Alors que Jean-Luc Mélenchon s'affiche dans les sondages en capacité de se qualifier au second tour à cinq mois de la présidentielle, on s'intéresse à la stratégie de campagne du candidat de gauche radicale. Le leader insoumis assure le show sur internet et déroule le programme lors de meetings très suivis. Pour les bains de foule et rencontres spontanées, il compte plutôt sur son équipe de plus en plus identifiée du grand public. 

Jean-Luc Mélenchon n’est pas avare de communications et d’apparitions publiques. Le tribun assure le show et déroule le programme pendant de longs meetings, d'ailleurs très suivis : encore 10 000 personnes à Clermont-Ferrand le 11 octobre, et il y aura aussi sans doute du monde ce samedi au Bourget. Il prend aussi soin de commenter avec frénésie l'actualité sur X, tourne des vidéos thématiques face caméra dans son bureau pour alimenter son compte YouTube… Il s'est aussi, c'est vrai, déplacé récemment à plusieurs manifestations parisiennes dans le cadre de la mobilisation lycéenne et contre la vie chère. 

Mais dans les cas cités, Jean-Luc Mélenchon joue en quelque sorte toujours à domicile. Pas de réelle prise de risque, pas de bains de foule face à des Français qui ne partagent pas les idées de son mouvement, voire qui sont heurtés par ses positions, lui qui est accusé, entre autres, de flirter avec l'antisémitisme.

Là où Gabriel Attal a organisé un temps des rendez-vous dans des cafés, là où François Ruffin parcourt la France en autostop et Marine Tondelier en van, et puis, dans un autre style, là où Marine Le Pen et Édouard Philippe enchaînent les déambulations dans des salons, Jean-Luc Mélenchon, - qui n'a jamais été un grand fan des bains de foule -, laisse plutôt ses nombreux lieutenants, désormais identifiés du public, mouiller le maillot.

Manuel Bompard, Mathilde Panot, Clémence Guetté ou encore Louis Boyard et Éric Coquerel sont disponibles, que ce soit pour animer des réunions publiques, aller dans des salons, se confronter aux questions parfois brûlantes des journalistes ou encore se rendre tambour battant à des blocus lycéens et des réunions publiques. 

« Il mène depuis quinze ans une campagne permanente » 

Dans l'équipe du leader insoumis, on dément toute discrétion et on défend un candidat qui « mène depuis quinze ans une campagne permanente ». « Jean-Luc Mélenchon n'a pas besoin de surjouer de façon ridicule la proximité », défend une députée du parti de gauche radicale.

« Si Jean-Luc Mélenchon organisait des réunions dans des cafés, il y aurait 2 000 personnes », analyse de son côté un membre de son équipe de campagne, qui estime que, vu la notoriété du leader LFI, cela ne pourrait pas être organisé dans de bonnes conditions.

Si Marine Tondelier et François Ruffin font le tour de la France, c'est parce qu'« ils ne sont pas présidentiables », contrairement à Jean-Luc Mélenchon, qui doit donc « adapter sa façon de faire campagne ».

Quant au fait que le tribun délègue beaucoup, c'est pour montrer, dit une élue, que l'équipe insoumise est prête à prendre le pouvoir. LFI utilise son maillage territorial et la « machine » insoumise pour faire campagne. « Tout le monde le ferait à notre place », m’explique une autre source. La discrétion du leader insoumis s'avère en tout cas payante, pour le moment, dans les sondages.

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Source: RFI · Victorien Willaume

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