La candidate d'extrême droite à la présidentielle entend supprimer la loi Hulot qui prévoit la fin de toute exploitation des énergies fossiles en 2040. Le Rassemblement national (RN) marche dans les pas de Donald Trump. Mais la France n'est pas les États-Unis et ses ressources en hydrocarbures sont plus que limitées. 

Pétrole et puissance. C'est dans un passage consacré au retour de la « puissance » française que Marine Le Pen, dimanche 25 octobre, lors de son premier discours de campagne prononcé en clôture du congrès du Rassemblement national, a annoncé son intention d'abroger la loi « Hulot ». Une loi votée en 2017, au tout début du premier mandat d'Emmanuel Macron, et avant que l'ancien animateur de télévision Nicolas Hulot ne claque la porte du gouvernement avec fracas.

Une loi qui interdit toute nouvelle recherche d'hydrocarbures, au nom de la transition énergétique. Pour limiter la crise climatique, on doit en finir avec les énergies fossiles ; il est donc inutile de lancer de nouvelles prospections, avant l'arrêt de toute exploitation prévu en 2040.

Pour le pétrole et contre les renouvelables

Mais la candidate d'extrême droite n'est pas de cet avis, peut-être séduite par le slogan de Donald Trump, le président pétrolier des États-Unis : son fameux « Drill, baby, drill » (Fore, bébé, fore). Après tout, le Rassemblement national est un parti d'extrême droite comme les autres : la lutte contre la crise climatique n'est pas la priorité, quand elle n'est tout simplement niée. Marine Le Pen veut en finir avec les énergies renouvelables et les objectifs de neutralité carbone. 

Il est donc assez cohérent, de son point de vue, de vouloir relancer le pétrole. Mais est-ce pour autant réaliste ? « La France n'a pas de pétrole mais elle a des idées », disait un célèbre slogan des années 1970, en plein choc pétrolier. Ce qui n'était pas tout à fait juste : pour les idées on ne sait pas, mais en ce qui concerne le pétrole (et le gaz), la France en a un tout petit peu.

La France produit actuellement 1 % de sa consommation d'hydrocarbures grâce à une soixantaine de gisements. En voulant du pétrole made in France, en faisant finalement la promotion des circuits courts, Marine Le Pen prétend agir en faveur de la souveraineté énergétique. Mais avec tel niveau de pétrole français, cette promesse s'annonce un peu compliquée, pour ne pas dire illusoire.

Posture politique

La France n'a qu'un potentiel très limité. Il y a quelques jours, les autorités ont donné leur feu vert à un projet d'extension pétrolier dans le département de la Seine-et-Marne, près de Paris. Un projet très contesté localement en raison des risques pour la nappe phréatique, notamment. Il existe aussi de potentiels gisements de gaz de schiste dans le sud de la France, très contestés là encore par la population locale, et d'ailleurs la loi a fermé la porte à cette exploitation d'hydrocarbure encore plus polluante.

Et puis il y a la Guyane. Au Rassemblement national, on y croit beaucoup, et une partie de la population sur place est d'ailleurs favorable au pétrole. Mais même le patron de TotalEnergies n'y croit pas et parle de « faibles quantités commercialement inexploitables ». Parole d'expert. 

Comment comprendre la prise de position de Marine Le Pen ? Elle fait de la politique. À contre-courant (alors que la France a été le premier pays riche à présenter sa feuille de route de sortie des énergies fossiles), anti-écologique, et c'est dans l'air du temps. Marine Le Pen s'invente un futur improbable. C'est de la posture politique, une promesse de campagne. Et la campagne ne fait que commencer...

Source: RFI · Florent Guignard

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira