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Le médicament développé par Novo, jusqu’ici administré par injection en France, est désormais disponible sous forme orale, alors que le fabricant danois et son concurrent américain, Eli Lilly, rivalisent pour s’imposer sur un marché mondial en forte croissance.

Des boîtes de comprimés Wegovy sur une ligne de production dans les installations de Novo Nordisk, à Malov (Danemark), le 31 juillet 2026.

Jusqu’ici administré par injection en France, le médicament antiobésité Wegovy sera proposé sous forme de comprimés dans les pharmacies tricolores à compter du lundi 2 novembre. Ce lancement intervient alors que son fabricant danois, Novo, et son concurrent américain, Eli Lilly, cherchent à s’imposer sur ce marché porteur.

Il s’agit du premier médicament de la classe des GLP-1 commercialisé en France sous forme orale. Ces traitements imitent l’action d’une hormone intestinale qui régule l’appétit et favorise la perte de poids. Déjà disponible aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne, la pilule Wegovy (dont le principe actif est le sémaglutide) est proposée en France sur prescription médicale aux adultes obèses ou en surpoids, présentant au moins une comorbidité liée à leur poids.

A son lancement, le comprimé n’est pas pris en charge par l’Assurance-maladie. Et pour l’heure, le laboratoire n’a pas déposé de demande de remboursement. Les patients devront donc débourser entre 169 et 235 euros par mois selon le dosage, des tarifs inférieurs à ceux pratiqués au lancement des premiers GLP-1 injectables. Ceux-ci avaient aussi été commercialisés à prix libre, avant d’être remboursés en France, depuis juin, pour les formes d’obésité les plus graves.

« Option thérapeutique supplémentaire »

Alors que près de 100 000 patients en situation de surpoids ou d’obésité prennent déjà du Wegovy, en France, Novo a déclaré que « le comprimé ne remplace pas l’injectable : il permet de traiter des patients qui n’étaient pas pris en charge auparavant ». Il s’agit d’« une option thérapeutique supplémentaire », a affirmé le fabricant. Son autorisation a été accordée sur la base des résultats d’une étude clinique montrant une perte de poids moyenne proche de 17 % avec la dose la plus élevée, après environ 15 mois de traitement.

Eli Lilly n’est pas en reste. Son traitement oral contre l’obésité, l’orforglipron, est commercialisé sous le nom de Foundayo aux Etats-Unis depuis avril et au Royaume-Uni depuis août. Son arrivée en Europe est attendue prochainement, après l’avis favorable rendu mi-octobre par l’Agence européenne des médicaments, première étape avant son autorisation de commercialisation dans l’Union européenne.

« Les marchés suivent de très près les courbes des premières prescriptions en obésité des deux produits », a estimé Alexandre Fauconnier, du cabinet de conseil Kearney. A ce stade, la pilule Wegovy a pris une longueur d’avance, générant des ventes de plus de 480 millions de dollars (environ 430 millions d’euros) au deuxième trimestre. A la fin du mois de septembre, plus de cinq millions de prescriptions de ce traitement ont déjà été délivrées aux Etats-Unis, selon Novo. Et au Royaume-Uni, le comprimé s’écoule à « plus de 65 000 boîtes vendues par semaine » en moyenne.

Un marché à conquérir

Eli Lilly, leader du segment des injectables contre l’obésité aux Etats-Unis, entend toutefois bien tirer parti de la facilité d’utilisation de Foundayo – 98 millions de dollars de ventes au deuxième trimestre –, un produit qui peut être avalé à tout moment, avec ou sans nourriture. Une souplesse par rapport au comprimé concurrent, qui doit être pris chaque matin à jeun, avec un peu d’eau. Un délai d’au moins 30 minutes devant être aussi respecté avant de manger, boire ou prendre d’autres médicaments.

Pour étendre leur emprise sur le marché des médicaments antiobésité, appelé à dépasser les 100 milliards de dollars à l’horizon 2030, selon les estimations, les deux géants travaillent sans relâche sur les prochaines générations de traitements. Plusieurs pistes d’amélioration sont attendues sur l’efficacité, la tolérance, l’espacement des doses ou encore la préservation de la masse musculaire.

Les regards se tournent par exemple vers le retatrutide de Lilly, une molécule en cours de développement qui active trois récepteurs hormonaux (GIP, GLP-1 et glucagon). Quant à Novo, il développe un antiobésité de nouvelle génération (CagriSema) qui associe le sémaglutide à un autre principe actif, le cagrilintide.

En attendant, le fabricant sort parallèlement, lundi en France, une version hautement dosée du Wegovy par injection (à 7,2 mg) pour étoffer son offre. En France, le coût médical et socio-économique de l’obésité est évalué à 18 milliards d’euros par an, selon le cabinet Asterès, mandaté par Novo Nordisk.

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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