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Un nuage à la forme évocatrice, une lumière qui s’allume, un objet perdu que l’on retrouve… Beaucoup de personnes endeuillés interprètent ces événements comme des signes, au-delà de la mort. Une manière de se consoler et de garder le défunt dans la vie.
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La première libellule s’est posée sur la main de Mélanie Langlais en 2021, un an avant le décès de son conjoint. Cette habitante du Mans, 33 ans à l’époque, était épuisée, gérait deux enfants en bas âge et les visites dans le service de soins palliatifs. « Je pleurais, agenouillée dans les graviers. Cette libellule est restée sur mon doigt et nous nous sommes longuement regardées. Cela a mis de la joie dans mon cœur alors que je traversais un moment critique. » Celle qui a aussi perdu sa mère et son frère d’un cancer s’accroche à cet insecte comme une ressource inespérée. Depuis la mort de son conjoint, Mélanie Langlais a de nouveau rencontré une libellule dans des endroits improbables : sur le dos d’une fourmi au bord de la piscine ; au cœur d’un théâtre ; tel un guide sur le chemin de retour du cimetière ; niché dans le creux du dos de son nouveau compagnon. « Je suis complètement paumée, et c’est comme si elle me disait : “Continue, c’est le chemin, je suis là” », analyse-t-elle.
L’histoire de Mélanie Langlais n’est pas isolée. Dans les cabinets des psychologues, les récits d’événements, interprétés comme des signes consolants ou des manifestations de défunts, se succèdent : un papillon très présent en hiver, un verre qui tombe, une lumière qui s’allume. Secrètes, inconscientes ou visibles, ces relations entretenues avec les morts, aussi appelées « synchronicités », imprègnent notre société. Tout comme les vécus subjectifs de contacts avec un défunt, ces « présences » racontées par 25 % à 50 % des personnes endeuillées, et ressenties à travers des sens comme la vue, l’odorat ou le toucher.
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Source: Le Monde · Sarah Boucault
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