Alors que l'automne s’installe, certains éleveurs sont contraints de rationner leur troupeau, malgré les aides de l'État. Et sur les étals, les fromages, fruits et légumes français risquent de se faire un peu plus rares.

Radio France

Publié le 28/10/2026 14:25

Temps de lecture : 3min

Une vache dans un champ en Vendée en septembre 2026. (LOIC VENANCE / AFP)
Une vache dans un champ en Vendée en septembre 2026. (LOIC VENANCE / AFP)

Retour sur les conséquences dramatiques des températures extrêmes pour les agriculteurs. Tous les types de culture, mais aussi l'élevage, sont concernés. Les volailles notamment ont littéralement étouffé de chaleur. Les éleveurs de l'ouest de la France déplorent entre 2 et 3 millions d'animaux morts, soit 1% de la production annuelle.

Les conséquences sont moins dramatiques pour les bovins et les cochons. En revanche, la canicule continue d'avoir de gros impacts sur la production laitière notamment sur les yaourts et fromages. À Valentine, tout près de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, c'est l'heure du repas pour les 166 vaches laitières de la famille Téchené. Le lait collecté tous les matins ici permet de produire chaque année un million de pots de yaourt de fabrication artisanale. L'exploitation dispose d'une vingtaine d'hectares de prés, mais deux mois après la canicule et la sécheresse de cet été, l'herbe n'a toujours pas retrouvé son état normal.

Pierre Téchené distribue désormais un supplément quotidien de nourriture. "Ce qu'elles ne mangent pas au pré, il faut le compenser avec l'alimentation en bâtiment. Et c'est cette alimentation en bâtiment qui a pris le dessus aujourd'hui. L'impact est énorme par rapport à cette montée en température. Ça se confirme d'année en année", observe-t-il. Mais acheter du foin coûte cher. Le prix de la tonne a été multiplié par trois. Alors, il économise, même si donner moins de foin aux vaches, veut aussi dire avoir moins de lait. "La vache, si elle a besoin de 40 kilos par jour d'alimentation, on en enlève cinq peut-être. Elles sont moins bien nourries que si on avait du stock. On essaye d'économiser pour essayer de passer un peu mieux jusqu'au mois de mai. Donc, elles font moins de lait", indique l'éleveur.

En temps normal, une vache produit ici 18 litres de lait par jour. Avec les effets persistants de la canicule, on est descendu à 14 litres. L'arrivée de l'automne n'a pas fait remonter les rendements. L'exploitation se retrouve en danger. Alors, pour essayer de maintenir la fabrication de yaourt, prioritaire, le fils, Bruno Téchené, réduit la production de fromages de tommes des Pyrénées. "Si je manque de lait, c'est le fromage en pâte pressée qui va se retrouver impacté. Et là, c'est le cas", regrette-t-il.

"On ne doit même pas être à 30 % de la capacité de la cave à fromage."

Bruno Techenet, agriculteur

à franceinfo

Cette solution permet à l'exploitation de continuer à assurer, tant bien que mal, ses livraisons de yaourt dans les commerces et les collectivités de l'agglomération de Toulouse.

Les pâturages ont grillé, mais plus largement toutes les cultures végétales sont aussi touchées. Blé, orge, seigle, avoine… Les céréales ont enregistré à cause de la chaleur et de la sécheresse, moins de 11% des récoltes, toutes céréales confondues. Le maïs, dont le ministère de l'Agriculture n'a cessé de revoir à la baisse ses prévisions de production, a également été touché. On est passé de plus de 9 millions de tonnes à moins de 7 millions et demi au fur et à mesure de la moisson. La production a été divisée par deux sur un an. Il faut remonter à 1990 pour trouver un si bas niveau de rendement. Par exemple, la production de betteraves attendue est au plus bas "depuis au moins 1980", selon les professionnels.

Les maraîchers sont aussi lourdement touchés. Les productions de brocolis et d'artichauts en Bretagne ont été quasiment détruites. La pomme de terre enfin ne se porte pas mieux. Elle affiche cette année son rendement le plus faible depuis plus de 30 ans. La récolte s'annonce historiquement basse pour les châtaignes d'Ardèche. Les arbres ont souffert, ils donnent moins et moins gros. Même chose pour les pommes et les poires. C'est la cueillette en ce moment et on observe un calibre bien plus petit qu'habituellement.

Pour accompagner les agriculteurs et soutenir les trésoreries, le gouvernement a débloqué à la fin de l'été une aide de 1,3 milliard d'euros en mesure d'urgence sur le budget 2026. Il y a dix jours, le Premier ministre annonçait entre 500 et 700 millions supplémentaires sur le prochain budget. C'est loin d'être suffisant pour les syndicats. De son côté, la grande distribution a promis d'assouplir ses critères, notamment sur le calibre et l'aspect des fruits et légumes. Ils seront donc forcément plus petits sur les étals. Elle a également promis de valoriser les produits français.

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Source: Franceinfo · franceinfo, Sébastien Berriot

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