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« Dans ma bulle ». Avec « Les Enfants perdus », le bédéaste nantais revisite le mythe de Peter Pan à la sauce grunge, projetant ses six jeunes héros dans un territoire hostile et délabré, peuplé d’adultes inquiétants.
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Neyef avait 10 ans quand il a pénétré dans un camp de concentration. C’était à l’occasion d’un voyage avec ses parents, alors qu’ils vivaient en Allemagne. La visite l’habite encore. « Les fours crématoires, les chambres à gaz… Quand tu es un enfant, et que tu comprends le concept, il y a une part d’innocence qui disparaît », raconte l’auteur nantais dans un café parisien, mercredi 14 octobre, avant une séance de dédicaces de son nouvel album, Les Enfants perdus (Rue de Sèvres, Label 619, 200 pages, 24,90 euros). « Après cela, je me demandais, à chaque fois que je croisais une personne âgée dans la rue, ce qu’elle avait fait pendant la guerre », poursuit le dessinateur de 42 ans.
De l’Allemagne, Romain Maufront a gardé le pseudo « Neyef », inspiré par le quartier où il a habité pendant cinq ans, Feyen, à Trèves, non loin du Luxembourg. De sa découverte de la Shoah, un souvenir indélébile. « Ça nourrit mon travail encore aujourd’hui », assure-t-il. A commencer par Les Enfants perdus, roman graphique initiatique sur l’adolescence, la violence des adultes, le désenchantement arrivé très tôt, trop tôt.
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Source: Le Monde · Angèle Guicharnaud
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