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Par Pascal Riché

Publié aujourd’hui à 14h15, modifié à 15h34

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EnquêteL’idée qu’il y aurait un lien de causalité entre un surnombre d’élites et les crises de société fournit aux milieux conservateurs une explication au malaise de la jeunesse contestée par nombre de sociologues. Pour eux, le désenchantement provient du fait que l’égalité des chances promise ne parvienne pas à se concrétiser.

La marée lycéenne et estudiantine dans les rues ? Le buste de Marianne brisé sur le sol de la mairie de Marseille ? La « mélenchonmania » juvénile ? Ne cherchez plus : tout cela serait le fruit d’une « surproduction d’élites ». L’expression est à la mode dans les sphères conservatrices. La France produirait trop de diplômés de l’enseignement supérieur par rapport aux postes à responsabilités disponibles, ce qui expliquerait la frustration et la colère d’une jeunesse aspirant à des statuts élevés.

La « radicalité » des jeunes Français, y compris ceux qui viennent de familles privilégiées, proviendrait de ce décalage. Résultat, 42 % des 18-24 ans prévoient de voter pour Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise, LFI) lors de l’élection présidentielle de 2027 (contre 21 % pour Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, et 4 % pour Raphaël Glucksmann, celui de la gauche sociale-démocrate), d’après l’enquête Ipsos BVA-CESI Ecole d’ingénieurs réalisée du 3 au 9 septembre pour Le Monde, Sciences Po, la Fondation Jean Jaurès et l’Institut Montaigne. En 2022, ils étaient déjà 31 % à avoir voté pour l’« insoumis », et même 34 % chez les 25-34 ans.

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Source: Le Monde · Pascal Riché

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