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Hakeem Jeffries et Chuck Schumer, pressentis pour devenir respectivement speaker de la Chambre des représentants et chef de la majorité au Sénat, sont contestés. Mais ils travaillent déjà sur les priorités d’un Congrès largement dominé par leurs troupes.

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Hakeem Jeffries, chef des Démocrates à la Chambre des représentants, à Washington, le 4 novembre 2026.

Hakeem Jeffries incarne le politicien professionnel. Ses yeux mornes démentent toute chaleur humaine. Il parle en détachant les mots, comme on livre une récitation scolaire. Il les accompagne toujours de grands gestes des mains, comme un chef d’orchestre sans musique. Chuck Schumer, lui, fait largement son âge, 75 ans, dont déjà quarante-cinq années comme élu au Congrès. Reconnaissable à son accent de Brooklyn et à ses lunettes de lecture glissant au bout du nez, il représente une gérontocratie démocrate bousculée par la nouvelle vague progressiste, aux idées plus aiguisées et à la communication agile. Ce sont pourtant ces deux élus de New York, respectivement chefs de file du parti à la Chambre des représentants et au Sénat, qui devront concrétiser sur le plan parlementaire l’incroyable triomphe de la gauche aux élections de mi-mandat.

Les majorités démocrates sont spectaculaires : pour l’heure, 253 sièges à la Chambre et 54 au Sénat. De quoi se permettre quelques défections ou oppositions internes à l’avenir. Pour autant, pas d’état de grâce en vue. Le moment est grave, le pouls du trumpisme bat encore, et la réhabilitation du Parlement sera un test de crédibilité pour la gauche.

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Source: Le Monde · Piotr Smolar

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