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La plateforme de streaming enregistre des rentrées publicitaires décevantes et souffre de la diminution du temps passé devant ses programmes.

L’un des bâtiments de l’entreprise Netflix dans le quartier d’Hollywood, à Los Angeles (Californie), le 20 janvier 2026.

Le pionnier du streaming a publié mardi 20 octobre ses chiffres de ventes, conformes aux attentes, mais revu à la baisse ses ambitions publicitaires, sur lesquelles il compte pour se relancer. Dans les échanges électroniques après la clôture de Wall Street, l’action du groupe, qui vient de supprimer un millier de postes et de remplacer sa directrice des contenus, reculait de près de 5 %. Elle a déjà perdu un quart de sa valeur depuis janvier.

« Netflix n’a pas tant un problème de résultats qu’un problème de confiance », résumait mardi Ken Mahoney, président de la société de gestion Mahoney Asset Management, auprès de l’Agence France-Presse (AFP). Les chiffres du trimestre illustrent ce décalage.

Le chiffre d’affaires progresse de 11,8 % sur un an, contre plus de 16 % au début de l’année. Le bénéfice augmente nettement grâce à des coûts qui progressent bien moins vite que les ventes. Son talon d’Achille : le temps passé devant ses programmes. « Nous savons qu’il existe une certaine inquiétude chez les investisseurs au sujet de la croissance des heures de visionnage », reconnaît le groupe dans sa lettre aux actionnaires, sans publier de chiffre en la matière pour le trimestre.

Aux Etats-Unis, YouTube capte désormais presque deux fois plus de temps d’écran sur les téléviseurs que Netflix (14,2 %, contre 7,8 % en juillet), selon l’institut Nielsen.

Netflix n’attend plus qu’environ 2,7 milliards de dollars de recettes publicitaires en 2026, contre 3 milliards annoncés jusqu’ici, en raison du déploiement plus lent que prévu de certaines fonctionnalités. Il visait un doublement par rapport à 2025, quand ces recettes avaient dépassé 1,5 milliard de dollars.

Environ 1 000 suppressions de postes

Pour le quatrième trimestre, Netflix prévoit un chiffre d’affaires de 13,44 milliards de dollars, en deçà des 13,52 milliards attendus par le marché, soit une croissance de 11,5 %, encore en ralentissement.

Les suppressions de postes annoncées la semaine dernière, environ 1 000 sur quelque 16 000, coûteront environ 160 millions de dollars au quatrième trimestre, selon un calcul de l’AFP. Elles doivent permettre de continuer à investir massivement là où l’impact est le plus fort, assure Netflix.

Sa directrice des contenus, Bela Bajaria, qui a supervisé Squid Game ou KPop Demon Hunters, a été remplacée par Peter Rice, ancien dirigeant de Disney et de 21st Century Fox.

Après un été marqué par des accords avec des vidéastes de YouTube et l’arrivée de vidéos courtes sur la plateforme, la lettre aux actionnaires réaffirme que le cœur du service reste les séries, les films et les événements en direct « exclusifs » et « produits par des professionnels ».

Netflix mise aussi sur des contenus achetés à d’autres, comme les films L’Age de glace : le réveil du volcan, de Disney. En France, son partenariat avec la chaîne TF1 génère du visionnage supplémentaire, selon le groupe.

Pour la fin d’année, il compte sur le film The Further Mis-Adventures of Cliff Booth, avec Brad Pitt, réalisé par David Fincher sur un scénario de Quentin Tarantino, la dernière saison d’Emily in Paris et trois matchs de football américain, dont deux le jour de Noël.

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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