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Dans « Comment j’ai cessé d’être une petite fasciste », l’écrivaine revient sur sa jeunesse au sein d’une famille intégriste et réactionnaire. Un récit d’émancipation qui sonne comme une charge contre la banalisation de l’extrême droite.
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Dans les locaux de son éditeur à Paris, le 8 octobre, Maylis Adhémar signe des exemplaires de son dernier livre, Comment j’ai cessé d’être une petite fasciste (La Tribu, 224 pages, 19,50 euros), destinés aux journalistes et à ses proches. Ses parents ne sont pas sur la liste. L’ouvrage, un récit de son enfance au sein d’une famille et d’une communauté catholiques intégristes, n’est pourtant « pas un règlement de comptes avec eux, précise l’écrivaine de 40 ans. Mais comme je pressens qu’il ne va pas leur plaire, je préfère leur laisser la possibilité de fermer les yeux ».
En 2020 déjà, son premier roman, Bénie soit Sixtine (Julliard), où elle racontait l’émancipation d’une jeune femme de son milieu d’origine, chrétien et sectaire, avait déplu à son père. Sa mère, elle, ne l’avait pas lu. L’adaptation du livre en téléfilm deux ans plus tard avait valu à la romancière un édito hostile de Pascal Praud, sur CNews, conduisant à un bref déferlement de haine sur les réseaux sociaux. Elle hausse les épaules : sa carrière était lancée. Depuis, elle a publié, en 2023 et en 2025, deux autres romans, sans lien avec sa propre histoire.
Mais, à l’été 2024, la campagne pour les élections législatives anticipées l’a mise au pied du mur : « Dans le territoire rural où je vis [un village des Pyrénées où elle habite avec son mari et leurs deux enfants], j’entendais les gens parler du Rassemblement national [RN] dans des termes banalisés. Je me suis senti une responsabilité, celle de raconter l’extrême droite de l’intérieur. » « Inaudible et marginale » dans les années 1990, l’idéologie du milieu dans lequel elle a grandi a aujourd’hui pénétré le RN, qui accueille, dans une sorte de convergence des luttes, « les idéologues de l’Action française, des militants de mouvances identitaires, des néopaïens et ces chrétiens intégristes qui se retrouvent dans les valeurs promues par Marion Maréchal », décrit-elle.
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Source: Le Monde · Clémentine Goldszal
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