Le nouveau PDG d’Apple John Ternus Evelyn Hockstein / REUTERS

L’enveloppe journalière des ingénieurs de l’entreprise passe de 300 dollars à 200 dollars, pour leur utilisation de l’IA. En toile de fond, l’envolée des coûts afférents à la technologie, de celui des puces à celui de l’énergie.

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Notre époque semblait promettre le remplacement massif de salariés par l’intelligence artificielle. Si cette heure vient peut-être, certaines entreprises se trouvent aujourd’hui contraintes de rationner l’IA. Pour maîtriser ses coûts, le géant de la tech Apple a ainsi réduit l’enveloppe que ses employés peuvent consacrer à l’intelligence artificielle. Les ingénieurs de l’entreprise la mieux valorisée du monde verront ainsi leur plafond quotidien de dépense en IA passer de 300 à 200 dollars, tandis qu’une nouvelle baisse à 100 dollars serait déjà envisagée. Pour les employés non-ingénieurs, il pourrait tomber à 25 dollars par jour, contre 100 actuellement.

La facture de l’IA est directement liée à la consommation de tokens, l’unité qui mesure l’usage de la technologie. Apple entend donc en réduire le volume, à rebours du «tokenmaxxing», très en vogue en début d’année, qui incitait les salariés à utiliser l’IA au maximum pour dénicher des gains de productivité.

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Meta, Microsoft, Uber, Tesla…

Mais l’IA coûte désormais trop cher pour soutenir cette pratique frénétique, entre la flambée des prix des puces GPU, indispensables à son fonctionnement, et la consommation d’énergie toujours plus lourde des modèles de dernière génération. Apple n’est pas la première entreprise à la rationner en interne. Ainsi, le cabinet de conseil Accenture a plafonné certaines dépenses de ses salariés à 29 euros par mois, tandis qu’Uber et Tesla ont réduit leur budget, et que Microsoft et Meta ont diminué leur recours à Claude, modèle conçu par Anthropic. D’autres, comme la néobanque britannique Revolut, première start-up du Royaume-Uni, sont même passées des modèles de dernière génération à des modèles chinois, moins coûteux.

C’est l’une des premières décisions de John Ternus, qui a succédé à Tim Cook à la tête d’Apple en septembre. Celle-ci intervient alors que le doute grandit sur la rentabilité réelle du secteur de l’IA, qui, au risque d’alimenter les craintes de bulle financière, attire depuis des mois des investissements colossaux. Jusqu’à laisser les ingénieurs consacrer l’équivalent de la moitié de leur salaire annuel en tokens, comme le suggère le patron de Nvidia Jensen Huang ? Apple en est encore loin.

Source: Le Figaro · Martin Hézode

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