A la Une de la presse, ce mardi 2 novembre, les interrogations, en France, sur la suite du mouvement des lycéens et des étudiants. Les manifestations de la «Gen Z», qui demande aussi des réformes pour l’éducation en Allemagne. Les heurts entre manifestants et forces de l'ordre au Portugal, où les campements pour le droit au logement ont de nouveau été démantelés ce week-end. De la musique pour adoucir les mœurs. Et une joute médiévale sur vélo électrique, en Angleterre.
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A la Une de la presse, les interrogations, en France, sur la suite du mouvement des lycéens et des étudiants, dont la mobilisation s’est élargie, ces 15 derniers jours.
Alors que les élèves reprennent les cours après les vacances de la Toussaint, les lycées et les universités vont-ils être de nouveau bloqués? Les appels à la grève seront-ils suivis? Les manifestations donneront-elles lieu à de nouvelles tensions? Beaucoup de questions, ce matin, à la Une de La Croix, qui appelle à «l’apaisement» et au «dialogue» entre manifestants et gouvernement. D’après L’Humanité, les protestataires jugent les annonces de l’exécutif «largement insuffisantes». «Ils ont eu des miettes, ils veulent le gâteau», prévient le journal. Le Figaro parle d’une «semaine à haut risque» «entre un pouvoir qui tente de reprendre la main et des oppositions déterminées à exploiter ses difficultés». Un gouvernement qui voit sa marge de manœuvre se réduire chaque jour un peu plus, selon L’Opinion, alarmé par le niveau des déficits public, le ralentissement de la croissance et l’envolée des taux. «Est-ce qu’on est en panne?», demande Marianne à Sébastien Lecornu dans le dessin de Kak, alors que tous les voyants sont au rouge.
En Allemagne, les manifestations, samedi, de la «Gen Z», qui demande aussi des réformes pour l’éducation, ont donné lieu à des violences. Les manifestations organisées dans des dizaines de villes se sont globalement déroulées dans le calme mais des tensions ont éclaté en soirée - une «violence folle», d’après Bild. Le tabloïd fait état d’affrontements entre policiers et manifestants à Hambourg, de scènes de pillages à Francfort et d’un Batman célébrant des barricades en feu. Die Welt cite le ministre de l’intérieur Alexander Dobrindt, qui accuse «des groupes de gauche enclins à la violence et des fauteurs de troubles issus du milieu des migrants» d’avoir «détourné les manifestations». Il appelle à «des sanctions sévères». D’après Die Zeit, ces violences n’auraient toutefois surpris «personne» outre-Rhin, «après les émeutes parisiennes de la mi-octobre», des médias ayant déjà accusé des «extrémistes» de vouloir «importer» en Allemagne «les émeutes françaises». Der Spiegel, qui dresse le bilan d’une «soirée chaotique», rappelle que les revendications de la Gen Z allemande sont semblables à celles à la jeunesse française: des mesures contre la hausse du coût de la vie, pour la justice sociale et une meilleure protection du climat, avec toutefois, une particularité allemande: l’opposition à un possible retour de la conscription, dans le cadre de la nouvelle loi sur le service national.
Au Portugal, de violents affrontements ont également opposé, hier, à Lisbonne et Porto, des manifestants aux forces de l’ordre. Des heurts, à la Une du Diario de Noticias, ont éclaté alors que la police intervenait une nouvelle fois au petit matin pour démanteler des campements pour le droit au logement, notamment sur la place du Rossio, à Lisbonne. Publico parle de «dizaines» de manifestants blessés et s’inquiète de la possibilité que les choses «tournent mal», après qu’un policier en civil a été filmé en train de dégainer son arme à feu à Porto. D’après El Pais, le quotidien espagnol, «la répression policière contre les campements pacifiques» déclenche une vive polémique au Portugal, le pays de l'UE où les prix de l'immobilier ont le plus augmenté, ravivant «l’esprit de la Révolution des œillets» qui avait mis un terme à la dictature salazariste. «Voilà ce qu’a déclenché Maricarmen», déclare pour sa part Adriana Dias, à propos de l’immense émotion déclenchée par l’expulsion, en Espagne, d’une octogénaire décédée peu de temps après. Pour cette enseignante dans un lycée public, les syndicats portugais doivent répondre à l’appel de leurs camarades espagnols en faveur d’une grève générale ibérique le 11 novembre. «Au Portugal, il y a eu beaucoup de Maricarmen qui n'ont jamais fait la Une des journaux», confirme une membre de l'Association pour le patrimoine d'Alfama, un des quartiers de Lisbonne les plus touchés par les expulsions. Elle dénonce en particulier la loi qui a libéralisé le marché locatif en 2012, sous la pression de la Troïka, la BCE, le FMI et la Commission européenne, en échange du plan de sauvetage de 78 milliards d'euros accordé l’année précédente.
Quelle issue aux manifestations et aux violences en Europe? Ce sera à suivre, bien sûr, sur France 24. En attendant, la Revue de presse vous propose un peu de musique, qui, dit-on, «adoucit les mœurs». Ce n’est pas nécessairement ce qu’on fait de plus doux et de plus apaisant, mais la performance mérite d’être mentionnée. Le Figaro rapporte que l’Opéra- Bastille va présenter deux fois ce mois-ci l’intégralité de la Tétralogie «L’Anneau du Nibelung» de Richard Wagner, quatre opéras d’une durée d’une quinzaine d’heures - un marathon qui représente un sacré défi pour la distribution, l’équipe scénique, la régie, les ateliers, et évidemment pour l’orchestre. Si 15 heures de Wagner vous semblent insurmontables, et que vous avez vraiment besoin de vous défouler, une idée trouvée dans The Times, qui revient sur un tournoi pas banal, hier, à Londres: une joute médiévale sur vélos électriques. Les organisateurs ont insisté sur le fait que les protections assuraient parfaitement la sécurité des cavaliers: «On voit des gens avec leurs écouteur et sans casque zigzaguer entre les bus. C’est beaucoup plus dangereux» . Toute ressemblance avec Sacré Graal des Monthy Python n’est peut-être pas tout à fait fortuite. On ne sait pas en revanche si les cavaliers renversés ont dit comme le Chevalier noir, après qu'on lui a coupé un bras: «Ce n'est qu'une égratignure», «Just a scratch».
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Source: France 24 · Hélène FRADE
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