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Le jury norvégien, qui a décerné en 2021 le prix Nobel de la paix à l’ancien rédacteur en chef Dmitri Mouratov, dénonce une atteinte à la liberté d’expression et au droit à l’information.
Le comité Nobel norvégien s’est dit « profondément préoccupé », vendredi 30 octobre, par la fermeture, annoncée le jour même, du journal Novaïa Gazeta, bastion historique de la presse indépendante en Russie.
« Cette fermeture porte un grave coup à la liberté d’expression et au droit du public à l’information », déplore le président du comité, Jorgen Watne Frydnes, dans un courriel adressé à l’Agence France-Presse (AFP).
Le comité, qui a attribué en 2021 le prix Nobel de la paix à son ancien rédacteur en chef Dmitri Mouratov, a appelé « les autorités russes à mettre fin à la répression des médias indépendants, des journalistes et de la société civile ».
Depuis l’attaque à grande échelle lancée par le président Vladimir Poutine contre l’Ukraine, en février 2022, à laquelle Novaïa Gazeta s’était immédiatement opposée, le journal survivait en Russie dans un environnement de plus en plus hostile, du fait de répressions politiques exacerbées. Dès mars 2022, il avait cessé sa publication papier, mais continuait à publier des contenus en ligne. En septembre, il avait été classé par Moscou comme « agent de l’étranger » – une étiquette impliquant de nombreuses contraintes administratives et utilisée pour étouffer toute voix dissidente.
Dans un entretien accordé à l’AFP, M. Mouratov a, quant à lui, estimé que la fermeture du journal entrait dans le cadre de « la gigantesque campagne militaire » du Kremlin. « Nous sommes des opposants acharnés à la guerre, sous toutes ses formes. Et nous sommes un élément que [le pouvoir] doit nécessairement détruire », a-t-il ajouté, estimant que le « meurtre » de Novaïa Gazeta était un nouvel exemple de la « démolition de la Constitution » russe.
« Pendant près de cinq années de guerre, nous avons réussi à travailler, encerclés de toutes parts par les services de sécurité. Et maintenant, c’est fini. Nous nous retrouvons dans la “zone de mise à mort”. Cette histoire ne concerne pas que nous. C’est celle d’un pays et d’une société que l’on achève exactement de la même manière », écrit la rédaction dans une lettre à ses lecteurs publiée par Le Monde.
Le Monde avec AFP
Source: Le Monde · Le Monde avec AFP
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