à tel point que BFMTV n'a pu couvrir l'hommage aux victimes de l'attentat de Trappes par souci de protection de ses journalistes. Une centaine de ses salariés étaient d'ailleurs en grève jeudi pour défendre la « crédibilité » de l'antenne et la « sécurité » des reporters.
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Sur le grand écran aussi, les inquiétudes montent dans la perspective de l'élection
Jeudi 5 novembre, aux Rencontres des auteurs réalisateurs producteurs au Touquet, le cinéaste Michel Leclerc a affirmé que la peur s'insinuait « à tous les étages » de la création d'un film quand il s'agissait de parler immigration, féminisme ou écologie. Il y a d'abord la crainte d'attaques groupées de l'extrême droite sur les réseaux sociaux. C'est ce qu'on a vu il y a trois ou quatre ans avec Rodéo, sur les rodéos urbains d'une jeune femme, ou avec Avant que les flammes s'éteignent, sur une bavure policière.
À ces attaques s'ajoutaient des notes déplorables pour pénaliser les films sur AlloCiné. Depuis, la plateforme a changé son algorithme, et la Société des réalisateurs se mobilise à travers une cellule, Riposte. Mais cela n'empêche pas des collectivités locales de retirer ou de différer leurs subventions à des films pour des raisons idéologiques. Alors bien sûr, l'élection de 2027 inquiète, avec un Rassemblement national qui a déjà appelé à la suppression du Centre national du cinéma ou à la privatisation de France Télévisions. Les professionnels demandent donc à ce que la souveraineté de la création culturelle soit intégrée à la constitution et que leurs ressources soient pérennisées.
Source: RFI · Amaury de Rochegonde
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