De plus en plus de jeunes basketteurs français rejoignent les rangs de la NCAA, attirés notamment par les revenus liés à leurs droits à l'image. Une situation qui fait débat et interroge les clubs formateurs français.

Radio France

Publié le 31/10/2026 11:18

Temps de lecture : 2min

Un match d'exhibition de la NCAA opposant les Huskies du Connecticut aux Boilermakers de Purdue, disputé à la PeoplesBank Arena à Hartford, dans le Connecticut, le 27 octobre 2026. (JOE BUGLEWICZ / GETTY IMAGES VIA AFP)
Un match d'exhibition de la NCAA opposant les Huskies du Connecticut aux Boilermakers de Purdue, disputé à la PeoplesBank Arena à Hartford, dans le Connecticut, le 27 octobre 2026. (JOE BUGLEWICZ / GETTY IMAGES VIA AFP)

Les talents du basket français partent-ils trop tôt vers l'Amérique ? La question se pose alors que plusieurs d'entre eux s'apprêtent à disputer la saison universitaire, qui débute dimanche 1er novembre aux États-Unis. Considérée comme l'antichambre de la NBA, la NCAA attire depuis plusieurs années de nombreux espoirs tricolores, séduits par les opportunités qu'elle offre.

La NCAA : quatre lettres qui font rêver les jeunes sportifs du monde entier, attirés par le prestige des universités américaines. Depuis cinq ans, désormais, c'est aussi une question d'argent. Les étudiants, pourtant amateurs, peuvent toucher des revenus grâce à leurs droits à l'image.

Un choix qui fait débat, mais que l'ancien international français Edwin Jackson comprend. "Moi, je suis allé en Chine. On m'aurait offert ce qu'on m'a offert en NCAA, j'y serais allé sûr et certain. Tu ne sais jamais de quoi demain sera fait. Des fois, je trouve ça très hypocrite de dire à des gamins : ''tu restes ici, tu vas avoir un contrat aspirant à 600 € par mois alors que tu peux prendre entre 500 000 et 1 million par an'. Il faut les comprendre aussi", explique-t-il.

Plusieurs Français, joueurs et joueuses, ont ainsi décidé de rejoindre les rangs universitaires américains. Ils étaient 68 la saison dernière, ils sont 79 cette saison. Le phénomène s'amplifie. Mais d'autres font le choix de rester en France, malgré les sollicitations. C'est le cas de Hugo Yimga-Moukouri, 18 ans, ailier de Nanterre, attendu au premier tour de la prochaine draft NBA. "La France nous a fait confiance et aujourd'hui, je dois beaucoup à ce pays. Quand tu vois des joueurs qui sont passés par la France, qui sont en NBA, et pour qui maintenant ça se passe bien, je ne vois pas de raison de partir. Moi, je n'ai jamais été attiré par l'argent, je sais à quel point c'est important, mais ce n'est pas la première option pour moi", raconte-t-il.

Si certains font de la résistance, forcément, le réservoir se tarit. La NCAA fait désormais de l'ombre aux clubs formateurs français, qui voient leurs efforts fauchés en plein vol. Une concurrence féroce, mais pas déloyale pour le président de la Ligue nationale de basket, Philippe Ausseur, qui dialogue avec la NCAA. "Si on continue à aller dans cet aspect d'aspiration de nos jeunes talents sans que cette formation soit rémunérée, tout s'écroulera, estime-t-il. Ne nous mentons pas : le plus gros réservoir en Europe est en France. On a tout intérêt, nous, à travailler avec la NCAA. On ne peut pas tuer des rêves."

"Il faut qu'on accompagne ce rêve pour qu'à un moment donné, tout le monde soit gagnant."

Philippe Hausseur

à franceinfo

Mais la situation évolue très vite. Le Congrès américain se penche déjà sur le sujet. Le Sénat a approuvé le mois dernier un texte pour encadrer notamment ces droits à l'image. Mais les opposants y voient une façon de renforcer un système d'exploitation.

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Source: Franceinfo · Xavier Monferran

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