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Le gouvernement japonais a réclamé la libération immédiate des actifs du cigarettier, dont la saisie a été ordonnée quelques semaines après l’arrestation, en Russie, d’un journaliste nippon accusé d’espionnage.
Nouvelle illustration des tensions entre Moscou et Tokyo. La société Japan Tobacco a annoncé, vendredi 6 novembre, étudier « d’éventuelles mesures » après la saisie ordonnée la veille par Moscou de ses actifs en Russie, sur fond de tensions entre les deux pays ; et quelques semaines après l’arrestation par les autorités russes d’un journaliste nippon soupçonné d’espionnage.
Le gouvernement japonais a, de son côté, exigé la libération immédiate de ces actifs, par la voix de son porte-parole, Minoru Kihara. Deux ministres japonais en visite en Russie ont « déposé une [note pour] protester auprès du gouvernement russe, conjointement avec l’ambassadeur du Japon en Russie, et exiger le retrait immédiat de cette mesure », a affirmé le porte-parole, vendredi.
Il s’agit de la dernière mesure prise par le Kremlin visant les activités russes d’une entreprise étrangère ; des dispositions que Moscou présente comme des représailles aux sanctions internationales. « Notre groupe a poursuivi ses activités en Russie tout en respectant l’ensemble des sanctions et réglementations nationales et internationales », a déclaré l’entreprise dans un communiqué, ajoutant qu’elle étudiait « les éventuelles mesures qu’[elle pourrait] prendre et l’impact sur [le] groupe ».
Accusations d’espionnage
Selon un décret publié jeudi par Moscou, le président russe, Vladimir Poutine, a ordonné que les actifs de Japan Tobacco International (JTI) dans le pays soient transférés à une société russe pour leur « gestion temporaire ». Le cigarettier a déclaré que quatre des filiales de production du groupe en Russie étaient concernées.
Les deux pays, qui sont engagés depuis des décennies dans un différend territorial concernant le statut d’une chaîne d’îles de l’océan Pacifique, entretiennent des relations tendues depuis que Tokyo participe aux sanctions contre Moscou dans le cadre de la guerre en Ukraine.
Mi-octobre, l’arrestation sur l’île de Sakhaline, dans l’Extrême-Orient russe, du journaliste japonais Yuki Imai, travaillant pour le quotidien régional Hokkaido Shimbun, a suscité un regain de tension. La diplomatie russe a accusé le Japon d’utiliser ses journalistes accrédités dans le pays à des fins d’espionnage, ce que la première ministre nippone, Sanae Takaichi, a nié.
Le placement sous « gestion temporaire » des actifs en Russie de JTI survient après des décisions similaires concernant notamment les actifs de la filiale russe du distributeur français Auchan et de l’ex-entité du groupe français Leroy Merlin, mais aussi ceux du géant suisse de l’agroalimentaire Nestlé. La Russie a invoqué l’appartenance de ces sociétés à des pays « inamicaux » soutenant l’Ukraine.
Depuis l’offensive russe à grande échelle en Ukraine lancée en février 2022 et les premières sanctions économiques décrétées par les Occidentaux, de nombreuses multinationales ont quitté la Russie, tandis que d’autres y ont suspendu leurs activités et leurs actifs ont été saisis et transférés à des sociétés russes. Mais certaines marques sont restées implantées, ce qui leur a valu parfois de vives critiques de l’Ukraine – et au-delà – au motif qu’elles participeraient au financement de l’Etat russe et donc à l’effort de guerre.
Le Monde avec AFP
Source: Le Monde · Le Monde avec AFP
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