Des organisations lycéennes ont combattu la plateforme d'orientation, jusqu'à obtenir son remplacement progressif à l'horizon 2028.

France Télévisions

Publié le 28/10/2026 05:45

Temps de lecture : 4min

Un pupitre vide avant la conférence de presse conjointe des ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur, le 26 octobre 2026 à Paris. (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / AFP)
Un pupitre vide avant la conférence de presse conjointe des ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur, le 26 octobre 2026 à Paris. (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / AFP)

Pour tenter de répondre à la mobilisation lycéenne, le gouvernement a promis, lundi 26 octobre, de revoir le dispositif Parcoursup. Depuis plusieurs semaines, les élèves réclament l'abandon de la plateforme d'admission post-bac. Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé une "évolution forte" dès cette année scolaire 2026-2027 et "un remplacement" de Parcoursup dès 2028.

Cette mobilisation lycéenne a fait le tour de l'Europe. Début octobre, le quotidien espagnol parlait d'un "gouvernement dans les cordes", tandis qu'en Allemangne la Süddeutsche Zeitung, quotidien allemand de référence rappelait le "goût pour la révolution" des Français. Mais comment cette sélection pour accéder aux études supérieures est-elle opérée chez nos voisins ?

Au Royaume-Uni, à la manière de Parcoursup, impossible de passer à côté de la plateforme Universities and Colleges Admissions Service (Ucas) lors du passage vers le supérieur. Ce système coordonne l'ensemble des candidatures à l'échelle du pays et requiert le dépôt d'un dossier complet. Les étudiants peuvent sélectionner jusqu'à cinq choix dans des universités ou écoles, explique la plateforme sur son site, ce qui invite les candidats à retenir des établissements plus accessibles dans leur liste, afin d'assurer une place. Cette démarche est facturée 34,5 livres sterling, soit 41 euros, car la plateforme est gérée par une société indépendante et privée, peut-on lire sur le site du gouvernement britannique.

Les candidats doivent répondre à des questions personnalisées pour l'ensemble de ces vœux. Une lettre de recommandation est fortement encouragée et les notes ont une grande importance. Des dossiers spécifiques sont également exigés pour les prestigieuses universités de Cambridge et Oxford. Il faut s'y prendre très rapidement : entre la rentrée de terminale et la mi-décembre, selon les filières. Une procédure complémentaire tardive est également prévue.

Les Pays-Bas disposent aussi d'une plateforme obligatoire de candidature : Studielink, qui accepte jusqu'à quatre choix de formations – dont deux maximum pour les filières à numerus clausus. Le dossier à fournir est assez complet, avec un CV et une lettre de motivation, et des pièces supplémentaires peuvent être réclamées dans les établissements les plus exigeants dans leur sélection. La suite de la phase d'inscription est réalisée directement avec les établissements.

En Allemagne, l'obtention de l'Abitur, l'équivalent du bac, ouvre la porte des universités du pays. Une plateforme, Hochschulstart, traite directement les candidatures pour les filières les plus demandées comme la médecine, la pharmacie ou les études vétérinaires, en se basant sur différents critères (note à l'Abitur, test spécifique et demandes de l'université). Elle fait également office de guichet pour un certain nombre d'établissements participants, qui restent toutefois chargés du dossier. La plateforme ne gère pas l'admission dans les établissements privés, pas plus que dans les écoles d'art, de théâtre et de musique. La Fondation pour l'admission à l'enseignement supérieur (Stiftung für Hochschulzulassung), en charge de la plateforme, planche actuellement sur une nouvelle mouture.

En juin dernier, le CHE Hochschuldaten, centre pour le développement de l'enseignement supérieur, avait souligné que 31,6% des cursus universitaires allemands imposaient des restrictions d'admission (tests, numerus clausus nationaux ou locaux…), contre près de 40% six ans plus tôt, car le nombre de candidats a considérablement diminué. La note à l'Abitur est cruciale pour avoir le dernier mot dans les filières concernées, notamment les hautes écoles spécialisées. Le système éducatif allemand diffère cependant nettement de son équivalent français, puisque l'orientation débute plus tôt, avec un accent sur l'apprentissage et les formations professionnelles.

Enfin, une autre plateforme, Uni-Assist, est réservée aux étudiants étrangers souhaitant s'inscrire dans un établissement allemand.

En Belgique, le certificat d'enseignement secondaire supérieur (CESS) constitue le sésame pour accéder à l'enseignement supérieur. Le pays ne dispose pas d'une plateforme spécifique. Les étudiants doivent contacter directement l'université ou l'école de leur choix, et peuvent déposer un dossier dans plusieurs établissements. Les systèmes sont gérés par les communautés flamande et wallonne. Les études en médecine, dentisterie ou en sciences vétérinaires sont ouvertes sur concours, organisé dans la deuxième quinzaine du mois d'août, détaille par exemple le portail de l'enseignement supérieur.

En Espagne, les communautés autonomes possèdent des portails internet pour les préinscriptions dans les universités publiques, par exemple ici à Madrid ou ici en Andalousie. Elles sont ouvertes aux candidats qui ont obtenu leur bachillerato et ont passé les épreuves complémentaires de l'examen d'entrée à l'université (prueba de acceso a la universidad). Pour les filières les plus sélectives, il faut encore passer des épreuves supplémentaires qui portent le total de la notation à 14 points. Des seuils minimums sont définis filière par filière.

En Italie, les étudiants s'inscrivent directement sur les portails des universités choisies, quitte à passer un test de connaissances afin d'identifier certaines lacunes. Les études en médecine, orthodontie et en sciences vétérinaires sont ouvertes sans test préalable, mais des épreuves sont organisées à la fin du semestre. Les admis sont alors répartis dans les universités de leur choix, selon leurs résultats, explique le ministère de l'Université et de la Recherche, après ce "semestre filtre" qui fait office de sélection.

Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?

Sur le même thème

Shorts

Source: Franceinfo · franceinfo

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira