Cet article vous est offert

Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous.

Se connecter

Vous n’êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement

Avishek Jha, géographe, étudie les mouvements sociaux et le chômage des jeunes en Inde. Dans un entretien au Monde, il revient sur les causes structurelles de la crise touchant la jeunesse indienne, qui alimente depuis des mois des protestations sous la bannière du Parti du peuple des cafards.

Article réservé aux abonnés

Le gouvernement de Narendra Modi est confronté à une fronde inédite menée par la génération Z (« gen Z »), sous la bannière satirique du Parti du peuple cafard. Ce mouvement est né en mai, d’une blague sur Internet en réaction aux propos du président de la Cour suprême qui avait comparé les jeunes chômeurs à des « parasites » et à des « cafards ». Après avoir obtenu la démission du ministre de l’éducation fin juillet, les « cafards », rejoints par les partis d’opposition et les organisations étudiantes de gauche, réclament d’autres avancées. Entretien avec Avishek Jha, géographe, qui étudie la jeunesse indienne et les facteurs du chômage des diplômés.

Avez-vous été surpris par la soudaine mobilisation de la génération Z indienne, qui était jusque-là restée silencieuse alors que des mouvements de jeunesse secouaient le globe ?

Pas tout à fait. Nous avons assisté ces dernières années dans les pays voisins de l’Inde – le Népal, le Sri Lanka et le Bangladesh – à des vagues de manifestations menées par les jeunes. Si une telle mobilisation n’a pas eu lieu en Inde, les jeunes étaient descendus dans les rues lors des protestations contre la loi sur la citoyenneté et en soutien aux agriculteurs en 2020-2021, même s’ils n’étaient pas le seul groupe à le faire.

Par ailleurs, sur les réseaux sociaux tels Instagram ou YouTube, on constate depuis un certain temps déjà une forme de dissension, une déception et un cynisme, qui s’exprimaient jusque-là de manière très sporadique et individuelle.

La création au mois de mai du Parti du peuple cafard, qui a pris, en l’espace de quelques jours, une ampleur considérable sur les réseaux sociaux, a permis de cristalliser la colère de la génération Z, confrontée au chômage de masse et à l’absence de mobilité sociale.

Le Parti des cafards a offert aux jeunes une tribune à travers laquelle ils peuvent s’exprimer librement, là où les partis politiques traditionnels se sont montrés incapables de formuler leurs revendications.

Il vous reste 81.05% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source: Le Monde · Carole Dieterich

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira