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Publié le 31/10/2026 19:02 Mis à jour le 31/10/2026 19:05

Temps de lecture : 3min

Des jeunes manifestants dans le cortège parisien, le 31 octobre 2026, à Paris. (LEVINE ARONOVICH / AFP)
Des jeunes manifestants dans le cortège parisien, le 31 octobre 2026, à Paris. (LEVINE ARONOVICH / AFP)

Loin d'être convaincus par les annonces du gouvernement, les lycéens rencontrés dans le cortège parisien samedi 31 octobre entendent continuer à se mobiliser. Mais ils s'interrogent sur les appels à poursuivre les blocages.

Smaïl, 16 ans, est devenu un habitué des manifestations et des blocus. Le lycéen, scolarisé à Melun (Seine-et-Marne), s'y est même fait des copains. Ce samedi 31 octobre à Paris, il a retrouvé Baptiste, Slade et Adam, rencontrés au cours d'un blocage ou en battant le pavé depuis le début du mouvement des lycées. Manifester, Smaïl ne l'avait jamais fait avant le début de ce mouvement lycéen et étudiant, mais cela commence pour lui à devenir une habitude. Et il n'est pas près de s'arrêter. "Soit on obtient une réponse à toutes nos revendications et on retournera en cours, soit on continue", explique cet élève de seconde, en réaction aux récentes annonces du gouvernement.

A ses côtés, Baptiste, scolarisé à Evry-Courcouronnes (Essonne), acquiesce : il voit dans les réponses du gouvernement – remplacement de Parcoursup en 2028, créations de postes, rénovation du bâti – des "demi-mesures" histoire de "faire taire la colère". Les deux lycéens évoquent leurs classes "surchargées", les bâtiments où il "fait trop froid l'hiver et trop chaud l'été" ou encore les sanitaires dégradés. Ils espèrent surtout que les blocages continueront, comme l'ont appelé les leaders du mouvement lycéen et étudiant. Avant la manifestation, qui a rassemblé dans le calme entre 70 000 personnes à Paris selon la préfecture de police et 200 000 selon les organisateurs, l'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante ont promis de poursuivre la mobilisation dès la rentrée, avec des assemblées générales lundi pour mettre en place des blocages à partir de mardi.

Hannah et Nélia partagent la colère de Smaïl et ses copains. Elles vivent et étudient pourtant dans le 4e arrondissement de Paris, où elles n'ont, disent-elles, pas à se plaindre. Et encore moins "de rats dans les bâtiments", comme elles en ont vu ailleurs, dans des vidéos sur TikTok. "Mais on pense aux lycéens défavorisés et leurs bâtiments délabrés", expliquent d'une voix les deux lycéennes. Aucune des deux n'a été satisfaite par les annonces du gouvernement. La première estime que le mal est plus profond. La seconde évoque des "paroles en l'air", car "Macron ne sera plus là le jour où elles pourraient être appliquées".

"Ces annonces, c'est comme la COP. On signe des traités mais derrière, que se passe-t-il ? Rien. Tant que les mesures ne se traduiront pas dans la vraie vie, il faut continuer."

Nélia, lycéenne

à franceinfo

Un appel à ne "pas lâcher" qui se retrouve au sein de la foule, hétéroclite, où les pancartes "Bravo la Gen Z" se mêlent à des messages plus politiques contre le gouvernement.

Pour Arthur et Joseph, élèves en terminale et pancartes contre la "répression policière" à la main, les annonces rencontrent un peu plus d'écho. Joseph évoque un "début de réponse", signe selon lui que les mobilisations fonctionnent. Arthur fait la moue. Le remplacement de Parcoursup ? "On ne sait pas par quoi cela va être remplacé", regrette-t-il, sans avoir toutefois la réponse idéale à la colère qu'il ressent autour de lui.

"Il y a un mois, on pouvait se féliciter d'avoir mis l'éducation dans les lycées au cœur des débats mais maintenant, on parle des casseurs, des violences et des dispositifs sécuritaires. Une de mes grandes peurs, c'est qu'on ne retienne que les violences du 17, du 24 et peut-être du 31 octobre."

Arthur, lycéen

à franceinfo

Les deux lycéens s'interrogent sur la suite. Faut-il continuer à bloquer leur lycée, comme ils l'ont fait pendant deux semaines avant les vacances scolaires ? "Il y a débat. Certains sont pour, d'autres commencent à penser au bac à la fin d'année, et puis cela crée des tensions au sein du lycée", concède Joseph. Il affirme que rien n'est tranché dans son lycée, et que le sujet occupe leurs discussions sur leurs réseaux sociaux.

Comme Arthur et Joseph, les lycéens rencontrés dans le cortège parisien s'interrogent sur la suite du mouvement. Ils concèdent que les vacances, ainsi que la mobilisation du 17 octobre marquée par des violences, ont pu quelque peu calmer les esprits, même si la colère est toujours là. "On a été entendus mais on a aussi été délaissés, parfois méprisés", estime Joseph, qui place certains de ses espoirs dans la convergence des luttes, avec l'appel à la grève nationale du 5 novembre.

"Les jeunes n'en ont peut-être aucune idée à l'heure actuelle. Moi en tout cas, je ne sais pas ce qu'il se passera lundi", glisse Agnès, une prof de maths croisée dans le cortège. Elle estime que les annonces du gouvernement sont "ridicules". "Et ça, les jeunes n'en sont pas dupes", prévient-elle, dans un appel à continuer la mobilisation. Elle tient une pancarte : "Fière de mes élèves."

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Source: Franceinfo · Paolo Philippe

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