Arrêté au mois de mois de juin,  l'artiste Yasser Mounbir, connu pour ses peintures engagées, a été condamné vendredi à quatre ans de prison pour "insulte à l'encontre du roi", a indiqué son avocat, dimanche 1er novembre. Jugé en première instance à Casablanca, Yasser Mounbir devra également verser 40 000 dirhams d'amende, soit 3 600 euros. Son conseil, Me Farouk Mehdaoui, a annoncé faire appel.

Le graffeur de 22 ans a été reconnu coupable d'"insulte à l'encontre du roi" et d'"insulte envers des agents de la fonction publique". Il avait été placé en détention après avoir dessiné et posté sur son compte Instagram des caricatures du roi du Maroc. L'Association marocaine des droits humains (AMDH) a exigé sa libération.

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"Une continuation de la criminalisation de l'expression artistique pacifique"

Pour son comité de soutien, "ces accusations formulées en termes vagues ont déjà été utilisées dans d'autres affaires liées à la liberté d'expression". Dans une pétition publiée en ligne cet été, le collectif "Free Yasser" avait rappelé que c'est "pour son art" qu'a été interpellé Yasser Mounbir, un artiste connu pour ses graffitis engagés qui abordent des questions sociales, politiques et relatives aux droits humains. "Son arrestation est perçue comme une continuation de la criminalisation de l'expression artistique pacifique", peut-on lire dans ce document.

L'article 179 du code pénal marocain interdit la "diffamation, l'insulte ou l'atteinte à la vie privée du roi", et les rend passibles de six mois à deux ans de prison. La peine peut être doublée en cas de diffusion par voie électronique. En 2023, la justice du royaume avait condamné Saïd Boukioud, un internaute, à cinq ans de prison ferme pour offense à la monarchie, après qu’il ait critiqué sur Facebook la normalisation diplomatique avec Israël.

Au Maroc, des défenseurs des droits humains ont appelé à l'abrogation des lois qui, selon eux, restreignent la liberté d'expression, ainsi qu'à la grâce des personnes condamnées pour des publications sur les réseaux sociaux.

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Avec AFP

Source: France 24 · FRANCE 24

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