Le pilote italien de l'écurie Mercedes a réussi un tour de force en devenant champion du monde de F1, dimanche soir aux Etats-Unis, dès sa deuxième saison dans le paddock.

France Télévisions - Rédaction Sport

Publié le 01/11/2026 23:29 Mis à jour le 01/11/2026 23:54

Temps de lecture : 4min

Kimi Antonelli (Mercedes) après le Grand Prix de Singapour, le 11 octobre 2026 (AFP / DPPI / Jiri Krenek)
Kimi Antonelli (Mercedes) après le Grand Prix de Singapour, le 11 octobre 2026 (AFP / DPPI / Jiri Krenek)

Prédestiné à la gloire, biberonné de longue date par Mercedes, Kimi Antonelli n'a pas tardé à concrétiser les espoirs les plus fous placés en lui. Le pilote italien est devenu, dimanche 1er novembre, champion du monde de Formule 1 au terme du Grand Prix du Mexique, dont il a terminé troisième. A 20 ans, 2 mois et 7 jours, il devient le plus jeune à être titré, au terme d'une saison exceptionnelle alors qu'elle encore loin d'être terminée (il reste 4 GP), et qui l'a vu passer d'espoir sans victoire en carrière à nouveau patron de la F1.

14 et 15 mars, Grand Prix de Chine : les premiers frissons

A Shanghai, Kimi Antonelli écrit l'histoire, la sienne et celle de toute sa discipline. Il devient le plus jeune poleman d'un Grand Prix, après avoir déjà signé un meilleur temps en qualifications en 2025 mais sur le format sprint, à Miami. Le record de l'Allemand Sebastian Vettel, établi en 2006 à 21 ans et 72 jours, est pulvérisé, à 19 ans 6 mois et 17 jours. Antonelli suit le sillon tracé par Vettel, futur quadruple champion du monde et lui aussi vainqueur de sa première course après sa première pole. Exception faite du départ, où il perd la tête au profit de Lewis Hamilton le temps d'un tour, l'Italien réalise un cavalier seul avec le meilleur tour en course. Son week-end de premières est une démonstration.

29 mars, Grand Prix du Japon : la prise de pouvoir

De nouveau meilleur temps de la qualification, Kimi Antonelli reste scotché au départ et n'est que sixième à la fin du premier tour. Patiemment, le pilote Mercedes refait son retard et profite des événements de course pour prendre la tête au 23e tour. Son succès est sans discussion, avec près de 14 secondes d'avance sur Oscar Piastri (McLaren). Il lui offre surtout la tête du championnat des pilotes pour la première fois de sa carrière. Là aussi un record de précocité, et de très loin face aux 22 ans, 4 mois et 6 jours de Lewis Hamilton en 2007. Plus loin encore, il fallait remonter à 1953 et Alberto Ascari pour voir un pilote italien remporter deux courses consécutives. Nous ne sommes encore qu'à la troisième manche du calendrier, mais plus jamais Antonelli ne lâchera les rênes.

7 juin, Grand Prix de Monaco : la folle série

Slalomer entre les rails du circuit de Monaco est un défi, y briller est un art qui requiert autant de précision que d'expérience. Mais dans la Principauté, Kimi Antonelli s'appuie sur deux autres atouts : un calme total malgré le chaos (plusieurs pénalités pour excès de vitesse dans la voie des stands, drapeau rouge pour un problème d'asphalte, deuxième départ...), et une confiance absolue. Aucun pilote n'avait réussi à faire mieux qu'une série de trois victoires pour ses trois premiers succès en carrière dans toute l'histoire de la Formule 1. Sur le Rocher, Antonelli réalise la passe de cinq.

L'opération est d'autant plus belle que dans le même temps, son coéquipier et principal adversaire au classement pilotes, George Russell, se loupe et termine hors des points. Le leader du championnat creuse l'écart avec 66 points d'avance désormais sur Lewis Hamilton, déjà un petit gouffre après seulement six Grands Prix.

6 septembre, Grand Prix d'Italie : la remontée d'anthologie

Voilà 60 ans que l'Italie n'a plus vu l'un des siens triompher sur ses terres. Dans le fief de Ferrari, Kimi Antonelli vole la vedette au cheval cabré. Pénalisé sur la grille de départ pour plusieurs changements de pièces, le pilote transalpin ne s'élance que de la 19e position. A la fin du premier tour, il est déjà revenu au 14e rang : le début d'une insensée course-poursuite vers la tête de course. Un deuxième départ et voilà Antonelli sixième après sept boucles, puis sur le podium au début de la 13e.

Irrésistible grâce à la puissance de son moteur Mercedes, l'Italie a remonté tout le peloton en 18 tours, avant de s'imposer avec une maestria incroyable à son âge. Kimi Antonelli entre dans une nouvelle dimension avec un succès de légende. "Il n’y a tout simplement aucun moyen d’arrêter un pilote lorsqu'il est en phase avec une voiture, jubile le patron de l'écurie Mercedes, Toto Wolff. Pour moi, Kimi c’est comme une intelligence artificielle qui s’améliore et apprend en permanence par elle-même."

13 septembre, Grand Prix d'Espagne : le break décisif

Pour devenir champion, le talent ne suffit pas. Il faut aussi parfois un petit coup de pouce. Sur le nouveau circuit de Madrid, Lando Norris (McLaren) semble un ton au-dessus de la concurrence. Mais la sortie de la voiture de sécurité virtuelle plombe le Britannique, et offre un avantage conséquent à Kimi Antonelli qui a pu rentrer au stand au contraire du champion du monde 2025.

Lando Norris perd gros avec une VSC qui a permis à tous ses concurrents de s'arrêter couplé à un mauvais arrêt 🛑 La suite du Grand Prix sur CANAL+ 👀 #SpanishGP #F1 https://t.co/B93w3DIFpv

— CANAL+ F1® (@CanalplusF1) September 13, 2026

Même à la peine au volant d'une Mercedes dont il suspecte un problème technique, l'Italien n'a qu'à rallier l'arrivée au terme d'une course lénifiante sur un tracé où personne n'arrive à dépasser. Cette victoire "cadeau" tombe à pic, alors que George Russell ne fait mieux que cinquième et que Lewis Hamilton est trahi par sa mécanique. Antonelli compte 81 points d'avance sur son voisin de stand, et 101 unités sur Hamilton à neuf rendez-vous de la fin.

1er novembre, Grand Prix du Mexique : le sacre

Même Kimi Antonelli n'y croyait pas franchement. "Pour que je sois titré ce week-end, il faudrait un énorme concours de circonstances. Alors, on verra au Mexique... ou à São Paulo." Le scénario était pourtant presque simple : gagner, et espérer des contreperformances de ceux qui pouvaient encore avoir un infime espoir de souffler la couronne au natif de Bologne. George Russell ne devait pas faire mieux que neuvième ? Il a fini loin dans le rétroviseur de l'Italien, seulement devancé par Lewis Hamilton et par le vainqueur, Max Verstappen. Deux multiples champions du monde qui comptent désormais Andrea Kimi Antonelli (de son patronyme complet) parmi leurs successeurs.

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Source: Franceinfo · Loris Belin

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